‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 27 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

souvent leur partage; ils sont d’un commerce peu sûr; malheureux, ils font le malheur des personnes qui les entourent.

La classe entière des névroses paraît leur être dévolue. La manie, la mélancolie, l’épilepsie, les convulsions sont leur triste partage; leurs maladies aiguës se compliquent fréquemment de délire et d’autres symptômes nerveux; la carphologie, les soubresauts dans les tendons, le rire sardonique viennent porter la crainte dans l’àme des personnes qui leur prodiguent leurs soins , et cette terreur n’est, hélas! que trop souvent justifiée par une terminaison fatale.Telssont les principauxtraits qui caractérisent ces êtres plus à plaindre qu’à blâmer.

Cette constitution, qui peut s’associer avec la plupart des autres , se rencontre fréquemment avec celle où domine l’appareil digestif; alors les passions, l’intelligence revêtent un caractère remarquable d’énergie et d’opiniâtreté; il naît de cette alliance des hommes sublimes, tels que Pascal, Rousseau, et tant d’autres, ou des tyrans, tels que Tibère et Louis XI.

§ IL — De la constitution oii domine l’appareil locomoteur.

Quelques individus apportent en naissant une disposition organique par laquelle les systèmes musculaire, fibreux et osseux, sont destinés à acquérir un grand degré de développement. Cette disposition originelle réside vraisemblablement dans la portion de l’encéphale qui préside à la locomotion. Des hommes chez lesquels les muscles sont peu prononcés jouis-

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sent cependant d’une grande contractilité , ce qui ne

peut être dû qu’à la prédominance de l’agent nerveux.

On ne peut distinguer dans le berceau l’enfant qui doit être un jour un athlète, de celui qui pourra se mouvoir à peine; leurs formes sont les mêmes au moment de la naissance , malgré ce que la fable raconte du fils d’Alcmène et de Jupiter. Bien plus, c’est quelquefois l’enfant le plus grêle à ce moment qui devient le plus fort par la suite. Peut-être cette disposition réside-t-elle aussi dans l’organisation primitive de la fibre musculaire. On pourrait même nier entièrement cette disposition, et attribuerjuniquement àl’éducation, c'est-à-dire, comme l’entend Helvétius, a toutes les circonstances qui entourent l'homme depuis sa naissance , le développement considérable que peut acquérir l’appareil de la locomotion: cependant d’où vient que des individus soumis aux mêmes influences acquièrent une constitution si différente? Enfin, quoi qu’il en soit de cette question, on rencontre quelquefois parmi nous , et l’on rencontrait plus souvent chez les anciens, des hommes capables des efforts musculaires les plus surprenans.

L’exercice développe singulièrement les organes qui l’exécutent; il appelle le sang vers ces organes, dont la chaleur et le volume augmentent, et par la répétition des mêmes actes ils acquièrent une grande précision et une grande énergie dans les mouveinens; et, comme ce sont surtout les muscles qui sont susceptibles de cet accroissement, il s’ensuit que ces parties forment des saillies remarquables. Les épaules larges et ar-

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