‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 34 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

<;t sans consistance couvre tout son corps; sa peau blême est lisse et glabre. Sa respiration est gênée , le moindre exercice le fatigue, l’essouffle; il mange peu , digère lentement ; son pouls est lent , mou , facile à déprimer; il dort sans cesse et d’un profond sommeil; ses mouvemens sont tardifs et pénibles. Il est tout-à-fait impropre aux plaisirs de l’amour. Son intelligence est émoussée; il est sans mémoire, sans pénétration; il est paresseux, insensible aux charmes des arts et des sciences Inaccessible à l’aiguillon de l’ambition et de l’amour de la gloire; il croupit dans une éternelle médiocrité. Il ne manque cependant pas d’un certain jugemeùt; il est sans passions, il s’emporte difficilement, et se calme avec facilité; il oublie aisément les injures, qui d’ailleurs le touchent peu. Il est bon, doux, indifférent; il ne faut pas compter sur lui pour de grands sacrifices; les actions sublimes, les crimes, les sentimens élevés ou vils lui sont également étrangers. S’il ignore les peines du cœur, ses plaisirs ne lui sont pas plus connus :il jouit d’une existence végétative ; il est heureux , si c’est l’être que de vivre sans sentir.

Cette peinture, tracée d’après des modèles connus, n’annonce-t-elle pas la faiblesse de tous les appareils? la langueur de la digestion, de la circulation, de la respiration , des fonctions encéphaliques, de la locomotion et de la génération a-t-elle jamais caractérisé l’énergie de quelque système? ne faut-il pas être poursuivi par le fantôme de la surexcitation, pour la rencontrer là où tous les organes , sans en excepter

un, laissent voir aux moins clairvoyans la plus profonde atonie?

Les maladies de ces individus présentent aussi ce caractère de langueur; leurs symptômes sont peu intenses, leur marche lente; elles passent facilement à l’état chronique, et se terminent difficilement par résolution. Les inflammations des membranes muqueuses, les écoulemens chroniques, les engorgemens glanduleux , les tumeurs articulaires , les scrofules en un mot, les affectent principalement.

CINQUIÈME SECTION

De la force de la constitution.

On a généralement, ce nous semble, des idées peu exactes de ce qu’on nomme la force de la constitution (i). Le plus grand nombre croient qu’un homme est d’une constitution forte lorsqu’il a des épaules larges, des muscles prononcés, et qu’il est susceptible de grands efforts musculaires. C’est une erreur. La force de la constitution , que nous ne pouvons rendre en français par un seul mot, et que l’expression italienne de robustezza rend parfaitement , ne consiste pas dans

(i) Remarquez que nous n’employons pas le mot force d’une manière isolée; il signifie alors conlraciilité musculaire, facilité de supporter un fardeau; le mot annonce aussi la con¬

tractilité musculaire, mais jointe à l’agilité; Y énergie emporte aussi l’idée d’une grande capacité pour les efforts ; la robustezza fait qu’on résiste à toutes les causes de destruction , à la fatigue, aux privations, aux excès, aux intempéries; il est

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