‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 35 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

l’énergie des contractions. Nous avons vu que la constitution athlétique ne mettait pas à l’abri des maladies les personnes qui en étaient douées. On sait que les hommes capables de grands efforts tombent par la plus légère cause. Nous pensons que c’est parce qu’un seul système peut prédominer, et les autres rester dans un état qui les rend susceptibles d’altérations morbides. On nous dira peut-être que c’est parce qu’ils sont plus forts qu’ils sont plus susceptibles cV irritation ; c’est ce que nous ne pensons pas. D’abord , parce que toutes les maladies ne sont pas des irritations ; car si elles étaient toutes des irritations, elles présenteraient toutes à peu près les mêmes phénomènes , reconnaîtraient toutes les mêmes causes et réclameraient les mêmes traitemens, et surtout ne présenteraient jamais des phénomènes opposés ( ce qui a lieu ) ; car alors il faudrait admettre des irritations qui ne sont pas des irritations; ce qui est absurde : d’ailleurs si toutes les maladies étaient des irritations , ce dernier mot deviendrait rigoureusement synonyme de maladies; et alors de deux choses l’une : ou il y a plusieurs ordres de maladies, et il convient pour les con-

fâcheux qu’on ne puisse faire passer’ce mot dans notre langue. C’est ce défaut d’une expression juste qui cause l’erreur de bien des gens sur la force de la constitution. Nous avons les adjectifs fort, vigoureux , énergique , robuste , et chacun sent que c’est de l’homme robuste qu’il s’agit ici; que n’avons-nous aussi son substantif? On aurait évité bien des fantes. La précision des mots entraînant nécessairement celle des idées, nous ne croyons pas ces réflexions puériles et déplacées.

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naître d’établir leurs différences, et il est dangereux de les confondre sous une même dénomination, ou il n’y a qu’un ordre de maladies, et il convient de les traiter toutes de la même manière, et il est inutile de les distinguer les unes des autres, ce qui est un outrage au sens commun. En second lieu , nous ne pensons pas que la force d’un organe le rende susceptible d’irritation. L’expérience prouve en effet que ce ne sont pas les personnes dont tous les organes sont forts qui sont le plus souvent malades, et que chez elles* ce ne sont pas les organes les plus forts qui sont malades. C’est justement le contraire. Il y a autant et plus d’irritations chez les personnes débiles que chez les personnes fortes. Ainsi , si dans les personnes fortes un organe est frappé, ce n’est pas parce qu’il est fort, ni peut-être parce qu’il est faible, mais parce que la prédominance d’un système n’entraîne pas nécessairement celle des autres appareils , et que les autres organes peuvent rester susceptibles de devenir malades. On me demandera peut-être ce que c’est que cette susceptibilité : j’aimerai mieux répondre que je l'ignore , que d’affirmer que c’est un surcroît de force , ce qui m’a tout l’air d’une sottise. On me dira peut-être aussi que si les personnes faibles sont souvent malades, c’est que chez elles un organe prédomine , est plus fort , et que c’est ce qui le rend susceptible d’irritation. Mais qu’est-ce qu’un organe fort? N’est-ce pas celui qui exécute avec facilité, avec aisance, avec énergie, les fonctions qui lui sont confiées ? celui dont le volum e , sans être

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