‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 36 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

trop considérable , a tout le développement convenable pour remplir le but auquel il est destiné , et dont le tissu ferme et solide le rend très-propre à résister aux agens morbifiques ? Si cette définition est juste, un organe fort ne sera pas celui qui sera plus facilement frappé de maladie. Si cette définition est juste, un organe qui exécutera lentement et dificilement ses fonctions , dont le volume sera peu considérable, dont le tissu sera lâche et mou, sera un organe faible, et qui sera très-susceptible de devenir malade. Voyons si l’observation confirme ce raisonnement.

Un individu octogénaire , maigFe , pâle et décharné , soumis à un mauvais régime , vivant au milieu d’un air insalubre, ayant été toute sa vie en proie à la misère et au chagrin, est, par les progrès de l’âge, atteint d’ossifications des vaisseaux ; le sang passe difficilement dans l’aorte; il stagne dans le ventricule gauche , dans l’oreillette du même coté et dans le poumon; celui-ci s’engorge, le malade étouffe, il fait effort pour dilater la poitrine; le pouls est irrégulier, les autres fonctions sont troublées; en même temps un froid intense survient, resserre les tissus extérieurs, le sang ne peut plus les pénétrer, il s’accumule dans les organes intérieurs les plus perméables ; le poumon en reçoit par la circulation veineuse une plus grande quantité , dont il ne peut se débarasser, à cause des obstacles dont nous avons parlé; il s’engorge de plus en plus : le sang agit par sa quantité comme un corps étranger, il détermine une hépatisation et tous les phénomènes qui lui sont propre*.

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Dans ce cas, qui arrive chez les vieillards durant l'hiver quatre fois sur cinq , est-ce l’énergie , la prédominance du poumon qui a occasioné la maladie? personne, que je sache, ne sera tenté de répondre par raffirmative.il n’est donc pas toujours nécessaire qu'un organe soit fort pour qu’il devienne malade, irrité. La condition contraire est plus favorable à la maladie, à V irritation. C’est parce qu’on a confondu la force et l'irritation, qu’on a été conduit à un misérable traitement , dont l’emploi exclusif et exagéré cause les plus funestes ravages.

Ainsi, les individus athlétiques tombent promptement , par l’effet du traitement anti-phlogistique , dans une prostration excessive, dont aucun moyen ne peut les relever, et nous pensons que cela tient au développement excessif d’un système au détriment des autres. Les grands mangeurs et les grands buveurs, accoutumés à une réparation abondante, malgré leur apparence extérieure de force, tombent promptement aussi dans ce même état à la suite du même traitement; et certes, ce n’est pas la concentration des forces sur le viscère malade; car cet effet est d’autant plus prononcé, que le traitement antiphlogistique a été plus rigoureux.

Si l’énergie musculaire caractérisait seule la force de la constitution, les femmes et les enfans n’auraient jamais une constitution forte; mais, si ce n’est pas le développement du système musculaire qui constitue la force, ce sera sans doute la force de la circulation. Un pouls fort sera sans doute un indice irré-

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