PREMIÈRE PARTIE. 8 J
cusable de force? pas d’avantage. Il est une foule de circonstances où le pouls peut être fort et l'individu très-faible. Une jeune fille délicate, débile, éprouve une vive émotion; son cœur palpite, son pouls est fort: dans les convalescences, après une longue diète et un épuisement considérable, le moindre mouvement fait battre le pouls avec véhémence, il est fort et fréquent; l'individu est cependant faible, il n’a aucun organe irrité. Une maladie du cœur peut occasioner le même phénomène chez un sujet débile, etc»
La fréquence du pouls sera bien moins encore un signe constant de force; on a dit que si le cœur, dans un temps donné, battait plus de fois que dans l’état naturel, c’est que nécessairement son activité, son énergie étaient augmentées, car les organes affaiblis n'augmentent pas d’action. Ce raisonnement est très- spécieux , comme la plupart de ceux des médecins physiologistes; mais on a répondu, que si le cœur affaibli comme le reste de l’organisme, ne pouvait plus achever ses contractions, ne se contractait qu'à moitié, il devait, dans un temps donné, fournir un plus grand nombre de pulsations. Ce raisonnement physiologique n’a pu être réfuté; aussi, comme il est d’usage parmi les médecins physiologistes, lorsqu’un argument est invincible, a-t-il été passé sous silence comme beaucoup d’autres. Il est plus commode de faire déraisonner les gens, en leur prêtant des absurdités, que de le^ combattre par de bonnes raisons. Quelle sera donc la force de la constitution? nous entendons par ce mot,
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comme nous l’avons dit, la faculté précieuse de résister aux causes morbifiques qui nous assiègent: or, celui-là sera robuste , dont toutes les fonctions s’exécuteront avec aisance , facilité et énergie ; dont les chairs seront fermes , l’embonpoint médiocre , la coloration légèrement animée , les membres bien développés , les cavités larges, contenant des organes volumineux d’un tissu solide et sain. Tel sera l’homme robuste; c’est avec impunité qu’il bravera la veille, les travaux, les chagrins, l’inclémence des saisons, qu’il pourra commettre des excès dans tous les genres , qu’il s’exposera enfin à toutes les causes d’irritation. Le sujet d’une constitution faible se reconnaîtra à la difficulté, à la lenteur de toutes les fonctions; chez lui la peau sera décolorée, le visage pâle, les membres maigres et décharnés , les chairs flasques et molles; la digestion sera pénible, l’appétit peu prononcé , les intestins paresseux , la respiration lente et gênée, le pouls petit, à peine sensible ; l’exercice le plus léger sera suivi d’une lassitude profonde ; il sera exposé à toutes les causes de destruction ; les plus grandes précautions lui seront nécessaires pour les éviter..
Il nous semble qu’indépendamment de la construction première des parties , la source de la force dont nous parlons siège dans les organes de l innervation ; car on voit quelquefois des individus présenter les apparences extérieures dont nous venons de parler, et cependant n’être pas doués de cette force de résistance, tandis^ que d’autres, plus faibles au