‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 38 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

premier aspect, sont néanmoins plus robustes; mais ces exceptions sont rares; elles ne sauraient faire rejeter la règle.

Lorsqu’on veut reconnaître la force de la constitution, il ne suffît donc pas, si l’on veut agir avec prudence, de s’en rapporter à ces attributs extérieurs; il est encore un très -bon moyen de la reconnaître: les diverses circonstances dans lesquelles l’individu se trouve peuvent en effet jeter sur ce sujet une grande lumière. S’il jouit des biens de la fortune, s’il est soumis à un régime succulent , s’il fait usage avec modération de boissons généreuses , s’il respire un air pur, s’il ne se livre pas à un exercice immodéré ou à un repos absolu; s’il est continent, exempt de chagrins et d’inquiétudes, s’il est jeune ou adulte, et qu’en même temps il présente les qualités extérieures que nous avons signalées comme appartenantes à une bonne organisation , on pourra , sans crainte de méprise, reconnaître qu’il est doué d’une forte constitution. Au contraire, s’il gémit dans la misère, s’il est soumis à un mauvais régime , s’il ne boit que de l’eau ou de mauvais vin , s’il éprouve même des privations cruelles , surtout s’il reste long - temps sans manger ; s’il est épuisé par des évacuations excessives, par des pertes spermatiques ou des hémorrhagies réitérées, par des suppurations abondantes; s’il se livre à des travaux excessifs et s'il prolonge les veilles, s’il est tourmenté par les chagrins, s’il est, de plus, avancé en âge, cet individu ne sera pas fort. Ces circonstances ont même une telle influence,

que les caractères extérieurs perdent leur valeur ou en acquièrent une très-grande, selon qu’elles sont contraires ou qu’elles concordent, c’est-à-dire , que si un individu doué des attributs d’une constitution robuste est soumis aux causes débilitantes que nous énumérons, cet individu pourra n’être pas fort , et celui qui aura l’apparence d’une organisation faible, s’il est dans les circonstances qui favorisent une bonne constitution, pourra n’être pas Jaible. Mais si le régime réparateur est suivi par l’individu d’une apparence robuste , et si l'individu d’une apparence débile suit le régime débilitant, il ne peut plus rester la moindre incertitude , et c’est ce qui a lieu dans le plus grand nombre de cas.

Ces considérations sont pour la médecine de la plus haute importance; car il nous semble impossible, à nous, qui n’avons pas le bonheur d’être éclairés du flambeau de la doctrine physiologique , qu’un médecin qui n’a que le sens commun puisse se décider à traiter ces individus de la même manière. Comment, une personne aura resté trois jours.sans manger , elle aura une douleur vive à l’épigastre, et pour la restaurer vous lui mettrez quarante sangsues sur le ventre? grand bien lui fasse. Pour nous, nous tâcherons de lui donner quelques bons potages et quelques verres d’un vin généreux. On ne va pas manquer de taxer ceci de brownisme, mais qu'importe les injures grossières, si ces propositions sont conformes à l’expérience ? Je persiste donc à croire, que si de deux malades l’un offre les apparences d’une constitution forte, et se

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