‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 39 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE. QI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. QI

trouve soumis à un bon régime, et l’autre, présentant les caractères d’une constitution faible , est soumis à un mauvais régime, le traitement ne devra pas être le même. Le traitement qui guérira le premier tuera le second. On répondra, qu’il devra varier du plus au moins; je répliquerai qu’il faudra qu'il soit opposé; que ces deux états ne sont pas plus les degrés l’un de l’autre, que la nuit et le jour ne sont des degrés d’une même chose , mais bien des choses reconnues pour opposées. C’est une réponse évasive que celle-là , car les contrastes les plus prononcés ne sont que des degrés d’une même chose ; mais ce sont les extrémités opposées d’une même chaîne ; c’est le chaud et le froid, le blanc et le noir, etc. Je me hâte de dire, que je suis loin de n’admettre que ces deux états dans l’individu, mais que tous les états intermédiaires peuvent exister; j’ai choisi les extrêmes pour faire sentir (chose inouïe) ce qu’on refuse d’admettre, que la faiblesse est une chose tout aussi réelle que la force, qu elles ont l’une et l’autre des caractères bien distincts, qu’il est absurde de les traiter de la même manière, et qu’enfin je ne vois nullement la nécessité de localiser la force et la faiblesse, et que je les comprends très-bien dans le système entier de l’économie animale.

La médecine pratique doit attacher à ces considérations la plus grande importance. Personne n’osera nier, je pense, qu’un certain degré de forces ne soit nécessaire pour opérer la résolution des maladies. Car, si ce degré de forces a’était pas nécessaire à

(J% cours d'hygiène.

l’absorption , il en résulterait que le malade ne serait jamais trop faible pour guérir, et qu’on pourrait l’affaiblir impunément, jusqu’à le mettre à deux doigts de la mort. Il n’y aurait plus de terme à la diète et aux sangsues; on pourrait en mettre deux cents, cinq cents et même plus, comme on en met quarante; qu’on pourrait en mettre sur les individus épuisés comme sur les individus robustes, et je ne sache pas qu’on soit parvenu encore à ce point de barbarie. Si donc il y a un terme où il soit nécessaire de s’arrêter , quel que soit ce terme, on conviendra que si le malade l’a dépassé, il est nécessaire de l’y faire remonter. Or, pour peu qu’on ait vu de malades, on conviendra qu’il en est de tellement faibles, que ce serait s’exposer à les tuer que de vouloir les affaiblir encore. Il s’agit de déterminer quels sont les caractères de cette faiblesse. Ceci est du ressort de la pathologie; mais nous pouvons dire que si un malade ^t doué de la constitution faible dont nous avons donné les traits, et qu’il ait été soumis aux circonstances débilitantes dont nous avons parlé, il faudra ménager ses forces avec la plus grande réserve et les augmenter pour favoriser la résolution de sa maladie. Si un individu robuste, et soumis au régime tonique, présentait les mêmes signes d’adynamie, il ne faudrait pas balancer à le traiter par les débilitans. Ce serait alors concentration des forces, surtout si ces symptômes survenaient dès le début de la maladie avant l’emploi de tout traitement antiphlogistique; d’où l’on voit qu’il faut considérer avec le plus grand soin et

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