‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 44 sur 96 · PREMIÈRE PARUE. 10 I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARUE. 10 I

le menton et le nez saillans. Les sourcils, les cils et la barbe sont blancs et fort rares ; une peau sèche , brune et jaunâtre couvre des membres grêles et desséchés; les chairs sont flasques et molles. Le corps se courbe , la taille se raccourcit, les genoux fléchissent. Tel est l’extérieur de l’homme depuis sa naissance jusqu’à sa mort. Ces changemens surviennent lentement, et d’une manière tellement insensible , que, sans les infirmitésquiassiégentle dernierâge, l’homme pourrait se croire, et se croit souvent toujours jeune. Bienfaisante illusion, qui l’empêche de s’apercevoir que le terme fatal s’approche, et qu’il faut se séparer bientôt des plus doux objets de ses affections.

§ IL — Des changemens que l'âge apporte dans l'encéphale , dans les organes des sens et dans leurs fonctions.

Dans les premiers jours de la vie, le cerveau est mou comme une bouillie épaisse, et rougeâtre; il est d’un volume énorme proportionnéinent aux autres organes; la moelle épinière, les nerfs des sens et des mouvemens volontaires, ceux de la vie organique, sont aussi très-volumineux. Tous les autres viscères paraissent subordonnés à l'importance de celui-ci. Il semble que l’enfant, qui a tant de connaissances à acquérir, qui doit recevoir tant d’impressions, devait être doué d’instrumens capables de remplir ce but dès ses premiers pas dans la carrière; aussi la nature n’a-t-elle rien négligé pour le développement précoce de l’organe de l’intelligence. Peu de temps après la

cours d'htgièjnk.

naissance, l’encéphale a déjà à peu près tout le volume qu’il conservera par la suite. Toutefois la mollesse extrême de la pulpe cérébrale ne permet pas au nouveau-né de recevoir des impressions dès les premiers instans de la vie; ce n’est qu’au bout de quelques jours qu il paraît sensible à la lumière et aux sons; le goût et l’odorat sont à peine ébauchés, et l’expansion des nerfs, sous une peau extrêmement molle et délicate, exposerait l’enfant à un supplice continuel, si le cerveau pouvait recevoir l’impression du contact des corps. Peu à peu la pulpe acquiert plus de fermeté, et contracte une odeur spermatique. Le cerveau de l’adolescent a acquis tout le volume qu’il doit conserver à l’avenir; sa consistance est cependant susceptible d’augmenter encore; mais dans l’âge adulte, l’encéphale, ainsi que les autres organes, a atteint ce point de perfection qui paraît être le but de la constante sollicitude de la nature. La moelle épinière suit la même progression. Les nerfs des sens et des inouvemens volontaires ont chez le jeune homme un peu plus de volume et un peu moins de fermeté que dans l’âge viril, mais ils sont beaucoup moins volumineux et beaucoup plus solides que ceux de l’enfant. Dans le dernier âge de la vie, les nerfs sont grêles et d’une telle consistance, qu'ils ont pu paraître desséchés à quelques observateurs. Le cerveau lui-même est d’une dureté incomparablement plus grande; et ces circonstances, qui doivent donner lieu à une circulation pénible de l'agent nerveux, ajoutées à la détérioration des instrumens des perceptions , expliquent suffisant-

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