PREMIÈRE PARTIE. I o
ment la diminution de l’intelligence et de la sensibilité qui survient à cette époque funeste.
L’organe de la vision est un des premiers formés; il y a peu de différence entre l’œil de l’enfant et celui de l’adulte ; la sclérotique est plus mince chez le premier, la choroïde est rougeâtre en dehors, et la teinte noire de l’intérieur est moins foncée; la rétine est plus développée , l’humeur aqueuse plus abondante; ce qui donne à la cornée plus de saillie (i); le cristallin est moins consistant ; la diminution des humeurs de l’œil a lieu d’une manière successive et insensible jusqu’à la vieillesse, époque à laquelle elles diminuent avec la plus grande rapidité; le cristallin devient opaque, dense et jaunâtre : telles sont les causes de l’affaiblissement de la vision en avançant en âge.
L’oreille est, comme l’œil, formée de très-bonne heure; cependant le pavillon est généralement trèspetit; il est mou , peu élastique ; la membrane du tympan est aussi peu élastique; une matière blanchâtre et molle remplit l’oreille externe; l’interne contient du mucus au lieu d’air; la caisse du tympan est petite, et les cellules mastoïdiennes n’existent pas encore.
(i) Cette disposition est quelquefois tellement prononcée, que pour la corriger le jeune homme est plus tard obligé de se servir de lunettes concaves, comme le vieillard est obligé de se servir de lunettes convexes pour corriger le défaut opposé. L’explication de ces phénomènes sera donnée par la suite.
io4 cours d'hygiène.
Par les progrès de 1 âge , l’oreille atteint promptement le développement et les conditions nécessaires à l’audition. Dans la vieillesse, les cavités deviennent plus vastes, et leurs parois plus denses, plus sonores; on dirait que l’audition doit être alors plus active, cependant il n’en est rien, ce qui tient sans doute au, dessèchement de l’humeur Cotugno, et à la détérioration de l’appareil nerveux de l’ouie.
L’appareil de l’olfaction se développe lentement; les cavités nazales existent à peine chez le nouveauné ; elles se développent et se forment, ainsi que les sinus, avec l’âge. Cet appareil se perfectionne et se maintient jusqu’à la vieillesse , ainsi que celui du goût, à cause de leur connexion avec l’appareil digestif, dont l’action ne cesse qu’à la mort; seulement ils s’affaiblissent légèrement.
Le tact et le toucher se détériorent parles progrès de l’âge; la peau est sèche et ridée, l’épiderme épaissi, la perspiration cutanée presque abolie; les mouvemens lents et pénibles ne permettent pas de l'exercer, et les organes de la sensibilité sont euxmêmes fort altérés. Ce sens est très-actif dans l’enfance et dans la jeunesse; il se conserve assez vif durant la virilité.
Satisfaire l’appétit et le sommeil, et ne pas recevoir d’impressions douloureuses des objets environnans , tels sont les besoins bornés de la première enfance; aussi son moral est-il circonscrit aux seules impressions que produisent sur lui la satisfaction ou la nonsatisfaction de ces besoins II crie, il pleure, il se