PREMIÈRE PARTIE. Io
tait, selon qu’il est repu, qu’il a dormi , que rien ne le blesse, ou qu'il est dans les circonstances contraires. Quelques mois plus tard il reconnaît celle qui lui donna le jour et qui le lui conserve par ses soins assidus et touchans, et le premier sourire éclôt sur ses lèvres. Bientôt il balbutie le nom des auteurs de ses jours; il commence à prêter attention, à reconnaître les divers objets qui l’entourent, et qui ont frappé ses sens. Ceux de ces objets qui, par leurs couleurs éclatantes ou par le bruit qu’ils rendent, réveillent des impressions, l’intéressent et l’amusent. Dans cet âge si tendre, comme dans un âge plus avancé, le plaisir est toujours dans l’exercice des organes qui prédominent; et dans l’enfance, comme nous l’avons vu, ce sont les yeux et les oreilles. Lorsque les muscles permettent à l’enfant de se soutenir ,Fde se mouvoir, il en fait un usage excessif ; sa sensibilité étant trèsvive, ses sensations ne sauraient être durables; il doit donc être mobile, passer rapidement d’une sensation à une autre, d’une pensée à une pensée différente; l’inconstance, l’inattention et le caprice seront donc le partage de l’enfance , et ces qualités se retrouveront, avec quelques modifications, dans la femme, aussi douée d’une exquise sensibilité. L’enfant est bon, crédule et ingénu; le sentiment de sa faiblesse le rend craintif ; la surprise que lui causent sans cesse les objets nouveaux fait naître chezlui le désir d’apprendre et de connaître, la curiosité. Le chagrin sera fréquent, car les impressions douloureuses seront réitérées; mais il sera fugitif. Ainsi que lui, la joie
io6 cours d’hygiène.
sera passagère. L’application étant difficile, ce premier âge ne conviendra pas aux études suivies ; mais la mémoire étant très-dé veloppée, on devra l’exercer de bonne heure. Il ne faudra cependant pas fatiguer le cerveau, dont l’exercice prématuré empêcherait le développement des autres viscères. L’enfant dort beaucoup, parce qu’il exerce sans interruption pendant la veille, et les organes des sens, et ceux de la locomotion.
Jusqu’à l’âge de puberté, les penchans et l’intelligence éprouvent peu de changement, les besoins et les goûts sont les mêmes; l’enfant a seulement acquis une foule de connaissances précieuses ; mais alors une révolution subite s’opère , un monde nouveau s'ouvre devant lui. L’adolescent commence une nouvelle existence. Le développement des organes génitaux est le signal de l’irruption des passions. Les jeux de l’enfance n’ont plus d’attraits; ce ne sont plus des combats simulés qui lui conviennent, c’est le champ de Mars qui doit s’ouvrir devant lui; il aime les chevaux, se passionne pour la chasse , et brûle des feux de l’amour. Il est ardent, tendre, heureux, indiscret, dupe et volage. Plein de force et d’agilité, il a dans ses moyens la plus grande confiance; il est courageux , entreprenant; il réussit, et devient présomptueux. L’espérance est dans son cœur, elle embellit l’avenir. Son imagination, dans toute sa pompe et sa richesse, pare la nature entière d'un charme ineffable. C’est l’âge de l’illusion. Le jeune homme est bon, vif, emporté, généreux et prodigue même. Son intelligence est nette et rapide,