‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 48 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

§ III. Des changemens que l'âge apporte dans l appareil de la locomotion , les mouvcmens et les attitudes.

Plusieurs organes concourent à la locomotion; les muscles, les os, les ligamens, les membranes synoviales , etc. Les tendons et les aponévroses ne me semblent pas devoir être séparés des muscles, dont ils sont une partie essentielle. Les muscles sont les organes actifs des mouvemens; les os et les ligamens, etc , en sont les instrumens passifs.

Les muscles se développent peu de temps après la naissance; mais jusqu’àl’âge de puberté ils ne croissent guère qu’en longueur; aussi les membres sont-ils alors sveltes, arrondis et gracieux; ils sont à peu près semblables dans les deux sexes. Dans le jeune homme, et surtout dans l’adulte, les muscles croissent en épaisseur. Alors ils donnent aux membres un aspect particulier, par les dépressions et les saillies que leurs contractions déterminent. Le tissu des muscles devient plus ferme, plus consistant; il se pénétre d’osmazôme. Ces organes décroissent dans la vieillesse; ils pâlissent, deviennent flasques et tremblans; la fibre, qui s’est durcie outre mesure , se contracte difficilement. Dans les vieux animaux, la chair musculaire est dure et coriace, quoique molle. Les os éprouvent les mêmes révolutions; il s’en faut de beaucoup qu’ils aient dès la naissance la forme et la solidité qu’ils doivent acquérir par la suite. On devra consulter, pour connaître leur mode de développement, le

I 1 O cours d’hygiène.

beau travail que M. le professeur Béclard a publié sur cette matière.

Sans entrer ici clans des détails intempestifs, nous dirons qu’à l’époque de la naissance les os sont presque entièrement cartilagineux ; ils sont mous et flexibles. Ce n’est que plusieurs années après la naissance, que les diverses pièces qui les forment se soudent entre elles, qu’ils prennent une courbure favorable aux attaches et aux contractions musculaires. Les os croissent en longueur jusqu’à vingt et un ans ou environ. Ce sont eux qui fixent la stature de l’individu ; alors les principaux phénomènes de l'accroissement des os sont achevés ; néanmoins ils croissent encore en épaisseur; les sutures se soudent; les éminences qui donnent attache aux muscles se prononcent de plus en plus, les os longs se courbent, par la fréquence des contractions musculaires et par le poids du corps, et la colonne épinière prend diverses inflexions. Le phosphate calcaire s’accumulant sans cesse dans leur tissu, ils deviennent plus durs et plus fragiles; le canal médullaire devient plus large, et la graisse qu’il contient diminue. Enfin, une chose bien digne de remarque, c’est que les os plats s’amincissent et deviennent transparens, par la disparition de leur diploé. Les pariétaux sont surtout exposés à ce phénomène singulier observé par M. Béclard. Les ligamens contractent une dureté remarquable, ce qui rend la flexion des arîiculationsl ente et pénible. Les membranes synoviales participent à cet état général d'induration, et la syîiovie devient plus épaisse , plus visqueuse et plus

Page 1