‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 51 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

développement de ces organes avait été, pour ainsi dire, insensible, à moins que l’habitude coupable de la masturbation ne leur eût donné un volume exagéré; mais alors les parties génitales prennent un accroissement remarquable , revêtent une exquise sensibilité, et l’érection, si nécessaire au rapprochement des sexes , se manifeste. Ce n’est pas que les enfaiis impubères ne soient susceptibles de l’éprouver, mais chez eux ce phénomène ne peut être que le résultat d’excitations contre nature , ou celui de l’accumulation de l’urine dans la vessie , de la présence d’un calcul dans ce viscère ou de l’usage imprudent de quelque substance irritante , etc. La véritable érection par laquelle l’homme est sollicité à la copulation, ' n’est provoquée que par les désirs que la nature développe à l’âge dè la puberté. La sécrétion du sperme, nouveau fluide inconnu jusqu a cette époque, et son accumulation dans les vésicules séminales, paraissent être les causes les plus directes et les plus puissantes de ces désirs impérieux. Plusieurs objections ont cependant été faites à cette manière de voir : on a dit que les désirs persistaient souvent après l’émission du sperme , que les eunuques en étaient susceptibles , et qu’il était surtout impossible d’expliquer ainsi les désirs irrésistibles des femmes. Ces objections fort spécieuses ne sont pas invincibles : pour la première, je pense qu’on a confondu l’amour avec les désirs vénériens : or, l’on sait que l’amour persiste ( quoique peut-être il soit moins tendre ) après l’éjaculation , mais alors c’est une espèce de pré-

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voyance qui nous attache à un objet qui nous est et nous sera nécessaire; mais les désirs ne se manifestent de nouveau que lorsque la sécrétion d’une certaine quantité de fluide séminal s’est accumulée dans les vésicules , à moins que des excès dans les plaisirs ou d’autres excitations extraordinaires n’entretiennent ou ne fassent naître des désirs illusoires et dangereux. Quant aux désirs dont les eunuques sont tourmentés, dit-on, il faudrait d’abord être sûr de leur existence : s’ils existent, il faut bien admettre qu’ils reconnaissent une autre cause ; cela prouve seulement que des causes de différente nature peuvent produire ces désirs , ce qui n’empêche pas que la principale , la plus puissante ne soit celle que nous avons signalée. Quant aux désirs des femmes, c’est une cause tout-à-fait analogue qui les détermine ; nul doute que les cryptes muqueux de leurs parties génitales ne soient un centre de fluxion, siège d’une sécrétion abondante , dont le produit s’échappe dans le coït, et dont l’accumulation est un puissant aiguillon à l’acte de la reproduction. L’une et l’autre sécrétion se trouve sans doute sous l’influence du système nerveux, et la disposition à cette sécrétion tient évidemment au développement de l’organisme. A ce développement, à cette sécrétion nouvelle se lient d’autres phénomènes, tels que l’apparition des poils, les modifications delà voix, l’accroissement de divers viscères et des cavités qui les contiennent, etc.

Au bout de quelques mois, les organes génitaux de l’homme sont parvenus à toute leur perfection.

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