‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 55 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

en un instant son poids et son volume , et devient rosé, mou, crépitant; il surnage à l’eau. Pendant toute l’enfance , le poumon , essentiellement vasculaire, est plus dense que dans les âges suivans. Le cœur augmente de force vers l’âge de la puberté , mais ce sont surtout les veines et les oreillettes qui se développent. Les artères conservent leur souplesse et leur ampleur. Les poumons se dilatent et suivent l’extension que prend à cette époque la cavité thoracique qu’ils remplissent ; ils sont parsemés de légères stries noirâtres. Pendant l’âge adulte, ces organes éprouvent peu de changemens ; mais vers le déclin de la vie , il se manifeste des modifications tellement importantes, que je ne balancé pas «à les considérer comme la principale cause des autres changemens qui surviennent dans l’état physiologique du vieillard, et même comme la cause de presque toutes les maladies qui accablent cet âge. Les artères s’ossifient, deviennent dures et cassantes ; l’accumulation du phosphate calcaire a lieu ordinairement immédiatement au-dessous de la membrane externe. Quelquefois cette ossification se forme par plaques lisses et polies; d’autres fois, elle produit des aspérités, des enfoncemens, qui rendent la surface des artères rugueuse et inégale. De cette altération, il doit naître nécessairement un changement remarquable dans l’élasticité , ou, si l’on veut, dans la contractilité artérielle; ce changement, rendant la circulation plus pénible, exige de la part du cœur des efforts plus-multipliés. De là vient que ce viscère, et surtout le ventricule gauche, est beaucoup

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plus épais et plus dur chez les vieillards que chez le« jeunes sujets; c’est donc à tort qu’on a écrit que le cœur devenait flasque, pâle, mou, et qu’il rapetissait chez les vieillards. Ces circonstances, excessivement rares, ne doivent être considérées que comme des exceptions. Mais il est vrai que la base des ventricules est quelquefois entourée de graisse. Les artères coronaires sont souvent osseuses. Le poumon , plus léger que dans les autres âges, a perdu de son volume. Les cartilages des côtes étant ossifiés, elles cessent d’être mobiles, et les muscles qui servent à la respiration ayant perdu de leur activité , la poitrine se dilate moins, la respiration est plus diaphragmatique. Le poumon présente beaucoup plus de plaques noires que dans les autres âges; et leur sommet est le siège d’une espèce de raccornissement qu’on a pris mal à propos pour une cicatrice , et qui ne me paraît être qu’une espèce d’atrophie. Autrement il faudrait admettre que tous les vieillards ont guéri de la phthisie; car tous, à très-peu près, présentent cette prétendue cicatrice. Maintenant on voit sans peine découler les différences qui doivent survenir dans la respiration et dans la circulation , selon les âges. Au moment de la naissance, on voit l’air s’introduire dans les poumons, que le sang pénètre aussi, et abandonner a ce fluide une partie de son oxygène. On voit le sang divisé dorénavant en veineux et artériel, parcourir dans des canaux différens toute l’économie, et porter à tous les organes les matériaux nécessaires à leur réparation , aux élaborations qu’ils sont chargés d’o-

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