PREMIÈRE PARTIE. ï
glandes mésentériques sont bien plus volumineux, dans le premier âge que dans la vieillesse; chez le vieillard, en effet, les vaisseaux chylifères se rétrécissent, leurs parois deviennent plus fermes, plus solides; les glandes mésentériques, plus petites, paraissent racornies. Cette disposition de l’appareil chylifère prouve , ce nous semble , que les fonctions qui lui sont confiées ont perdu de leur activité. En effet, de quelle utilité pourrait être l’énergie de ces organes , lorsqu’il n’y a plus d’accroissement à produire et presque plus de pertes à réparer ? L’absorption veineuse doit être aussi douée de moins d’activité; c’est ce que doit faire admettre du moins la lenteur de la circulation , et la difficulté de la résolution des maladies chez les vieillards. La circulation artérielle étant gênée , le sang veineux doit nécessairement stagner, et sur les surfaces muqueuses perméables au sang, et dans le tissu même des organes; c’est ce qui explique une foule de faits que présente la pathologie des vieillards.
Pour ce qui regarde le système lymphatique, on peut dire aussi qu’il est vraisemblable qu’il perd de son activité; les glandes lymphatiques sont bien plus petites à cet âge que dans le commencement de la vie, mais les fonctions de cet ordre de vaisseaux sont encore couvertes d’un voile trop mystérieux pour qu’on se permette de hasarder sur eux quelque conjecture. La sagesse exige qu’on se renferme dans le doute.
cours d’hygièpïe.
§ IV. Des changemens que l'âge apporte dans la nutrition.
Le mécanisme par lequel s’opère la nutrition est encore totalement inconnu. Sont -ce les extrémités artérielles qui apporter; les matériaux de la réparation dans tous nos organes? Cela paraît hors de doute; mais comment s’opère la répartition de ces matériaux? Sont-ce les veines qui sont chargées de reprendre toutes les parcelles de ces organes devenues inutiles à l'exercice des fonctions; ou bien estce un ordre particulier de vaisseaux à qui est confiée la décomposition de nos parties, et par quel mécanisme s'opère ce phénomène? Si l’on interroge les physiologistes , on trouve sur cette matière la plus grande divergence d’opinion. Toutefois, la nutrition étant le dernier l’ésultat des diverses fonctions de la vie individuelle, c’est d’après l’énergie et l’activité de ces diverses fonctions et des appareils qui les exécutent qu’on peut juger de son activité. Depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, le corps change continuellement de poids et de volume; les différens tissus varient de consistance, de couleur, de composition; l’exercice augmente le volume des parties que le repos diminue; une émaciation subite et générale survient fréquemment, et l’hypertrophie de nos organes n’est point un phénomène rare. Le mouvement intérieur qui produit ces changemens a reçu le nom de nutrition. Il est vraisemblable que cette action inconnue renouvelle entièrement notre corps. Elle est