PREMIÈRE PARTIE
cédentes; il ne nous reste guère qu’à en faire une succincte application.
La ligature du cordon ombilical paraît déterminer chez le nouveau -né une pléthore sanguine qui se manifeste par des congestions de sang dans les divers viscères, mais notamment dans le cerveau quidevient le siège d’apoplexies fréquentes; et par ce mot nous devons prévenir que nous ne voulons parler que des hémorrhagies cérébrales. Des obstacles nombreux empêchent souvent l’introduction de l’air dans le poumon, l’hématose ne peut s’opérer, l’enfant succombe; l’étroitesse des voies aériennes, l’accumulation de mucosités épaisses dans les fosses nasales, le larynx et les bronches sont les causes les plus ordinaires des asphyxies qui moissonnent les nouveau- n^s. C’est ainsi que les nouvelles fonctions du foie , la cessation subite de son action particulière sur la circulation , ont paru suffisantes à quelques observateurs pour expliquer les ictères qui se manifestent dans l’enfance. Le peu de consistance du canal alimentaire, et le nouveau mode d’alimentation qui s’établit, donnent raison de la fréquence des déjections et des coliques; l’action de l’air sur la peau et sur les membranes muqueuses des conduits aériens, encore tendres et si susceptibles d’impressions, occasionnent les phlegmasies de ces membranes; la vivacité de la lumière, l’ophtalmie, la pression des corps extérieurs, les contusions, les ecchymoses, etc. La mollesse des tissus, leur état pour ainsi dire spongieux , expliquent pourquoi, dans la première enfance, ils se laissent pénétrer par les
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fluides avec tant de facilité, et la prédominance de ces fluides donne raison des engorgemens des glandes, des gonflemens articulaires, des éruptions croûteuses de la peau, des écoulemens muqueux du nez, des oreilles, des yeux, etc. De cette disposition organique découlent naturellement les scrofules, la teigne, l’œdème du tissu cellulaire, les hydropisies, les engorgemens des ganglions lymphatiques , le carreau , les tubercules, les abcès froids, les tumeurs blanches, la carie, le ramollissement des os, etc.; cette disposition cesse à l’approche de la puberté, époque, en effet, où l’on voit disparaître la plupart de ces affections; à moins que, par un de ces écarts trop communs dans la nature, la constitution de l’enfance ne résiste à la révolution qui s’opère dans l’économie animale.
Nous avons remarqué que dans l’enfance le système nerveux prédominait d’une manière remarquable; aussi les inflammations des méningés et du cerveau, l’épilepsie, les convulsions, la somnolence’, le coma, qui les accompagnent, et tout le funeste cortège des symptômes cérébraux se montrent-ils fréquens à cet âge. Ces mêmes symptômes compliquent souvent les maladies ordinaires, et leur impriment un caractère particulier de gravité. Les femmes, que nous avons dit participera la constitution des enfans, sont exposées aux mêmes accidens, ainsi que nous le verrons plus tard. On trouvera dans la sensibilité excessive de la peau , dans le nombre prodigieux de vaisseaux qui la pénétrent, dans l’activité de la circulation et des diverses sécrétions, la disposition aux