‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 61 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

diverses maladies éruptives ; la scarlatine , la rougeole, la petite vérole, etc. Les phlegmasies muqueuses, telles que les apthes, l’angine, le croup, etc. , reconnaîtront pour causes la même disposition. Une effrayante rapidité dans les maladies aiguës , une invincible opiniâtreté dans les maladies chroniques , sont encore un résultat inévitable de la constitution propre à l’enfance. Quelques jours, quelques heures, suffisent quelquefois pour enlever un enfant naguère la joie et l’espoir de ses parens. Tandis que les progrès de l’âge peuvent seuls, dans d’autres cas, faire disparaître des affections qui deviennent constitutionnelles. Les moyens de manifestation de la pensée n’étant pas encore donnés à cet âge , on n’est informé que par des cris ou des gestes automatiques de l’existence des maladies; et ces cris et ces gestes sont insuffisans pour faire reconnaître l’espèce de la maladie. L’imperfection de certains organes , et conséquemment de leurs fonctions, contribue à jeter la plus grande obscurité sur le diagnostic. Je vais en citer un exemple. Les muscles étant peu développés en général, ceux qui servent à la respiration partagent avec tout le système une grande faiblesse d’action, il s’ensuit que l’expectoration, qui exige un très-grand effort de la part des muscles expirateurs, ne peut avoir lieu. Cette impossibilité a , ce nous semble , fait commettre une foule de méprises. De ce qu’on voyait des toux opiniâtres et sans expectoration, quelquefois suivies de vomissemens ( causés par l’impossibilité d’expectorer), de ce qu'on a vu dispa-

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raître ces toux apres l’usage des émétiques ou des narcotiques, on a été porté à conclure que le siège en était dans l’estomac. C’est en effet dans ce viscère qu’on a placé la coqueluche. Peu satisfait de ces raisonnemens , moins satisfait encore des observations publiées par les auteurs qui ont écrit sur ce sujet, j’ai voulu voir par moi -même; et voici ce que les ouvertures du corps, dont on ose révoquer l’utilité dans le dix-neuvième siècle, m'ont appris.

Chargé de donner des soins aux habitans du quartier le plus populeux et le plus insalubre de Paris T j’ai eu occasion de voir depuis plusieurs années un grand nombre d’enfans présentant les signes de la coqueluche ; mais ne voulant pas m’en rapporter à mon diagnostic, qui aurait pu paraître suspect, j’ai envoyé ces enfans dans l’hôpital où on a l’habitude de les traiter; j’ai fait demander par des parens ou des personnes intelligentes quel était le nom qu’on donnait à la maladie , j’ai acquis ainsi la certitude que c'était bien la coqueluche . Plusieurs de ces enfans ont été retirés par les parens avant la guérison de leurs affections, et ont succombé chez eux, où ils retrouvaient toutes les causes qui avaient développé la maladie. À l’examen du corps , j ’ ai constamment trouvé des pleurésies , des péripneumonies chroniques , des inflammations des bronches , et rien dans l'estomac. On me dira que cela ne prouve rien contre l’existence de la coqueluche, que seulement on s’est mépris dans ses circonstances. C’est aussi tout ce que je veux prouver pour le moment. Mais si les

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