PREMIÈRE PARTIE. l/f
pleur. La femme croît encore; toutefois à dix-huit ans elle a ordinairement acquis tous les attraits qui doivent l'embellir. Des cheveux floltanssur des épaules arrondies en rehaussent l’éclat. La peau brille alors du plus vif incarnat; l’élégance des formes, la grâce et la souplesse des mouvemens, la fermeté des chairs, tout a été prodigué pour la perfection de cet être intéressant. La nature a versé sur la jeune fille ses plus riches trésors. Pourvue d’autant de charmes, elle attire autour d’elle un essaim de jeunes amans, trop heureux de recevoir ses chaînes; mais elle ne tarde pas elle-même à trouver un vainqueur , et paye bientôt son tribut à la nature. Dès lors elle perd quelquesuns de ses attraits; il semble que la nature n’eût fait éclore tant d’appas , que pour accomplir l’œuvre de la réproduction; et que son but étant rempli , elle les néglige , les abandonne. Néanmoins , quoique la femme n’offre plus la même fraîcheur, elle acquiert un autre genre de beauté ; plus d’embonpoint lui donne plus>cle noblesse dans la démarche ; et quoiqu’elle n’ait pas encore besoin d’artifice , l’expérience déjà acquise, ou plutôt instinctive, lui inspire mille manières séduisantes , qui nous entraînent et nous soumettent. Enfin, bien que le temps impitoyable, en respectant toutefois les cheveux qui ornent sa tête , arrache tous les jours quelques-uns de ses charmes , la femme nous enchante par mille qualités qui se succèdent presque jusqu’au moment fatal où elle perd la prérogative de se reproduire. Alors si ce n’est plus l’amour qu’elle inspire , elle en est bien dédommagée
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• par l’espèce de triomphe que lui procurent les agrémens de son esprit, bien plus naturel et bien plus aimable que le nôtre. Si des attraits fugitifs ont disparu, des qualités bien plus estimables nous la font chérir. Elle a donné des fils, qui sont devenus des citoyens vertueux et utiles, des défenseurs de la patrie , ou des filles, qui, rappelant ses beaux jours, font à leur tour le charme de la société , l’ornement et la gloire de leur mère. Ce sont les Gracques qui parent et embellissent Cornélie.
§ II. Des différences que le sexe apporte dans V encéphale , dans les organes des sens et leurs fonctions.
Mais cet extérieur séduisant dont la femme est décorée n’est pas encore son plus beau titre à nos hommages. Jusqu’ici c’est Galalhée , mais Galathée qui n’a pas encore reçu le feu dq ciel. Les facultés intellectuelles et morales de la femme nous ravissent bien plus encore , même par leurs défauts.
Ses nerfs sont généralement plus volumineux et plus mous que ceux de l’homme. Son encéphale , quoique moins développé, considéré d’une manière absolue, l’est à peu près autant relativement à sa stature ou à son poids. Ces circonstances de mollesse et de volume paraissent être , dans les organes de la sensibilité, les conditions favorables au développement de cette faculté. Les instrumens des sensations ne présentent aucune particularité remarquable ; mais l’exquise sensibilité dont ce sexe est doué donne à ses perceptions une finesse et une rapidité extraordinaires. La