‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 69 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE. l7j g · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. l7j g

femme voit et entend ordinairement , lorsque l'homme regarde et écoute encore. Ses sensations sont donc rapides, et si elles sont rapides elles doivent être multipliées; les idées doivent se présenter en foule, et comme elles ne peuvent se donner le temps de les mûrir par la réflexion, elles doivent être quelquefois erronnées. Ces pensées étant très- multipliées , elles doivent être exprimées avec promptitude ; aussi leur conversation est-elle en général vive et animée , et partant pleine d’agrément. C’est bien à tort qu’un pédantisme ridicule leur a fait un reproche de cette aimable facilité qui bannit l’ennui , le pire des maux. Mais c’est en vain que les femmes ont des prétentions à la constance ; elles se croient constantes , parce qu’aimant avec ardeur elles s’imaginent devoir aimer toujours; cependant leur sensibilité même implique contradiction avec la constance : si elles sentent fortement , elles ne peuvent sentir long-temps. D’ailleurs la nature, pour remplir ses vues, n’avait pas besoin d’un amour éternel. Si l’homme persévère peu dans ses affections , il faut en accuser nos institutions sociales , qui le rendent volage , et non son organisation, qui le convie à la constance. Le caprice , résultat nécesaire de la multiplicité des sensations et des désirs , est une arme puissante que la nature semble avoir mise dans les mains des femmes pour rendre plus piquans tous les attraits dont elle les a dotées. Il semble fait pour rompre l’uniformité du bonheur, pour déconcerter le vainqueur trop présomptueux. Il devient tour à tour un auxiliaire de la

ÏOO COt'RS d'hygiène.

coqueLterie et un rempart pour l’honneur. L’adresse et la ruse sont les supplémens naturels de la force , qui est l’apanage de l’homme. Si la femme n’eût eu l’adresse et la ruse en partage , elle eût été le jouet continuel et l’esclave de l’homme; mais, adroite et fine, elle évite non-seulement une injuste tyrannie, mais elle conquiert, sans en avoir l’apparence, le plus doux et le plus puissant des empires, celui que nous accordons à la persuasion.

Les études profondes et suivies ne lui conviennent point; non, comme on l’a injustement prétendu, qu’elle ne soit très-capable de s’élever à la hauteur des sciences , mais elle ne saurait les acquérir qu’aux dépens de cette fraîcheur et de ces charmes qui sont un de ses plus sûrs moyens de plaire. D’ailleurs son esprit naturel lui rend inutile cet étalage scientifique qu’on fait bien d’acquérir lorsqu’on a peu de chose pour en tenir lieu. Il vaut mieux qu’elle reste elle-même que de se parer d’un savoir emprunté , qui donne toujours un air gauche à celle qui le possède, et qui est bien loin de remplacer avantageusement le naturel qu’il fait évanouir.

La générosité, la bienveillance , la compassion, appartiennent encore à la femme; affectueuse, tendre, compatissante, elle ne peut voir sans attendrissement et sans les soulager les maux d autrui. Mais ses entrailles de mère la rendent capable des plus héroïques efforts pour protéger 1 être auquel elle a donné le jour.

Quelques femmes semblent s’éloigner de ce ta-

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