PREMIÈRE PARTIE. l5l
bleau , mais ce sont de ces écarts que nous devons ^encore imputer à la société , et dont la nature est bien rarement coupable.
§ III. — Des différences que le sexe apporte dans l'appareil de la locomotion.
C'est une des plus vraies’ et des plus gracieuses conceptions de l’antiquité , que d'avoir donné à Therpsicore le sceptre de la danse; quelle autre qu’une femme aurait pu le soutenir? et l’emblème des grâces pouvait-il appartenir à notre sexe?
L’organisation de la femme diffère singulièrement de la nôtre sous le rapport des organes des mouvemens. Les os qui en sont les instrumens passifs sont en général moins longs, moins épais et moins durs que ceux de l’homme. Les saillies et les dépressions que déterminent les insertions des muscles sont d’autant moins prononcées que ceux-ci font des efforts moins considérables. Leurs courbures sont aussi moins sensibles. On doit néanmoins en excepter le fémur, qui est plus incliné de haut en bas et de dehors en dedans; direction nécessitée par l’évasement considérable du bassin. Cette ampleur du bassin est une disposition bien digne de remarque, puisqu'elle indique le principal but de la nature. L’espace compris entre le sacrum et le pubis est plus grand que chez l’homme, et cela devait être pour permettre l'issue du produit de la conception. Les clavicules sont moins longues et moins courbées chez les femmes que chez l'homme; aussi chez ce dernier les épaules paraissent-elles beau-
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coup plus développées. La partie spongieuse des os paraît dominer chez la femme , et c’est à cette raison qu’on doit attribuer le volume de certaines articulations. Si nous jetons un coup-d’œil sur les muscles, instrumens actifs de la locomotion , nous voyons qu’ils sont moins volumineux, moins rouges que chez l’homme; qu'un tissu graisseux plus abondant les pénètre et les entoure; que c’est même à la présence de ce tissu qu’est due la rondeur des formes qui font notre admiration. C’est de ces dispositions organiques que résultent ces mouvemens pleins de grâce et de volupté qui, par une puissance inexplicable, font passer l’amour dans nos sens.
§ IV. — Des différences que le sexe apporte dans les organes de la voix et de la parole.
La poitrine moins développée contient des poumons moins volumineux; la trachée-artère a un diamètre moins étendu; le larynx est plus petit, les anfractuosités nasales sont moins profondes. On conçoit alors que la voix doit être moins grave et moins sonore que chez l’homme. Ces organes varient peu depuis la naissance jusqu’à l’entier développement de la femme, et l’âge de puberté ne leur imprime pas ce développement subit que nous avons signalé chez l’adolescent’. Cependant la voix aiguë et perçante de la jeune fille perd cette espèce d’aigreur, elle prend un timbre suave et délicieux qu’on ne saurait entendre sans tressaillir, à moins d’une complète insensibilité. La voix de la femme est faite pour le chant.