‹ Cours elementaire d'hygieneChapitre 74 sur 96 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

QUATRIÈME DIVISION

Des idiosyncrasies ; des goûts et des répugnances , ou des sympathies et des antipathies.

Indépendamment des modifications organiques dont nous venons de parler, il en est une foule d’autres qu’on ne peut considérer comme pathologiques, puisqu’elles permettent le libre exercice de toutes les fonctions. Ces modifications sont aussi multipliées que les individus, puisqu’on peut dire que chaque individu vit à sa manière, qu’il est doué de sa constitution propre. Cette manière d’être fait que telle personne est affectée par un agent quelconque différemment que telle autre. Ces individualités n’ont pas échappé aux gens du monde, et c’est de cet état particulier dont ils veulent parler lorsqu’ils disent que leur médecin connaît ou ne connaît pas leur tempérament. Mais ils ont singulièrement exagéré l’importance de cette connaissance , dont ils font découler tout le succès des traitemens qu’on leur administre pendant leurs maladies. La médecine est conjecturale et douteuse, disent-ils, puisqu’il faudrait, pour qu’elle fût certaine , que chaque médecin connût tous les tempèramens , ce qui est impossible. Us ignorent que les bases les plus positives de la thérapeutique reposent sur tout autre chose ; que la connaissance de la maladie , de ses cause^ , de ses périodes , etc.; de l’âge, du sexe, de la force du sujet, sont les vrais fonden\ens d’un traitement rationnel, et près-

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constamment heureux. Ils ignorent que les règles de la nature sont simples, fixes, invariables, faciles à connaître pour l’observateur attentif et judicieux; qu’cnfin les exceptions qui méritent quelque attention sont extrêmement rares; qu’elles se bornent à un petit nombre d’objets, qu’elles influent peu sur l’action des moyens qu’on emploie, et que le médecin en est toujours promptement informé par les questions qu’il adresse avec art.

Ces individualités ont peut-être plus d’influence encore relativement à la matière de l’hygiène que par rapport à la thérapeutique, et sous ce rapport elles méritent d’être connues. Les idiosyncrasies paraissent dues à la texture originelle ou acquise des divers organes de notre économie, à leur composition chimique, à leur genre de sensibilité; mais quelles sont les diverses combinaisons de ces élémens ? C’est ce qu’on ignore; et, comme une foule d’autres phénomènes naturels , nous sommes réduits à ne les connaître que par leurs effets.

C’est avec raison qu’on a cherché à distinguer les idiosyncrasies acquises de celles qui sont congéniales ou héréditaires ; les premières peuvent dépendre de l’imagination, de l’habitude, de l’éducation, ou de quelque circonstance fortuite ; les secondes tiennent à une organisation primitive. Les unes sont bien plus faciles à détruire que les autres. C’est encore une distinctioi^digne d’éloge, que celle qu’on a établie sur l’état de santé ou de maladie. Les idiosyncrasies résident dans les organes auxquels sont

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