PREMIÈRE PARTIE. I7I
pire. L’évacuation du mucus nasal sollicitée par l’usage du tabac fait naître un sentiment tellement irrésistible de besoin que la privation desalimens est plus facile à supporter que celle de ce narcotique. Il en est de même pour le tabac à fumer. Les urines, les matières alvines sont rejetées à des heures fixes.
Les sens ne sont pas moins influencés par l’habitude. Un prisonnier plongé dans un cachot profond et obscur finit par distinguer tous les objets qui l’entourent. L’ouïe n’est pas moins susceptible d’éducation que la vue. Le goût et l’odorat se perfectionnent par l’usage , et le tact surtout peut acquérir une finesse surprenante. On sait combien ce sens est exquis chez les aveugles qu’on exerce à s’en servir pour suppléer la vision.
Le sommeil est périodique, on s’endort et l’on s’éveille aux heures accoutumées.
La mémoire se développe par l’exercice ainsi que toutes les autres facultés intellectuelles. C’est sur cette vérité que sont fondés tous les systèmes d’éducation. Par l’habitude les mouvemens acquièrent une précision extrême; les muscles se développent. La force et l’adresse sont les résultats de la répétition des mêmes actions. Les déperditions spermatiques peuvent être un besoin périodique; l’avortement peut devenir habituel. Enfin des maladies deviennent aussi périodiques et habituelles, et les médicamens auxquels on s’accoutume perdent en général leur effet.
cours d’hygièîte.
SIXIÈME DIVISION
Des dispositions héréditaires.
En communiquant les bienfaits de l’existence, on transmet souvent des maladies auxquelles l’inconduite, les excès ou des circonstances indépendantes de la volonté ont exposé durant la vie. C’est un véritable crime que de procréer un être infirme, débile, à charge à lui-même, à la société, en butte à tous les maux, lorsqu’on sait que l’on porte en soi les germes de certaines affections héréditaires. La loi qui réprime les vices et punit les crimes devrait avoir prévu les cas où un individu aurait le droit de se reproduire. Le législateur a sans doute reculé devant les difficultés qui se sont présentées à lui. Quel sera le point où il sera permis ou défendu de se marier? Quel sera au juste le degré de santé nécessaire pour avoir le droit de contracter les nœuds du mariage? Aucune règle fixe ne pouvant être établie, il a craint qu’un arbitraire odieux ne s’emparât de la loi pour l’interpréter à sa manière. Il a mieux aimé s’en rapporter à la conscience des parens, à celle de ces êtres disgraciés, et peut-être à l’aversion bien juste que la nature inspire pour ces espèces d’union. Mais peut-il avoir oublié que le cœur de l’homme est maîtrisé par le plus vil intérêt, que cette passion sait vaincre toutes les résistances, toutes les répugnances? Et qu’importe à l’égoïsme qu’il donne naissance à des monstres s’il y