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Considérations générales sur le tir des amies

La trajectoire que décrit dans l’air un projectile dont on connaît le diamètre et le poids dépend essentiellement de l’angle et de la vitesse de projection.

Dans les armes à feu et dans les bouches à feu que l’on emploie en campagne, le poids de la charge et celui de la cartouche sont fixés à l’avance, et l’on doit déterminer l’angle de projection de manière à atteindre le but. Dans d’autres cas, comme dans le tir des mortiers, on se donne l’angle de tir et l’on cherche le poids de la charge de poudre de manière à obtenir la vitesse initiale qui fournit la portée demandée.

Dans d’antres cas, on détermine à la fois la charge de poudre et l’angle de projection de manière à arriver au but sous une inclinaison donnée.

Dans le premier cas, celui des canons et des annes à feu, le tir a toujours lieu sous des angles très-j)eu élevés, de sorte que (art. 17) la trajectoire conserve une forme et une position constantes relativement à l’axe du canon.

40. Pointage des bouches à feu et des armes à feu. Ligne de mire, ligne de tir, ligne de projection, but en blanc.

Pour diriger une arme à feu, il y a deux conditions à remplir, savoir : 1” placer l'axe de cette anne à feu dans le plan vertical du point à battre; 2* lui donner l’inclinaison nécessaire pour que le projectile atteigne ce point.

Pour que cela puisse se faire facilement, l’arme à feu et la bouche à feu portent deux points placés dans le plan de syméti'ie qui contient l’axe du canon ; l’un de ces jwints est Yencoche du fond de la visière du côté de la culasse; l’autre est, du côté de la bouche, le point le plus élevé, ou sommet, d’une pièce de métal que l’on nomme guidon.

La ligne droite ou le rayon visuel qui passe par ces deux points est la ligne de mire.

Pour diriger une arme à feu , on la tient de façon que le plan de symétrie de l’arme soit vertical , et que la ligne de mire coupe en un point convenablement élevé la verticale du point à battre. 11 résulte de là que la trajectoire coupera la verticale et passera j)ar le but. Les hauteui"s du point visé au-dessus du but, lesquelles dépendent de la distance, doivent être déterminées à l’avance ; elles forment les règles de tir.

On nomme ligne de tir le prolongement de l’axe du canon. L'angle de cette ligne avec le plan horizontal est Y angle de tir.

Dans les armes à feu , la hauteur de la vdsière, au-dessus de l’axe du canon , est plus grande que la hauteur du guidon, de sorte que la ligne de mire rencontre la ligne de tir en avant du canon. I.’ angle très-aigu qu’elle fait avec cet axe se nomme angle de mire. Souvent , j)our le préciser davantage , on le nomme angle de mire naturel.

Quand la ligne de mire est horizontale, l’angle de tir est égal à l’angle de mire ; mais comme la ligne de projection véritable peut différer de l’axe du canon , l’angle de projection n’est pas toujours égal à l’angle de tir.

La ligne de mire coupe la trajectoire en deux points, l'un près de la bouche, l’autre à une certaine distance. 11 résulte de là que, quand on est à une distance du but égale à celle de cette seconde intersection, l’on doit diriger la ligne de mire sur le but à atteindre ; ce point , cette seconde intersection de la ligne de mire et de la trajectoire , est nommé le but en blanc. La distance de ce point à la bouche est la distance du but en blanc. On suppose que la ligne de mire est dans un plan horizontal, ou quelle n’en diffère pas beaucoup.

b l. Règles de tir avec la ligne de mire naturelle.

Depuis la bouche du canon jusqu’à la première intersection, la trajectoire est au dessous de la ligne de mire; elle passe ensuite au-dessus, s’en éloigne d’abord, puis s’eu rapproche jusqu’au but en blanc , ofi elle passe au dessous et s’en éloigne de plus en plus.

De ces observations , ou tire les conséquences suivantes ;

1* Si le but est à la distance de l’une ou de l’autre des deux intersections , il faut viser directement sur le point à battre ;

2* Si le but est entre la bouche du canon et la première intersection , il faut viser audessus ; mais, dans la pratique, cette quantité est si faible, comparativement à l’étendue des corps à frapper, et la première intersection est si rapprochée de la bouche du canon, que, jusqu’à ce point, on regarde comme se confondant ensemble la ligne de mire et la trajectoire ;

3" Si le but est entre les deax intersections, il faut x iser au-dessous de quantités qui varient avec les distances ;

4° Si le but est au delà de la seconde intersection, il faut viser au-dessus de quantités qui augmentent avec la distance.

Ces règles sont ai)plicables aux bouches à feu posées sur les affûts. Le plan qui contient la ligne de mire est mené par l’axe du canon perpendiculairement à l’axe des tourillons. Le plan est vertical quand l’axe des tourillons est horizontal.

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