‹ Cours elementaire de botanique et flore du Canada a l'usage des maisons d'educationChapitre 16 sur 21 · TAX0N0MIE. 5T · texte numérisé non relu

TAX0N0MIE. 5T

Ce fut Tournefort, professeur au Jardin des Plantes de Paris, sous Louis XIV, qui, le premier, définit et limita nettement le genre dans les végétaux, et lui donna sa formule, déduite des caractères communs aux espèces qu'il renferme. Les six cent quatre-vingt-dix-huit genres créés par lui sont, pour la plupart, restés dans la science, ce qui montre toute la valeur des caractères qui avaient servi à les établir.

Linné, illustre botaniste de Suède, étendit et perfectionna l'œuvre de Tournefort. Il réduisit le nom de toute plante à deux mots : le premier substantif, désignant un genre ; le second adjectif, désignant une espèce de ce genre : c'est ainsi qu'on dit le Chêne rouge, le Chêne vert, le Chêne liège, etc., pour désigner les différentes espèces de plantes appartenant au genre Chêne. Avant Linné, on indiquait les espèces par une phrase plus ou moins longue qui renfermait leurs caractères , mais de graves inconvénients étaient attachés à cette manière de dénommer les plantes : ces phrases étaient souvent si longues, que la mémoire la plus exercée ne pouvait les retenir ; elles devenaient incomplètes à mesure que le nombre des végétaux s'accroissait, parce qu'il fallait un plus grand nombre de caractères pour faire reconnaître chaque plante au milieu d'une plus grande quantité d'espèces voisines; enfin, les phrases caractéristiques variaient suivant les auteurs, qui, attachant une plus ou moins grande valeur à certains caractères, les employaient plutôt que ceux dont s'étaient servis leurs prédécesseurs. La nomenclature linnéenne a donc eu les plus heureux résultats sur les progrès de la science.

De même qu'en groupant ensemble les espèces qui ont entre elles une analogie marquée, on en a fait des genres ; de même, en réunissant les genres qui se ressemblent beaucoup ou qui sont liés du moins par des caractères communs, on compose des tribus nouvelles appelées ordres ou familles. Les ordres groupés d'après des caractères plus généraux, forment les classes, qui se distribuent à leur tour, suivant le même principe, en séries ou embranchements.

Ainsi, pour classer les végétaux, on divise le règne végétal en embranchements ; les embranchements en classes ; les classes en

ordres ou familles ; les familles en genres ; les genres en

espèces, qui ne sont elles-mêmes que des réunions dHndividus.

100. Quoique les classifications, en botanique, soient soumises à une marche commune et qu'elles s'accordent en général sur l'établissement des genres et des espèces, elles peuvent différer beaucoup selon les principes suivis dans la formation des groupes supérieurs.

On nomme artificielles ou systématiques celles où les plantes sont groupées d'après un petit nombre de caractères choisis arbitrairement, et sans tenir compte de la ressemblance générale qui peut exister entre les genres qu'on sépare ou des différences qui se remarquent entre ceux qu'on réunit. La classification est dite, au contraire, naturelle ou méthodique, lorsqu'elle tient compte des caractères fournis par l'ensemble de l'organisation, de manière à n'admettre dans une même division que les genres qui se rapprochent sensiblement par leur structure et leurs propriétés.

Linné est l'auteur d'une classification artificielle qui a été longtemps suivie dans les écoles ; la méthode naturelle, seule admise aujourd'hui, est surtout l'œuvre d'Antoine-Laurent de Jussieu.

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