CALICE
41. Formes du calice. — Le calice est formé de petites feuilles appelées sépales, de couleur ordinairement verte et de forme variable. Les sépales demeurent quelque fois complètement libres (fig. 73), et d'autres fois se soudent ensemble par leurs bords (fig. 74) : dans le premier cas, le calice est dit polysépale, et dans le second monosépale ou monophylle, comme s*il n'était formé que d'une seule feuille. La Giroflée possède un calice polysépale et l'Œillet un calice monosépale.
Il est rare que les sépales se soudent dans toute leur étendue. Le plus souvent ils demeurent libres par leur extrémité supérieure, laissant entre eux des vides qui rappellent les découpures des feuilles et se désignent par les mêmes mots.
La partie du calice monosépale où les sépales sont soudés s'appelle le tube, celle où ils sont libres s'appelle le limbe, et la ligne de séparation entre le tube et le limbe est la gorge du calice (fig. 74).
Le calice est dit régulier (fig. 73, 74) lorsque toute section qui passe par son axe le divise en deux parties égales ; dans le cas contraire, il est irrégulier (fig. 75). L'irrégularité a pour cause une différence dans la forme et la grandeur des sépales, ou bien un défaut de symétrie dans leur disposition.
42. Durée du calice- — Le calice, relativement à sa durée, se nomme fugace, caduc ou persistant : fugace, quand il tombe avant l'épanouissement de la fleur (Sanguinaire) ; caduc, quand il disparaît après la fécondation (Tilleul) ;
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persistant, quand il demeure en place durant la maturation du fruit (Violette). Il peut arriver que le calice persistant se flétrisse, comme dans le Groseiller, ou que, continuant à croître, il devienne partie intégrante du fruit. Dans le premier cas il est dit marcescent et dans le second accrescent.
COKOLLE.
43. La corolle occupe une position intermédiaire entre le calice et les étamines. C'est la partie la plus apparente de la fleur, ordinairement colorée, brillante et souvent odorante. Les petites feuilles qui la composent se nomment des pétales ; elles sont généralement élargies à la partie supérieure et atténuées inférieurement en une sorte de pétiole qu'on nomme onglet (fig. 76).
Toutes les définitions données plus haut pour le calice s'appliquent à la corolle, en ayant soin de substituer le mot pétale à celui de sépale.
44. Formes de la corolle polypétale. — Certaines formes de corolles polypétales régulières sont caractéristiques pour toutes les plantes d'une ou de plusieurs familles, et ont reçu des noms particuliers. On appelle :
Cruciforme (fig. 77), la corolle formée de quatre pétales en croix. Ex. : la Giroflée.
Caryophyllée (fig. 78), celle qui est formée de cinq pétales munis de longs onglets. Ex. : l'Œillet.
Rosacée (fig. 79), celle qui est formée de cinq pétales, au moins, à onglets courts et à limbe étalé en rosace. Ex. : le Rosier.
La plupart des Légumineuses, telles que le Pois et le Haricot, possèdent une corolle polypétale irrégulière dont l'ensemble dessine grossièrement un papillon aux ailes étendues : cette corolle se nomme papilionacée. Elle se compose de cinq pétales dont l'un s'élève au-dessus des autres qu'il enveloppe, et se nomme V étendard ; deux sont placés sur les côtés et portent le nom d' ailes ; les deux autres, placés à la partie inférieure, forment la carène, ainsi nommée parce qu'elle représente l'avant d'une nacelle (fig. 80, 81).
45. Formes de la corolle monopétale. — La corolle monopétale régulière peut affecter l'une des six formes suivantes :
Campanulée (fig. 82) : tube dilaté dès sa base et s' évasant en forme de cloche. Ex. : la Campanule.
Infundibuliforme (fig. 83) : tube conique, évasé supérieurement en entonnoir. Ex. : le Tabac.
Rotacée (fig. 84): tube court, limbe plan et étalé. Ex.: la Pomme-de-terre.
Hrjpocratériforme (fig. 85) : tube court et droit, limbe évasé en forme de soucoupe. Ex. : le Lilas.
Tabulée (fig. 86) : tube cylindrique et allongé. Ex. : la Grande Consoude.
Urcéolée (fig. 87) : tube dilaté en son milieu et contracté aux extrémités. Ex. : la Gaulthéria ou thé des bois.
Parmi lei> corolles monopétales irrégulières, on distingue la corolle ligulée (fig. 89), dont le tube est fendu et le limbe rejeté de côté en forme de languette. Ex.: le Pissenlit.
La corolle labiée (fig. 88), dont la gorge est ouverte et le limbe partagé en deux divisions inégales qu'on appelle lèvres. Ex. : la Menthe.
La corolle personnée (fig. 90), dont le limbe se partage en deux lèvres rap-
proche es qui lui donnent quelque ressemblance avec un masque ou un mufle de veau. Ex. : la Linaire.
ETAMLNES.
46. Les étamines forment le troisième verticille de la fleur. Chacune d'elles comprend généralement trois parties : lejilet, V anthère et le connectif (fig. 91, 92).
47. Filet. — Le filet est un support mince qui remplit dans l'étamine le même rôle que le pétiole dans la feuille. On le nomme :
Capillaire, quand il est fin comme un fil. Subulé, quand il se termine en pointe effilée. Pétaldide, quand il s'élargit en forme de pétale. Géiiiculé. quand il est plié de manière à faire un angle. Bifurqué, quand il se divise supérieurement en deux branches. L'étamine qui manque de filet se nomme sessile.
48. Anthère. — L'anthère est un petit sac plus ou moins allongé et rempli d'une poussière ordinairement jaune, connue sous le nom de pollen. Elle se compose presque toujours de deux loges ou cavités distinctes, faciles à reconnaître par la proéminence quelles forment cà droite et à gauche d'un sillon qui les sépare. Ces loges, à une époque déterminée, doivent donner issue au pollen. Leur déhiscence s'opère quelquefois au moyen de valvules (fig. 93). plus souvent par des pores situés au sommet (fig. 94), et ordinairement par des fentes longitudinales ou transversales (fig. 95). Une strie indique sur chaque loge l'endroit où la déhiscence doit avoir lieu. Si cette strie est tournée vers le centre de la fleur, l'anthère est introrse ; lorsqu'elle regarde la circonférence, l'anthère est extrorse.
Le pollen apparaît, au microscope, comme un amas de grains dont la forme varie selon les espèces végétales. Ces grains placés dans l'eau ne tardent pas à se gonfler, se déchirent et laissent échapper une matière fluide, lufovilla, qui joue un rôle essentiel dans la fécondation des graines (fig. 96).
Chez quelques plantes, les Orchidées, par exemple, le pollen est agglutiné vers le haut du filet et constitue une masse (fig. 97) à laquelle on a donné le nom de pollinie.
Les étamines qui ne renferment point de pollen sont dites stériles (fig. 92, Is).
49. Connectif. — Les loges de l'anthère sont quelquefois accolées l'une à l'autre sans corps intermédiaire. Le plus souvent elles sont réunies au moyen d'une substance qui a reçu, à raison de sa fonction, le nom de connectif. Cette substance peut n'occuper qu'un point entre les loges, s'étendre sur toute leur longueur ou même la dépasser et former au-dessus d'elles des appendices variés. Dans les deux derniers cas (fig. 91), on dit de l'anthère qu'elle est adnée au connectif. L'anthère est encore basifixe (fig. 94), oscillante (fig. 95), ou pendante selon que le filet s'attache au connectif vers la base des loges, vers leur milieu ou à leur sommet.
50. Etamines considérées dans leur ensemble. — Le nombre des étamines varie depuis un jusqu'à plus de cent. Tant que ce nombre ne dépasse pas
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dix, les étamines sont dites définies ; s'il va au-delà, on les nomme indéfinies.
Il peut arriver que dans la même fleur certaines étamines soient plus longues que d'autres. A ce point de vue, elles s'appellent didynames, lorsqu'elles sont au nombre de quatre dont deux longues et deux petites (fig. 98); et téiradynames, lorsqu'elles sont au nombre de six dont quatre grandes alternant par paires avec deux autres plus petites (fig. 99).
Les étamines peuvent, comme les sépales et les pétales, se souder ensemble. Lorsqu'elles adhérent par les anthères, comme dans le Pissenlit, on les nomme synanthérées (fig. S9) ; lorsque la soudure a lieu par les filets seulement, elles sont adelphes : on les nommera monadelphes, diadelphes. . . . polyadelphes, selon que les filets forment un faisceau unique comme dans la Mauve (fig. 100), ou deux phalanges comme dans le Haricot (fig. 101), ou enfin se divisent en plusieurs groupes comme dans le Tilleul et le Millepertuis.
Dans quelques cas assez rares, dont les Lobélies nous fournissent un exemple, les étamines adhérent tout à la fois par les filets et par les anthères.
51. Nature des étamines. — Les botanistes considèrent les étamines comme des feuilles dont le limbe s'est replié sur lui-même de manière à circonscrire la cavité qui loge le pollen. Parmi les faits nombreux qui viennent à l'appui de cette opinion, nous mentionnerons celui deajieurs doubles. On nomme ainsi les fleurs dont les étamines se sont changées en pétales sous l'influence de la culture. . Un grand nombre de plantes, telles que le Eosier et le Camellia, nous présentent ce curieux phénomène. Cesse- t-on de les cultiver, elles reviennent à leur état normal : les pétales surnuméraires disparaissent et un nombre égal d' étamines les remplace. Ces faciles transformations sont une preuve qu'il y a communauté d'origine entre les organes dont nous parlons ; elles montrent que les étamines ne sont que des feuilles encore plus profondément modifiées que lesv pétales, et auxquelles la^ nature a donné une forme en rapport avec les fonctions particulières qu'elles ont à i emplir dans la fleur.