COROLLE
La corolle est formée de folioles, ordinairement colorées, membraneuses, souvent délicates, assez fréquemment odorantes, généralement en même nombre que les sépales et alternant avec eux. On les nomme pétales ; les fleurs qui en sont pourvues sont dites pétalées; celles qui, au contraire, en sont dépourvues sont, comme Ton sait, apétales.
Il y a des pétales compkts, c'est-à-dire formés de deux parties : un limbe et une portion basilaire rétrécie, qui est Vonglet ; quand ce dernier manque, le pétale est sessile.
Gomme les sépales, les pétales sont ou unis entre eux, ou indépendants les uns des autres; la corolle es! donc tantôt gamopétale ou monopétale y et tantôt dialypétale ou poly pétale.
Comme le calice gamosépale, la corolle gamopétale, qui
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.
se détache d'une seule pièce, est entière, dentée, fide, lobée ou partile, suivant que ses pièces sont unies dans
FiG. 2G1.— Pétale bilobé.
FiG. 26:2. — Pétale pourvu d'un onglet.
toute leur hauteur ou séparées les unes des autr«s jusqu'à une profondeur plus où moins grande.
FiG. 263. - Dicentra. Fig. 261. - Gluta. Éperons dits adhérents Pétale en capuchon. formés par les pétales.
Mais chaque pétale considéré isolément peut aussi être entier ou, plus rarement, plus ou moms profondément découpé, lobé vers les bords, comme une feuille (fig. 261).
vGooqIc
Il y a des pétales réguliers dont les deux moitiés sont
FiG. 265, 266. — Pétales doublés d*un appendice de forme variable.
égales^ et d'autres, dont les deux moitiés sont insymétriques et qu'on dit irréguliers.
Il y a des pétales qui, comme les sépales, sont pourvus
FiG. 267, 268« — Pétales doublés d'un appendice de forme variable*
d'une fossette (fig. 267), d'une bosse (fig. 273), d'un éperon (fig. 269-271) ; quelquefois aussi ils portent des saillies
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉKOGAMES. 181
surajoutées, en forme d'écaillé (fig. 265, 266, 268), de cornet, de languette (fig. 267). Ces languettes peuvent
FiG. 269. — Violette, L'un Fig. 270. — Carydalis, L'un deâ
des pétales est éperonné. pétales est éperonné.
occuper la base des pétales; ou bien, situées au point de réunion du limbe avec l'onglet, elles constituent
Fig. 271. — JSJpimcdium. Pétales éperonnés.
avec les appendices semblables des pétales voisins une collerette ou coronule.
Les pétales sont parcourus par des nervures dont la disposition est variable. Gomme dans les feuilles, la nervation peut être pennée, ou digitée; de-plus, dans la corolle des Composées, les divisions portent vers leurs bords une nervure parallèle à ces bords et qui s'unit inférieurement à la nervure marginale correspondante du pétale voisin.
Il y a des fleurs qui ont deux corolles, comme les BerberiSy les Magnolia, les Rollinia (fig. 272). Dans ces plantes, les pétales du verticille intérieur sont alternes
vGooqIc
avec ceux du verlicille extérieur; mais dans d'autres fleurs, comme celles des Sauvagesia, les pétales intérieurs sont placés en face des extérieurs, c'est-à-dire leur sont superposés.
Il y a des fleurs où les pétales, disposés sur une ligne spirale continue, sont en nombre indéfini et quelquefois
FiG. 272. —Rollinia. Pétales Fie. 273. — Z^iccn^ra. PéUles
dilatés en éperon obtus et dilatés et gibbeux à la
dorsaux. base.
très élevé, comme il arrive dans les Cactées, les Nénuphars (fig. 274), les Calycanthes, etc.
Très souvent le nombre des pétales est défini; on en compte, suivant les fleurs, un, deux, trois, quatre, cinq, ou davantage. Le LythrumenB souvent six; le Barraldeïa, huit; le Sauvagesia, dix, etc.
La durée des corolles est souvent très courte. A peine étalés, les pétales peuvent tomber; ou bien ils peuvent durer plus longtemps et persister même très longtemps autour du fruit.
Ainsi aue le calice, la corolle peut se détacher par la
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 183
base et s'enlever d'une seule pièce comme une coiffe, ainsi qu'il arrive dans les fleurs de la Vigne (fig. 275).
Formes diverses des corolles. — Ces formes sont très variées ; un grand nombre d'entre elles échappent même
FiG. ilA.—Nénufar jaune. Pétales Fie. 275. — Vigne. CoroUe se inégaux en nombre indéfini détachant par sa base,
à toute définition ; et les anciens botanistes en ont tiré un grand parti pour classer les plantes. Les principales qu'ils aient admises sont les suivantes :