COROLLES RÉGULIÈRES
a. DiALYPÉTALES. — Les formes les plus ordinaires sont les suivantes :
Rosacée. — Formée de pétales indépendants, souvent au nombre de cinq, pourvus d'un onglet très court ou nul, étalés également en rosace ; exemple : Aigremoinç (fig. 276).
Caryophyllée. — Formée de cinq pétales, dont les limbes s'étalent régulièrement en rosace, mais dont les onglets allongés, perpendiculaires ou à peu près au limbe, sont renfermés dans le tube du calice ; exemple : Œillet.
Cruciforme. — Formée de quatre pétales à onglet allongé,
vGooqIc
incliné sur le limbe (fig. 262) et disposés ea croix; ex. : Giroflée (fig. 277), Chou, etc.
b. Gamopétales. — Les plus communes sont:
Tubuleuse. — Cylindrique ou à peu près, non seulement dans le tube de la base, mais aussi dans le limbe, qui est ordinairement plus dilaté; exemple: Consoude, plusieurs Bruyères, le Grand-Soleil (fig. 278).
Fig. 27&. — Aigremoine. Fig. 277. — Giroflée.
Corolle rosacée. Corolle cruciforme.
Campanulée. — En forme de cloche, se dilatant dès sa base, sans tube à la portion inférieure; ex. : Campanule, Canarinay Potiron.
Infundibuli forme. — En entonnoir, tubuleuse ou non inférieurement, dilatée graduellement au sommet, en cône renversé ; ex. : Liseron (fig. 280).
Hypocratérimorphe (ou à tort Hypocratériforme). — A tube cylindrique, dilaté brusquement au sommet en un limbe cupuliforme; ex. : Jasmin, Lilas (fig. 279).
Rotacée. — A tube très court ou nul, réduite au limbe dilaté brusquement en roue ou en soucoupe, de la corolle précédente ; ex. : Bourrache.
Urcéolée. — Dilatée dès la base en grelot ou en outre rélrécie vers l'orifice supérieur; ex. : Arbousier.
vGooqIc
ORGANOGnAPHIE; DEIS PHANÉR0GAME;S. 185
COROLLES IHHÉQULJÈRES
a. Gamopétales.
Personée. — En forme de masque théâtral antique, ou de mufle d'animal ; ex. : Linaire, Gueule-de-loup (fig.282).
Labiée. — A tube plus ou moins long, dilaté en deux lèvres inégales : l'une, supérieure, formée de deux lobes ;
FiG. 278. — Granrf- Soleil. Corolle tubuleuse (fleuron).
FiG. 279. — Lilas.
Corolle hypocratérimorphe.
FiG. 280.— Liseron, Corolle en entonnoir.
l'autre, inférieure, formée de trois lobes. Rarement une des lèvres manque (Bugle), et cette corolle est ordinairement bilabiée; ex. : Sauge (fig.283), Mutisia {fig. 285), Nassauvitty etc.
Ligulée. — Celle dont le tube se dilate bientôt en un
vGooqIc
limbe fendu dans la longueur et se déjetant en dehors où il se termine par cinq dents ; ex. : Pissenlit (fig. 281).
Hémiligulée, — Le limbe de la corolle précédente est réduit à une moitié environ et ne porte que trois dents
Fig. 281. — Pissenlit. Fie. 282. — Muflier. Corolle
Corolle ligulée. personée.
le plus souvent, ses deux autres divisions ayant avorté; ex. Dahlia, GafKardia (fig. 284).
b. POLYPÉTALES.
Papilionacée. — Formée de cinq pétales, dont un supérieur, Yétendardj est seul de son espèce et situé sur la ligne médiane. Les deux latéraux, symétriques Tun par rapport à l'autre, sont les ailes. Les deux inférieurs, symétriques aussi l'un à l'autre, sont libres ou inférieurement collés l'un à l'autre ; leur réunion forme la carène; ex. : Pois, Fève (fig. 286-289). Il y a des corolles papilionacées qui, comme celles du Trèfle (fig. 286), sont exceptionnellement gamopétales dans'une certaine étendue.
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 187
FiG. 283. — Sauge, Corolle bilabiée.
FiG. 284. - Gaillardia, Corolle FiG. 285. — Mutisia. Corolle
hémiligulée. bilabiée.
Anomale.— Ce nom était donné par Tournefort à toutes les corolles polypétales irrégulières autres que la papilionacée; ex. : Violette (fig. 269), Balsamine (fig. 257).
PRÉFLORAISON
La préfloraison est la façon dont les pièces de la fleur sont disposées dans le bouton ; on l'appelle aussi estiva-
Fig. 286. — Trèfle.
GoroUe papilionacée gamopétale.
Fig. 287,288. — Pois. Éléments de la corolle papilionacée : étendard, ailes (A), carène (c).
tion. Il y a assez souvent une préfloraison pour les étamines; mais on étudie surtout celle des pièces du périanthe, calice et corolle. Dans une fleur donnée, la préfloraison du calice et de la corolle peut être la même, mais bien plus souvent elle est différente (fig. 298).
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.
Quand les pièces du périanthe ont les bords épais et se touchent par ces bords sans se recouvrir, leur préfloraison est valvaire. (fig. 290).
FiG. 289. — Fève, Pétales séparés : étendard, aile, carône.
Les variétés de la préfloraison valvaire sont Yinduplication ou conduplication et la réduplication qui existent quand les pièces du périanthe ont les bords plus ou moins repliés en dedans ou en dehors (fig. 298).
Quand, au contraire, leurs bords amincis se recouvrent les uns les autres, Testivation est tordue, ou imbriquée.
Elle est tordue^ quand chaque pièce est enveloppée par un de ses bords et enveloppante par l'autre; ex. : le calice et la corolle du Cyclamen, de VAnagallis; la corolle du Lin, du Viviania (fig. 291), de VHugonia {ùg. 293), de VHermannia (fig. 294), des Surelles, des Mauves (fig. 298).
PiG. 290. — iVapo/eowfl, Corolle valvaire.
vGooqIc
m coDrs élémentaire de botanique.
Elle est imbriquée, quand certaines pièces sont entièrement enveloppées, certaines autres complètement enveloppantes, d'autres recouvertes par un bord et recou-
FiG. 291 .— Viviania. Fie. 292. — CamelUa. Fie. 293. — Ilugonia.
Corolle tordue. Corolle imbriquée Corolle tordue.
comme le calice.
vrantes par l'autre. Les principales variétés de Timbrication sont les suivantes :
La préfloraison imbriquée -alternative ou décussée
Fic^A.— Hermannia, Fie. 295, 296. — Fusains. Boutons Corolle tordue. à corolle imbriquée.
s'observe avec quatre folioles, dont deux extérieures enveloppent deux intérieures alternes avec elles (fig. 302).
vGooqIc
La. préfloraison vexillaire s'observe avec cinq pièces, comme celles de la coroHe papilionacée (p. 188, 189) dans laquelle Tétendard enveloppe dans le bouton les
FiG. 297 . — Poirier. Diagramme. Le calice et la corolle sont en préfloraison imbriquée-quinconciale.
FiG. 298. — Mauve. Le calice est en préfloraison yalvaire-rédupliquée, et la corolle, tordue.
deux ailes qui elles-mêmes recouvrent les deux pièces de la carène.
FiG. 299. — Berberis. Le calice et la corolle sont doublement trimères, imbriqués.
FiG. 300. — Epimedium. Le calice et la corolle sont mutiples, à \erlicilles dimères.
La préfloraison imbriquée^cochléaire s'observe dans un grand nombre de calices ou de corolles dont unç pièce est tout à fait extérieure, une deuxième tout à fait intérieure, et les trois autres moitié enveloppantes et moitié enveloppées. On en trouve de nombreux exemples dans
vGooqIc
les Solanée^s, Labiées, Scrofulariées, etc., où l'on voit, par exemple^ une division antérieure de la corolle recouverte par les deux latérales. Celles-ci sont elles-mêmes enveloppées par les deux supérieures qui, sur la ligne médiane postérieure de la fleur, se recouvrent l'une l'autre.
La préfloraison imbriquée en quinconce, ou quincon-ciale, est celle dans laquelle cinq pièces sont : deux tout à fait extérieures, deux autres tout à fait intérieures, et la cinquième recouverte, d'un côté et enveloppante de
FiG. 301 . — Rosier. Diagramme.
Le calice et la corolle sont en préfloraison imbriquée-quinconciale.
FiG. 302. — Cochlearia. Diagramme. Le calice est en préfloraison alternative-imbriquée.
l'autre; ex. : calice du Rosier (fig. 301), du Poirier (fig. 297), des Renoncules, de l'Ancolie^ etc., etc.
Il y a des verticilles floraux formés de plus de cinq pièces et dont la préfloraison peut être imbriquée. Avec quatre pièces, comme dans la corolle cruciforme, il y a souvent imbrication, un des pétales étant tout à fait recouvert, un autre recouvrant le troisième et le quatrième enveloppés par un bord et enveloppants par rautre(fig. 302). Avec trois pièces, comme dans beaucoup de Monocotylédones, les Berberis (fig. 299), on voit souvent un sépale recouvert, un autre recouvrant^ et un troisième moitié recouvrant et moitié recouvert.
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DE& PHANÉROGAMES.
ANDROCÉE
L'androcée est l'ensemble des étamines.
Une étaminese compose essentiellement d'une anthère^ contenant le pollen ou poussière fécondante. Celte anthère peut être supportée par un filet y portion éminemment accessoire. Quand le filet manque, l'anthère est sessile.
L'anthère est une poche, souvent allongée dans le sens vertical, mais parfois aussi allongée en travers, ou presque
FlG.
Vochyiia. Anthère biloculaire, entière et coupée en travers.
FiG. 304.
Amaryllis. Êtamine à anthère dorsifixe et versatile.
FiG. 305.
Iris, Anthère ba^ sifixe , dos et face.
globuleuse, ou réniforme, ou aplatie, ou de formes extrêmement variables (fig. 303-347).
L'anthère peut être représentée par une sorte de sac dont la cavité unique renferme le pollen ; on la dit alors uniloculaire. Si elle a en même temps un filet avec le sommet duquel sa base se continue, on la dit basifixe (fig. 303, 305). Mais plus souvent le filet s'insère vers le milieu de la hauteur de l'anthère, soit en dedans, soit en dehors (ùg. 304).
BAILLON. — Bot., ci. de i; .13
vGooqIc
iU
Ordinairement alors, Tanthère s'ouvre par une fente longitudinale qui est située du côté opposé à l'inserlion du filet, et ce côté s'appelle la face de l'anthère, tandis que celui où s'insère le filet, est son dos.
Si la face de l'anthère, avec sa fente longitudinale, regarde le centre delà fleur, l'anthère est mfror«e(fig. 303). Si, ce qui est plus rare, c'est le dos qui regarde en dedans, la face étant tournée vers l'extérieur de la fleur,
FiG. 306.— /l/ii»ophora. Anthère déhiscente.
FiG.307.— 5o/a»M?».
Anthère à faux pores.
Fjg. 308. — Boschia.
Anthères uniloculàires et porricides.
l'anthère est extrorse (fig. 305). Du côté où la loge s'attache au filet, la paroi de l'anthère présente souvent un épaississement plus ou moins prononcé qui s'avance dans l'intérieur de la loge ; mais il ne faut pas confondre cette loge unique, ainsi plus ou moins incomplètement partagée en deux logettes, avec une anthère biloculaire.
Bien plus ordinairement, en effet, les anthères ont deux loges, sont biloculaires. Les deux loges, tantôt introrses, et tantôt extrorses, sont unies l'une à l'autre par une bandelette de consistance variable, qu'on nomme conné'^^t/'et à laquelle s'insère le filet. Le connectif peut aussi être basifixe, s'insérant à la base du filet avec la-
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 195
quelle il est continu (fig. 303, 305). Mais plus souvent le sommet atténué de ce filet vient s'attacher soit sur la face, soit sur le dos du connectif. Dans ce dernier cas, le connectif est dorsifixe (ù§, 304). Assez souvent aussi, c'est au fond d'une étroite cavité conique dont la portion inférieure du connectif est creusée, que s'insère le sommet du filet. Quand le sommet du filet est ainsi très atténué, l'anthère est souvent mobile sur lui. Elle peut alors, au moment de l'épanouissement, se renverser et devenir extrorse
Fig. 309.— Quapoya. Filets mona- Fig. 310. — Cassytha.
delphes. Anthères coUées bords à Ëtamines à anthères
bords et s*ouvrant latéralement. valvicides.
d'introrse qu'elle était primitivement, ou réciproquement. Elle est en ce cas de l'anthère dite versatile.
Très ordinairement, les deux loges de l'anthère sontplus rapprochées l'une de l'autre par leur face que par leur dos. Quelquefois cependant elles sont tout à fait latérales, et la portion du connectif qui leur est interposée est aussi large en dehors qu'en dedans.
Quand une anthère s'ouvre par deux fentes longitudinales, celles-ci sont normalement intérieures avec une anthère introrse ; extérieures avec une anthère extrorse. Hais quelquefois aussi les lignes de déhiscence répondent exactement au bord libre des loges, sont marginales.
11 y a des anthères qui s'ouvrent au sommet, ou quelquefois à la base de leurs loges, par un pore., Dans les 2Lni\ïères parricides (fig. 308), l'ouverture, ordinairement
vGooqIc
circulaire, surmonte quelquefois un prolongement plus ou moins atténué de la loge. On a souvent aussi pris à tort pour un pore plus ou moins allongé une fente courte de
FiG.dii.^ Nectandriu Anthère à quatre panneaux.
FiG.312. — Garcinia. Anthèies s' ouvrant par un couvercle.
l'anthère. Il y a le plus ordinairement, en pareil cas, un sillon de déhiscence occupant toute la longueur de l'anthère, mais ses bords ne se séparent l'un de l'autre que
FiG. 313. — Athero«perma.Anlhère valvicide.
FiG. 314. — Berbe- FiG. Z\5.—Hedyosmum, ris. Anthère val- Anthère en pyramide vicide. renversée.
dans une étendue très restreinte et généralement voisiue du sommet (fig. 307).
On a décrit des anthères à trois loges dans les Pachysfemon. Les Tetratheca doivent leur nom à ce que leur anthère est à quatre loges; fait qui s'observe
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 197
également dans quelques autres plantes. Ces quatre loges
FiG. 316. — />ort/p/iora. Fie. 31 7. — Acrofrema. Fig.318.— Wbrmia.
Étamine accompagnée Anthère basiflxe, à Anthère à fentes
de deux glandes, avec deux loges porrl- courtes et simu-
anthère valvicide. cides. lant des pores.
peuvent s'ouvrir aussi , ou par des pores, ou par des
fentes courtes ou allongées. Dans le Gui, l'anthère s'ouvre par un assez grand nombre de petites solutions de
FiG. 319. — Viola. Deux des cinq étamines ont le connectif prolongé inférieurement.
FiG. 320. — Fumeterre, Une des étamines est éperonnée à sa base qui proémine dans réperon de la corolle.
continuité dont est criblée la face interne de l'anthère. Celle du Garcinia Morella (fig. 312) s'ouvre par un petit couvercle.
Fig. 321. Monimia. Anthère accompagnée de deux glandes basilaires.
Fig. 322. — Meliosma. Anthère à appendice basiiaire cupuliforme. Filet appendiculé.
Il y a aussi des anthères déhiscentes par des panneaux. On les observe surtout parmi les Lauracées (fig. 310, 311)
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES
et les Monimiacées (fig. 313, 316, 321, 323). Chaque anthère présente deux cavités collatérales ou deux paires
•Fig. 323. — Monimia.
Étamine accompagnée de deux glandes.
Fig. 324, 325. — à connectif forme variée.
Popowia, Anthères saillant , de
superposées de logettes, et chaque loge s'ouvre par un petit panneau dont le contour était déjà indiqué par un
Fig. 326, 327.— Popowia. Anthères à loges courtes, sur l'angle d'un connectif de forme variée.
Fig. 328. — Anonella.
Anthère surmontée du connectif triangulaire.
sillon, et qui se relève en demeurant adhérent à l'anthère par un court rétrécissement supérieur.
Tout en demeurant au contact l'une de l'autre, deux loges
vGooqIc
d'une même anthère peuvent être quelque peu inégales, comme il arrive, par exemple, dans le Dryobalanops.
Le connectif peut dépasser les loges de Tanthère, soil en haut, soit en bas. Ces prolongements ont la forme de corne, ou de pinceau, ou de lame aplatie, quelquefois pétaloïde. Dans certaines étamines des Viola^ le prolongement inférieur du connectif ou du filet n'existe que
FiG. 329, 330. — Étamines de Mélastomacées ; prolongements divers du connectif.
d'un seul côté (fig. 319). Les appendices du connectif, de l'anthère et du filet peuvent présenter les formes les plus singulières (fig. 322-337).
La forme du connectif lui-même est très variable. Ce peut être, au lieu d'une étroite bandelette, une écaille aplatie, ovale ou obovale, une expansion foliiforme, ou un ^rc plus ou moins allongé dont les deux extrémités
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.
sont occupées chacune par une des loges. Dans les Sauges, Tune de ces loges est petite, rudimentaire ou même nulle, et le connectif en forme d'arc, est articulé et mobile sur un point voisin du sommet de filet. Un connectif peut avoir la forme d'une tête de clou, portant des logeltes insérées à la face inférieure, ou, tout le long de ses bords, une anthère
fiG. 331, 332. — Étamines de Mélastomacées ; prolongements divers du connectif.
annulaire et continue, comme il arrive dans les Cyclanthera.
Il y a des loges d'anthère sphériques, obovées, en bissac, allongées comme un ver sinueux (fig. 374), etc. Ces formes sont, en un mot, extrêmement diverses.
Au lieu d'être verticale, la ligne de déhiscence d'une anthère peut être oblique ou transversale. Mais ce qu'on décrit le plus souvent comme une ligne de déhiscence
vGooqIc
transversale, c'est, dans une anthère à loges très surbaissées, l'ensemble de deux fentes confluentes par leur som-
FiG. 333,334. -^Ëtamines de Mélastomacées ; . prolongements divers du connectif.
met en une seule ouverture linéaire et béante. Quand les deux lignes de déhiscence se continuent ainsi, occupant le
FiG. 335,337. — /^umiri. Prolongements du connectif.
FiG. 338. — Bocagea. Ëtamiae à connectif apiculé.
dos OU la face de l'anthère, leur réunion forme une ouverture arquée à concavité inférieure, ou hippocrépiforme.
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 203
Le filet de rétamine, quoique le plus souvent étroit et allongé, atténué graduellement de la base au sommet (subulé), peut aussi présenter d'autres formes très variées, n peut être aplati, membraneux, dilaté, foliiforme, denté, découpé de façons diverses. Beaucoup A'Allium ont un
FiG. 339, 340. — Dissochœta. Anthère prolongée intérieurement en queue, vue de dos et de face.
large filet pétaloïde, partagé supérieurement en trois dents dont la médiane seule suppohe Tanthère.
Quand les filets sont élargis ou pétaloldes, ils peuvent se recouvrir les uns les autres dans le bouton, avoir une préiloraison, comme les pétales. Les anthères sont même quelquefois dans ce cas. De plus, chaque filet peut avoir une aestivation individuelle, et tandis que dans la fleur épanouie il deviendra rectiiigne, dans le bouton on le voit chiffonné, replié ou enroulé sur lui-môme, incurvé ou involuté, etc.
vGooQle
Pollen, — La poussière fécondante que renferment les anthères et qui s*en échappe, lors de Tépanouissement des
FiG. 34t. —An- FiG. 342, 343.— Uvaria. An- ¥iG. SU.— Hibhertia.
tholoma. Anthère à connectif apiculé.
thère surmontée d*une dilatation déprimée du connectif, yue de dos et de face.
Anthère courte, à loges ellipsoïdes distinctes.
fleurs ou un peu plus tôt, est souvent formée de grains
FiG. 345,346. — Rinorea. Anthères surmontées FiG.347. — Unonà. d'un prolongement du connectif. Anthère apiculée.
très fins, de couleur variable, mais fréquemment jaunes et deformeségalement très variées (fig. 348-353). Il y en a de
vGooqIc
ORGANOGRAPHIË DES PHANÉROGAMES.
sphériques, d'ellipsoïdes, de cubiques même. Dans les Monocotylédones, ils ont souvent la forme d'un grain de Blé ou d'Avoine, avec un sillon longitudinal d'un seul côté. La même forme est fréquente dans les Dicotylédones, mais avec trois sillons longitudinaux équidistants. Quelquefois le grain de pollen est allongé en baguette. Ailleurs il est polyédrique, assez souvent triangulaire, comme dans
Fie. 348-353. — Grains de pollen divers ; à droite, Tun d*eux projetant sa foyilla.
les Onagrariées (fig. 349), avec trois angles mousses. Sa surface peut être rayée, annelée, à facettes, ou lisse, ou chargée de papilles, d'aiguillons même. Quelquefois il a des formes étranges et qui échappent à toute comparaison. Dans les Conifères, il est souvent formé de trois lobes.
On distingue ordinairement trois parties dans un grain de pollen :
Le liquide intérieur ou fovilla, contenant des granules ou des corpuscules de forme variable, des masses de substance protoplasmique ou des cristaux, des gouttelettes de matière grasse, etc.;
Une enveloppe Intérieure, immédiatement appliquée sur
vGooqIc
â06 COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQtî^.
ce liquide; c'est Vintine ou endhyménine, ordinairement mince, unie à sa surface, transparente, extensible ;
Enfin, une enveloppe extérieure à celle-ci, Yexine ou exhyménine, peu extensible, souvent cassante, plus rigide. C'est celle-ci qui porte à sa surface les dessins, saillies, etc., dont nous venons de parler. Souvent aussi il s'y dessine des soupapes, saillantes ou non, dont le contour est d'abord indiqué par une ligne circulaire, à laquelle répond ensuite une solution de continuité
FiG. 354. — Asclepias, Pollen en masses unies deux à deux.
FiG. 355. — Platanthera. Pollen en masse.
FiG. 856. — Orchis.
Pollen réuni en deux masses.
(fig. 353). C'est par là que sort l'intine, quand, distendue outre mesure, elle vient faire hernie au dehors.
Il y a des pollens pulvérulents dont des grains sont reliés les uns aux autres par des filaments ténus, restes des cavités dans lesquelles se sont formés ces grains» Ailleurs, comme dans les Orchidées, les Asclépiadacées, les grains sont unis et comme soudés entre eux , ou au moins rattachés les uns aux autres par une substance molle et élastique qu'on peut distendre par une légère traction. En pareil cas, le pollen est dit en masses. Ces masses sont supportées par un caudicute, sorte de tige étroite qui se termine par un renflement glutineux ou
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. ÎÙl
glanduleux y emprunté à Torgane femelle, et finalement détaché de ce dernier. On le nomme rétinacle; et à un même rétinacle aboutissent un ou deux caudicules terminés par une masse pollinique (fig. 354-356).
Adelphie et Syngénésie des étamines. — Les étamines sont souvent libres dans toute leur étendue ; mais parfois elles s'unissent entre elles par leurs filets; il y a alors adelphie.
Si tous les filets staminaux d'une même fleur s'unissent
Fig. 357. — Mauve, Fig. 358. — Dalecham- Fig. 359.— iîiciwo- Etamines unilocu- pia. Fleur mâle; éta- carpus. Examines laires, monadelphes, mines monadelphes. monadelphes.
dans une étendue variable en une seule masse, il y a monadelphie (fig. 357-359). S'ils s'unissent en deux masses, il y Sidiadelphie. La diadelphie est égale, quand chacun des deux faisceaux comprend un même nombre d'élamines, et inégale, quand ce nombre est différent. La diadelphie est aussi inégale que possible dans la plupart de nos Légumineuses-Papilionacées où l'on compte
vGooQle
dix étamines, dont neuf constituent par leur union un seul faisceau.
Il y a triadelphie^ tétradelphie, etc., quand les filets starainaux sont unis en trois (fig. 369), quatre, etc., faisceaux ; et polyadelphie, quand le nombre de ces faisceaux est indéfini. La polyadelpliie peut êlre égale (fig. 368); ou
Fig. 360. — Chiranthodetidron. Fleur entière, à cinq étamines monadelphes.
inégale, lorsque, comme dans les Orangers et autres CitruSy on peut dire qu'il n'y a pas deux faisceaux qui comprennent le même nombre d'éléments (fig^. 375).
L'adelphie peut être réelle et congénitale ; mais parfois aussi' elle est apparente. Dans beaucoup de Composées, dites monadelphes, comme les Tyrimnus, les Silybumy
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 209
les filets des étamines, primitivemenU libres, se collent
FiG. 361. — Chiranthodendron. Fleur coupée en long, à cinq étamines monadelphes.
ensuite les uns aux autres par des poils courts qui occu-
FiG. 362. — Trichi' FiG. 363.— Swic- FiG. 364. — Garcinia. lia, Ëtamines mo- ienia. Étamines Étamines pentadelnadelphes. monadelphes. phes.
pent leurs bords: ce n^est pas là une adclphîe réelle/ BAiLtONi -^ Bot.i ci. de 4,*, U
On nomme syngénésie Y union des étamiaes par leurs
Fi6. 365. — Baobab, Èiamines monadelphes;
anthères. Elle est rarement réelle; mais le plus souvent
FiG. 366, 367.— Melaleuca. Étamines pentadelphes. les anthères, primitivement indépendantes, se '»,ollent par
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 211
leurs bords. Elles forment ainsi un tube qui, dans les Composées, par exemple (fig. 372, 373), est ordinairement
FiG. 368. — Vismia. Étamines Fig. 369. — Milleprtuie
pentadelphes ; faisceaux oppo- d'Egypte. Étamines tria-
sitipétales. delphes.
parcouru parle style; et celui-ci en s'allongeant, ramasse,
Fig. 370. — CanrfoHca. Étamines Fig. 371. — Symphonia. pentadelphes. Étamines pentadelphes.
à l'aide de poils particuliers, le pollen déjà versé dans l'intérieur dutube parles anthères ouvertes avant la floraison.
vGooqIc
Linné a distingué plusieurs de ses classes de plantes sous les noms de Monadelphiej Diadelphie,,., Polyadel-
FiG. 372. — Nassauvia, Étamines Fig. 373. — Chardon, Étamines syngénèses et appendiculées. syngénèses.
pAte, Syngénésie. Il admettait aussi une classe nommée Oynandrie dans laquelle il plaçait les plantes dont les
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.
étamines sont unies au style, comme il arrive dans les Orchidéesy les Aristoloches, les Stylidium^ etc.
FiG. 374. — Acalypha. Anthère FiG. 375. — Oranger, Étamines à loges vermiculaires. polyadelphes.
Nombre et situation des étamines. — Linné distinguait
FiG. 376, 377. — Tetracera. Étamines de formes diverses.
un certain nombre de classes de plantes par le nombre des étamines; c'est ainsi qu'il établit les groupes qu'il
vGooqIc
nomme: Monandrie^ Diandrie, Triandrie, Tétrandrie^ Pentandrie, Hexandrie, Heptandrie, Octandrie^ Ennéandrie, Décandrie, suivant que la fleur comprend une (fig. 378-380), deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf ou dix étamines. Sa Dodécandrie est formée de plantes dont la fleur a une douzaine d'étamines; et les classes qu'il nomme Icosandrie et Polyandrie sont celles
FiG.SlS,— Htppuris. Fig. 379. — Lacistema, FiG,3%0.—Centranthu8. Fleur monandre. Fleur monandre. Fleur monandre.
qui renferment des fleurs à étamines en nombre indéfini; mais leur insertion est difi'érente dans ces deux derniers groupes : périgyne dans le premier, et hypogyne dans le second.
Très souvent les étamines sont en même nombre que les pièces du calice ou de la corolle ; il y a alors isostémonie. Dans le cas où il y a, par exemple, cinq étamines avec cinq pétales, les premières sont le plus souvent allernes avec les derniers^ comme dans les Solanées, les Borraginées, les Convolvulacées, les Ombellifères, les Rubiacées, les Campanulanées, etc. Mais parfois aussi
vGooqIc
ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.
elles sont en face d'eux, elles leur sont superposées^ comme il arrive dans les Primulacées, les Myrsinées, les Rhamnées, les Santalacées, les Loranthacées, etc»
FiG. 381-383. — Valériane.^Fleur triandre, entière et ses deux moitiés.
Presque aussi souvent Fandrocée est diplostémoné. Il y alors presque toujours cinq étamines, par exemple^
FiG.384. — Vella, Élamines létradynames, les quatre grandes unies deux à deux.
FiG. 385. — Bunias. Étamines tétradynames, les deux laté- ' raies plus petites.
superposées aux sépales, et cinq aux pétales, comme dans les Géranium^ les Hédiciniers, les Erythroxylon, les
vGooqIc
OxaliSy les Spondias^ les Gomarts, etc. Ces étamines sont généralement alors inégales ; il y en a cinq grandes et cinq plus petites, ces dernières souvent, mais non constamment sup.erposées aux pétales. Avec quatre étamines, comme celles des Labiées, Sci^ofulariées, Bignoniacées, etc. (fig. 387), il y en a deux plus grandes et deux plus petites ; auquel cas il y a didynamie.
Les Crucifères ont ordinairement six étamines dont deux plus petites ; il y a alors tétradynamie (fig. 384-386).
Fig. 386, — Giroflée. Étamines Fig. 387. — Muflier. Androcée tétradynames. didyname.
Ailleurs ily ai anisostémoniey soit parce que le nombre des étamines est,avec une fleur à cinq parties,moindre que cinq, ou intermédiaire à cinq et à dix, ou plus considérable que dix. L2Lpléiostémonie suppose même dans certaines fleurs, comme celles des Rosiers, des Myrtes, etc., un nombre très considérable d'étamines. Comme on pourra le voir en étudiant les questions de symétrie florale S les causes de
1. Voyez à ce sujet le traité élémentaire pour la Classe de philosophiCy de H. Bâillon, p. 168-175.
vGooqIc
OftGANOGRAPHIE DKS PHANÉROGAMES. î\1
la pléiostémonie seront le plus souvent, ou le dédouble-ment y ou la multiplication. Dans la première, une élamine sera remplacée par deux ou plusieurs étamines tenant la place d'une seule; dans la dernière, c'eèt le nombre des verticilles de Tandrocée qui est augmenté : au lieu d'avoir un ou deux verticilles de cinq étamines, une fleur pentamère, par exemple, en aura trois, quatre ou davantage,
STAMINODES
^ C'est le nom des étamines stériles. Elles peuvent être réduites au filet ou à une anthère rudimentaire, sans pollen. Ou bien elles deviennent glanduleuses, nectari-
FiG. 388. — Lopeûa. Fleur à deux étamines, dont une stérile, en bas, transformée en staminode pétaloïde.
fères. Ou bien encore elles se développent en lames pétaloides et représentent dans la fleur comme des pétales complémentaires. Dans le Lope;2:ia (fig. 388), par exemple.
vGooqIc
qui a deux élamines, Tune d'elles devient un pétale et ù*a pas d'anthère. Dans le Balisier (Canna) y qui a trois élamines, deux d'entre elles deviennent des pétales surnuméraires, et de même la moitié de la troisième qui se trouve ainsi réduite à n'avoir qu'une demi-loge d'anthère fertile. La fleur du Gingembre présente sur la ligne médiane un labelle pétaloïde qui n'est autre chose qu'un staminode modifié. Nous considérons aussi comme des
FiG. 389.— Sterculiq. ¥iG.^)èO.— Hellébore. FiG. 391. — Co/cowcmtf. Étamioes stériles (sta- Staminode en forme Staminode en forme de minodes) ayant la de cornet dont le languette logée dans ua forme d'étamines fer- fond est nectari- sillon interne de la tiles. fere. base du pétale.
staminodes les organes intérieurs aux sépales d'un grand nombre de Renonculacées et qui leur sont souvent superposés. On les a désignés sous le nom de nectaires et beaucoup d'auteurs les regardent comme des pétales (fig. 390).