‹ Cours Élémentaire de BotaniqueChapitre 29 sur 71 · GYNÉCÉE · texte numérisé non relu

GYNÉCÉE

Dans la. fleur du Muscadier (fig. 196-198) dont il a été question plus haut (p. 147), le gynécée représente un sac, Vovaire, dans lequel se trouve unovule. Vers le sommet de l'ovaire il y a une petite surface chargée de papilles

vGooqIc

ORGANOGRAPIIIE DES PHANÉROGAMES.

qu'on appelle stigmatiques. Cesjpapilles se recouvrent à l'époque de la floraison d'un suc visqueux sur lequel se fixent les grains de pollen. Le sac que représente Tovaire

FiG. 392. — Arum, Ovaire FiG 393, 394. —Co/adium. Le sommet cowonnéd'unpetitbouquet large et déprimé de Tovaire est tout de papilles stigmatiques. tapissé de papilles stigmatiques.

est considéré comme une feuille dite carpellaire, ou carpellCy repliée sur elle-même de façon à enclore la cavité ou loge qui renferme l'ovule.

Dans le Pied-de-veau (Arum), si commun dans nos

FiG. 395, 396. — Aglaonema, Ovaire entier et coupé en long, surmonté d*un style épais à sommet élargi stigmattque.

bois au premier printemps, le carpelle forme de même une loge ovarienne dont le sommet déprimé porte un petit bouquet de papilles stigmatiques (fig. 392), et dans lequel il y a quelques ovules, au lieu d'un seul. Pas plus que dans le Muscadier, ces ovules ne sont libres; ils sont attachés sur un renflement de la paroi ovarienne, qu'on nomme placenta»

vGooqIc

Le Philodendron (fig. 399,400) et le Caladium (fig. 393, 394) ont aussi la portion supérieure de Tovairc chargée (de tissu stigmatique. L'Ortie (fig. 406) est dans le même cas.

Dans VAglaonema (fig. 395, 396), plante très analogue

Fig. 397, 398. — Colocase. Ovaire surmonté d'un style très court et large, déprimé au centre et stigmatifère.

Fig. 399, 400.— Philodendron, Le sommet de l'ovaire est couvert d'une plaque de papilles stigmatiques.

à VAruMy l'ovaire est couronné aussi d'une petite surface papilleuse, stigmatique; cependant celle-ci repose, non pas directement sur Tovaire, mais sur une saillie à peu près cylindrique, courte et épaisse, qu'on nomme le style.

Fig. 401, 402. — Colocase.

Ovaire surmonté d'un large et court style dont la surface supérieure est stigmatique.

Fig. 403, 404.— Arisarum. L'ovaire est surmonté d'un style dont le sommet renflé est stigmatique.

Dans l'Arisar (fig. 403, 404), autre plante du même groupe naturel, de la même famille que VArum, ce style, au lieu de demeurer épais et court, s'allonge en une colonne grêle et dressée, le style, ici bien plus distinct et

vGooqIc

ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 221

couronné également à son sommet renflé de papilles stigmatiques.

Un semblable gynécée est considéré comme complet; il

FiG. 405. — Renoncule. Car- Fig, 406. — Ortie. Ovaire courooné pelle à style court, stigma- d'un bouquet sessile de poils stigtique d'un côté. matiques.

se compose (fig. 423) d'un ovaire, d'un style et de l'extrémité pàpilleuse de celui-ci, dite stigmate. Dans Y Arum ^

FiG. 407. — Ptermdra.lSiyles gynobasiques.

dont le gynécée est incomplet, c'est le style qui manque, et le lissu stigmatique est alors sessile sur l'ovaire.

Au lieu d'un seul carpelle, le gynécée peut en présenter deux ou trois, comme dans les Cabombay les Menispermum, etc.> chacun d'eux comportant son ovaire distinct^

vGooqIc

m COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE.

surmonté de son style propre dont le sommet est stigma-^ tifère. D'aulrès plantes ont le gynécée composé de quatre carpelles, comme le Rhodotypos (fig. 219), certains Cla-

FiG. 408. — Suriana. Styles Fig. 409, 410.— Fraisier. Style gynobasiques. gynobasique.

veliers; de cinq carpelles, comme V Héritier a y le ConnaruSy le CnestiSy le Buchanania, le Quassia^ le Su-

Fig. 411. — Ochna, Style gynobasique.

riana (fig. iOS),YOchna (fig. 411), le Candotlea (fig. 414); de six carpelles comme le Butome. Les fleurs des Ronces (fig. 220), des Rosiers (fig. 218), du Doryphoray du Mo-

vGooqIc

ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 223

nimia, du Mollinediay des Renoncules, des Uyosurus (fig. 212, 213), etc., en ont un nombre indéfinL Quand deux ou plusieurs carpelles sont rapprochés pour

Fig. 412. — /caçtfier. Style gynobasique. Fig: 413. — Stylo-

Ovaire uniloculaire libre et supporté basium. Style gy-

par un pied court. nobasique.

constituer le gynécée d'une fleur, ils peuvent se toucher sans affecter entre eux aucune adhérence, ou bien s'unir

Fig. 414.— Candollea. Gynécée à cinq carpelles libres.

par quelqu'une de leurs portions. Quelquefois c'est par les styles, comme il arrive pour les deux carpelles du Laurier-Rose, ou les cinq carpelles du Quassia, Hais

vGooqIc

fU COURS ÉLÉMENTAIRE DE BOTANIQUE.

bien plus souvent c'est par rovaire. En ce cas les styles

FiG. 415. — Hibbertia. CarpeUes indépendants, demeurent indépendants ou deviennent unis dans une.

FiG. 416. — Monbin. CarpeUes FiG. 417. — Pruiùer (Amandier).

indépendants. Gynécée unicarpeilé.

étendue variable de leur hauteur, ou même dans toute

FiG. "418. — Adenostoma. FiG. 419. — Aigremoine, Carpelles Gynécée unicarpeilé. indépendants.

leur étendue. On observe alors, vers le sommet du style^

ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES.

OU une surface stigmatifère commune, unique, ou des branches, des lobes plus ou moins prononcés, ordinairement chargés de papilles stigmatiques. Chacune de ces branches ou lobes, qui représente généralement le som-

FiG. 421 . — Seguieria.

' Style ailé.

YiG.Jm. — Ventilago. Yic.i'i^—Acalypha, Fie. 423. —Gynécée,

style dilaté des deux Style partagé en Stij., style; stig,,

côtés en aile verli- trois branches très sa portion stigma-

cale. ramifiées. tique ; o, ovaire.

met d'un carpelle, peut être plus ou moins profondément découpé (fig. 422, 428), partagé, comme la portion supérieure de certaines feuilles caulinaires.

Dans le cas d'union complète de deux ovaires par leur portion ovarienne, si chacune des cavités demeure complètement intacte en s'accolant à l'autre, leur réunion constitue un ovaire à A&\x\logeSy elles-mêmes complètes,

BAILLON. — Bot., cl. de i». 15

vGoosIe

séparées par une double paroi commune, ou cloison inlerloculaire. L'ovaire est alors biloculaire.

De même, trois, quatre, cinq ou un nombre quelconque de carpelles forment, par leur réunion, dans de semblables conditions, un ovaire à trois, quatre, cinq loges, ou à un nombre indéfini de loges (triloculaire, quadriloculairey quinquélociilaire...,pluriloculaire, multiloculaire). Les styles répondant à chaque loge, peuvent en ce cas s'unir jusqu'au bout en une colonne unique, ou demeurer com-

FiG. 424 — CantiUum. blyie ù exlréniilé dilalée en champignon.

plètemeiit indépendants les uns des autres, malgré l'union des ovaires, ou ne se séparer les uns des autres que dans une portion plus ou moins considérable de leur étendue. Pour indiquer la longueur de cette portion, on emploie (à tort, peut-être) les expressions de denté, crénelé, fide, lobé ou partite, qui servent, comme nous l'avons vu, à désigner la profondeur plus ou moins considérable des découpures d'une seule et même feuille.

Ailleurs plusieurs carpelles se réunissant en une seule masse ovarienne, il peut arriver, comme dans les Bixa, les Samyda (fig. 429), Ryania, Hontalium^ Da tisca (fig. 428), Argenione (fig. 425), Gleome^ Cistes, Millcperluis, etc., que cette portion ovarienne ne soit point

vGooqIc

ORGANOGRAPHIE DES PHANÉROGAMES. 227

coiuplèlemeiit close, mais plus ou moins largement ouverte

FiG. 426. — Ruyschia. Placenta axile; ovaire triloeulaire.

FiG. 425. — Argemone. Ovaire uniloculaire à placentas pariétaux peu saillants.

FiG. 427. — Jacintlte. Ovaire triloculaire, à placentation axile, coupé en travers.

en dedans; auquel cas c'est par leurs bords que s'unis-

FiG. 428. — Datisca. Ovaire uniloculaire à placentas pariétaux et multiovulés.

FiG. 429. — Samyda. Ovaire uniloculaire à trois placentas pariétaux et multiovulés.

sent ces carpelles : mais aussi alors, l'ovaire ne renferme

vGooqIc

qu'une cavité. Et toutefois, il importe de bien distinguer un pareil ovaire uniloculaire de celui dont la loge unique n'est formée que par un seul carpelle replié sur lui-même ; et nous pouvons dès à présent dire que l'ovaire uniloculaire dont nous venons de parler en dernier lieu, ne possède qu'un seul placenta; tandis que dans celui que constituent plusieurs feuilles carpellaires, le nombre des placentas est le plus souvent égal à celui de ces feuilles.

Fausses-cloisons. — La cavité d'un ovaire constitué par une seule feuille carpellaire peut être partagée en deux ou plusieurs compartiments. Les lames de séparation de ces cavités secondaires sont des fausses-cloisons. Dans les Astragales, par exemple, l'ovaire est partagé en deux moitiés égales, latérales, par une lame verticale. De même un ovaire formé par deux ou plusieurs feuilles carpellaires peut avoir ses deux ou plusieurs loger dédoublées par une fausse-cloison. Tel est l'ovaire des Lins, qui n'a que cinq loges réelles, divisées chacune par une fausse-cloison verticale. Ailleurs, ces fausses -cloisons sont horizontales ou plus ou moins obliques ; elles peuvent même isoler, dans une logette à part, comme dans les Casses, chacun des ovules que contient l'ovaire.

Page 1