IX. — COMPOSÉES
Les fleurs des Composées sont souvent régulières, et en pareil cas, on peut dire qu'elles ne diffèrent de celles des Rubiacées que par deux caractères : leurs étamines syngénèses (d'où vient le nom de Synanthérées) (fig. 372, 373) et leur ovaire uniloculaire et uniovulé (fig. 744). Leur réceptacle concave et dans lequel est logé l'ovaire infère, ne porte pas sur ses bords de calice ;. mais assez souvent celui-ci est remplacé par une aigrette formée de soies, d'écaillés, de lames, de forme et de taille variables, souvent persistantes au soiomet du fruit (fig. 498, 500-502). Les corolles régulières sont tubuleuses, à quatre ou cinq divisions valvaires, et les étamines, insérées sur elles en général, ont leurs anthères biloculaires et introrses. Le tube qu'elles forment est parcouru par le style, entier ou à deux branches de forme très variable/ et les poils collecteurs que porte celui-ci ramassent dans ce tube le pollen déjà sorti des anthères, pendant que le style s'allonge dans cette sorte de gaine dont il dépasse bientôt le sommet (fig. 744). L'ovaire, souvent surmonté d'un disque, renferme un ovule anatrope, inséré près de sa base, et le fruit est presque toujours un achaine couronné ou non de l'aigrette. L'embryon dépourvu d'albumea (fig. 745), est charnu et huileux ; sa racine est inférieure.
Le nom de Composées vient de leur inflorescence en capitules (fig. 743). Un grand nombre de petites fleurs
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telles que celles que nous venons de décrire, sont réunies sur un réceptacle commun, de forme très variable, et entourées de bractées formant un involucre (fig. 147- 149). Quand toutes les fleurs du capitule sont ainsi pourvues d'une corolle régulière ou à peu près, encore appelée fleuron, les Composées sont dites Tubuliflores, et cette disposition se rencontre dans les Chardons, TArtichaut (fig. 149) et le Cardon, les Centaurées, les Echinops
Fig. 743. — Soleil. Capitule, coupe longitudinale.
(fig. 245), le Carthame ou Safran bâtard, les Eupatoires, les Guaco et les Vernonia (fig. 498).
Dans les Liguliflores, la corolle est dite demi-fleuron, quoiqu'elle soit complète ; mais comme elle est fendue en dedans, ses cinq divisions sont déjetées en dehors (fig. 280). C'est ce qu'on observe dans les Chicorées et dans toutes les plantes qu'on place dans la même tribu qu'elles, notamment les Hieracium (fig. 506), Catanance, Tolpis, CrepiSy Picris, les Scorzonères et Salsifis, les Laitues (fig. 501), les Pissenlits, les HypochœriSy les Lapsana, le Scolyme ou Cardon d'Ësp.agne, etc.
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Les Labiatiflores, comme les Mutisia (fig. 284), Nassauviay Gerbera, Moscharia, BamadesiUy plantes exotiques, ont la corolle bilabiée, avec deux lèvres inégales.
On a nommé Radiées ou Corymbifères, les Composées dont les capitules ont les fleurs centrales (dites du disque)
à corolle réguliè- — re, et celles de la
périphérie (dites du rayon) à corolle ligulée ou hémiligulée.
Ce sont les plus nombreuses de toutes, notamment chez nous où cette tribu est représentée par les Tussilages, les Erigeron, les
FiG. 744. — Soleil. Fleuron, Fie. 745. — SoleU. Fruit, coupe longitudinale. coupe longitudinale.
Conyzay les Aster, les Verges-d'or, les Pâquerettes, TArnica, les Soleils (fig. 277, 743^745), les Séneçons, la Tanaisie, TArmoise, l'Absinthe, l'Estragon, les Chrysan* thèmes, les Camomilles» les Pyrèthret, les Achillées, les Santolines, les Aunées, les Dahlias (ûg» 88), les Gna* phaliumy les Helichryêum et Us Soucis.
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Les fleurs des Composées sont souvent unisexuées, ou même neutres, soit celles du disque, soit celles du rayon ; il y a alors Polygamie, et les anciens auteurs en ont même distingué dans cette famille plusieurs sortes, qu'ils ont appelées : nécessaire, superflue, frustranée et égale. La fécondation y est très fréquemment croisée.
Les organes de végétation sont très variables dans cette famille. On y trouve des racines pivotantes charnues, comme celles des Salsifis, des racines fasciculées épaisses, comme celles du Dahlia (fig. 38) ; des rhizomes succulents et gorgés d'inuline, comme ceux du Topinambour (fig. 743, 744) qui est un Hélianthe; des feuilles grasses, comme il arrive surtout dans les espèces du Cap; des feuilles membraneuses, entières ou plus ou moins profondément découpées, alternes ou opposées, sans stipules. Les capitules sont solitaires ou réunis en cymes(fig. 167), en glomérules, en corymbes, en épis. Ce sont parfois des capitules de glomérules (fig. 169) ou de cymes.
Leurs propriétés sont aussi très variables, parce que les principes qu'elles renferment diff'èrent d'une tribu à l'autre. Les Chicoriées, et en général les Liguliflores, contiennent un suc laiteux, souvent acre, et avec lui un principe amer, très développé dans la Chicorée sauvage. Les Corymbifères sont souvent aussi amères, mais elles sont riches en essence; ce qui les rend aromatiques, stimulantes, enivrantes même, comme l'Absinthe. Les capitules de V Arnica sont célèbres comme vulnéraires. Les réceptacles de plusieurs Carduées sont comestibles, notamment ceux de l'Artichaut. On a aussi mangé celui de l'Hélianthe- Grand-Soleil (fig. 745) dont les graines fournissent une huile alimentaire, servant parfois à engraisser les volailles. Le Madia et le Guizotia sont encore des plantes à ' embryon oléagineux. Les Laitues ont souvent des feuilles comestibles, de même que les Pissenlits et les Chicorées qui, blanchies par l'étiolement, perdent beaucoup de leur amertume et de leur âcreté ; mais il y a des Laitues très vénéneuses, comme le Lactuca virosa (û^. 501).
BAILLON. — Bot., cl. de 4*. 23