XI. — CUCURBITACÉES
Les Cucurbitacées ont été rangées par les uns parmi les Gamopétales et par les autres parmi les Dialypétales, parce qu'en effet, suivant les genres qu'on examine, la corolle a les folioles unies ou indépendantes. Dans les Courges ou Potirons (Cucurbita), elle est campanulée, à cinq divisions parfois peu profondes. Les fleurs sont ordinairement unisexuées. Dans les mâles (fig. 748), il y a un petit réceptacle cupuliforme, dont les bords portent cinq sépales étroits, en dehors de la corolle, et en dedans, cinq étamines primitivement alternipétales. Dans nos Cucurbitacées indigènes, ces étamines sont triadelphes, quatre d'entre elles étant entraînées dans le plan horizontal, de façon à se rapprocher deux à deux et à former un groupe oppositipétale, tandis que la cinquième demeure alternipétale. Elles ont des anthères extrorses, uniloculaires, flexueuses, sigmoïdes et déhiscentes par une fente médiane qui suit les sinuosités de leurs contours. Dans la fleur femelle (fig. 749, 750), le réceptacle s'étrangle au-dessous de sa portion cupuliforme, en un col étroit et court au-dessous duquel il se dilate en un sac sphérique ou ovoïde dans lequel est logé l'ovaire infère. Un style à trois branches stigmatifères épaisses et flexueuses, surmonte l'ovaire, et celui-ci renferme trois placentas pariétaux qui s'avancent vers le centre jusqu'à se toucher par leur sommet triangulaire. Sur les bords ils s'infléchissent et portent à ce niveau de nombreux ovules ana-
tropes, à peu près horizontaux. Les élamines sont réduites à des^ staminodes épigynes. Le fruil est une grosse baie,
Fie. 748-750. — Potiron. Fleur màle, le calice et la corolle coupés en travers et à la base. Fleur femelle, le calice et la corolle coupés de même. Ovaire coupé en travers, dans sa portion supérieure.
coriace vers la surface, et dont la pulpe comestible renferrae beaucoup de graines allongées, aplaties et sans albumen (fig. 754, 755).
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Les Courges sont des herbes grimpantes ou couchées sur le sol, annuelles ou vivaces, à feuilles alternes. Leur aisselle renferme une vrille latérale qui est une branche avortée, contournée elle-même, ainsi que les feuilles
FiG. 751-753. — Ecballium. Étamine double, vue de dos et de face. Ëtamiae simple.
réduites qu'elle porte; c'est cette vrille enroulée en spirale qui fixe la plante aux corps voisins. Les fleurs sont axillaires et ordinairement monoïques.
La Coloquinte, qui appartient au genre CitrulluSy res-
Fic. 754, 755. — Coloquinte. Graine, entière et coupée en long.
semble beaucoup aux Courges ; mais ses pétales sont libres. Son fruit a, sous une enveloppe coriace, une pulpe abondante, très amère et qui s'emploie desséchée comme purgatif énergique. Tandis en effet que beaucoup de
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plantes de cette famille, comme les Melons, les Concombres, les Pastèques ou Melons d'eau, ont des fruits doux, alimentaires, parfumés, beaucoup d'autres espèces sont acres et vénéneuses. L'épaisse racine de la Bryone dioïque est dans ce cas ; on l'a souvent nommée Navet du diable. Cette plante, qui s'accroche à nos haies, a des petites baies. UEcballium (fig. 751-753) a un fruit allongé, à suc également acre, qui s'ouvre à sa base par séparation brusque du sommet de son pédoncule, et lance élastiquement par l'ouverture les graines avec le liquide intérieur du péricarpe. Il y a dans les pays chauds des deux mondes des Cucurbitacées dont les cinq étamines demeurent indépendantes, allerni pétales, avec une anthère uniloculaire ; on les nomme Feuillées ou Nhandirobées. Il y en a aussi dont le fruit est sec et déhiscent, et d'autres, comme les Chayottes, les Sicyos, les Sicydium, dont Tovaire est uniovulé.
G. —DICOTYLÉDONES POLYPÉTALES ET APÉTALES