III. — RUTACÉES
Les Rues (Rutà) se rapprochent beaucoup des Géranium par leur organisation florale. Elles ont certaines fleurs pentamères (fig. 759) ; auquel cas elles présentent.
Fie. 759. — Rue. Fleur, coupe Fie. 760. — Rue.
longitudinale. Fruit déhiscent.
sur un réceptacle floral convexe, cinq sépales quinconciaux, cinq pétales imbriqués ou tordus, cinq étamines alternipétales, à anthères introrses, biloculaires, et cinq étamines aiternisépales. Ces étamines sont mobiles sur le réceptacle
et se portent tour à tour de dehors en dedans. Au-dessus dupérianthe et de l'androcée, le réceptacle porte un disque hypogyne glanduleux, au-dessus duquel sont cinq ovaires oppositipétales. Chacun d'eux donne naissance en haut et en dedans à un petit style qui va se joindre aux quatre autres pour constituer une colonnette, stigmatifère à son sommet. Dans l'angle interne de chaque ovaire se trouve un placenta pluriovulé. Les ovules sont anatropes. Le fruit est formé de cinq follicules, déhiscents en haut et en dedans et renfermant plusieurs graines albuminées. Le Ruta graveolenSy souvent cultivé dans nos jardins, est une herbe vivace, à feuilles alternes, composées, très découpées, sans stipules. Ses fleurs jaunes sont disposées en cymes ; la fleur terminale est souvent pentamère, et les autres, tétramères. L'odeur énergique de cette plante irritante est due aux amas d'essence dont ses diverses parties, notamment ses feuilles, sont chargées et qui, vus par transparence, représentent de petits réservoirs translucides, punctiformes.
Les Fraxinelles, qui sont des plantes ornementales, ont une si grande abondance de ces réservoirs à essence, que l'on peut par un temps chaud enflammer les vapeurs qui s'en dégagent dans l'air et y produire comme un petit incendie. Leur corolle est irrégulière, et leurs loges ovariennes sont ordinairement triovulées.
Les Galipea sont des Rutacées de l'Amérique tropicale, à fleurs aussi irrégulières, mais à pétales unis dans une étendue variable et à androcée formé de cinq à huit étamines seulement. Le G. febrifuga est célèbre par la production de l'écorce d'Angusture vraie.
Les Diosma(ûg. 763) sont des petites Rutacées du Cap» à fleurs isostémonées et à carpelles biovulés. Ils ont donné leur nom à une tribu des Diosmées dans laquelle figurent lés BuchUy médicaments aromatiques du Cap, fournis par des Barosma.
Les Quassia{û^. 761, 762) sont des Rutacées non aromatiques, de l'Amérique tropicale, qui ont un fruit multiple formé de cinq baies monospermes. Leur bois est très
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amer, de même que celui du Picrœna, plante voisine, des Antilles, dans le tronc de laquelle on tourne les gobelets amers, dits vulgairement de Quassia,
Les Zygophyllées et les Aurantiées sont des Rutacées à carpelles non indépendants, unis en un ovaire pluriloculaire. La plus utile des Zygophyllées est le Gaïac, arbre de
FiG. 761, 762.
Quassia. Fleur. Gynécée.
FiG. 763. — Diosma. Fleur, coupe longitudinale.
TAmérique centrale, à bois très dur, employé dans l'industrie et en médecine.
Les plus connues des Aurantiées sont les Citrus qui comprennent les arbres aux citrons (C. Limonium), aux oranges douces (C. Aurantium)^ aux oranges amères (C. Bigaradia)y aux cédrats (C. medica). Ils ont des fleurs à pétales très odorants, dont on fait notamment Teau de fleur d'orange et dont le fruit jaune est très riche extérieurement en réservoirs d'huile essentielle. La pulpe acide ou douce de ces fruits (fig. 488) est formée
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par des poils internes du péricarpe, gorgés d'un liquide particulier et qui se prolongent intérieurement jusqu'au contact des graines en nombre indéfini, dépourvues d'al-
Fic. 764. — Zygophyllum. Fie 765. — Limonia. Fleur,
Fleur, coupe longitudinale. coupe longitudinale.
bumen et souvent polyembryonées. Les fleurs de ces arbustes, d'origine asiatique, sont encore remarquables par la polyadelphie inégale (fig. 375) de leur androcée.