VII. — RENONCULACÉES
Les Renonculacées représentent une famille compliquée et hétéromorphe, dont l'étude d'un seul type ne peut donner une idée satisfaisante.
Une Renoncule, telle qu'un Bouton d'or (fig. 771), a des fleurs dont le réceptacle plus ou moins convexe porte cinq sépales et cinq pétales alternes, imbriqués. La base
Fig. 771. — Renoncule. Kic. 772. — Anémone. Fleur, coupe
Fleur. longitudinale.
de chaque pétale porte une fossette souvent protégée par une écaille interne (iig. 266). Les étamines hypogynes sont en nombre indéfini, insérées suivant une spirale continue et pourvues d'une anthère basifixe, à lignes de déhiscence marginales ou peu s'en faut. Les carpelles sont aussi disposés dans Tordre spiral sur la portion supérieure du réceptacle et en nombre indéfini. Chacun d'eux a un ovaire uniloculaire, surmonté d'un style arqué, stigmatifère en haut d'un côté (fig. 405). Il renferme un ovule ascendant, anatrope, et à micropyle inférieur et extérieur. Le fruit multiple est formé d'achaines, et la graine ascendante est
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PRINCIPaIeS familles de phanérogames. 369
albuminée. Les Renoncules sont des herbes (fig. 29), à feuilles alternes, et entières ou découpées, à fleurs terminales, solitaires ou réunies en cymesombelliformes; elles sont ordinairement très vénéneuses.
Les Anémones n'ont pas de corolle, mais un calice
FiG 773. — Clématite. Fleur, coupe longitudinale.
coloré, imbriqué et un ovule descendant. Les Clématites (fig. 503, 773) ont la fleur et l'ovule des Anémones, avec le calice ordinairement valvaire. Ce sont le plussou-
FiG. 774. — Aticolie. Fruit multiple, FiG. 775. — Hellébore. Fleur, formé de follicules. coupe longitudinale.
vent des lianes à feuilles opposées. Les Actées ont les fleurs des Clématites, avec un périanlhe imbriqué. Quelques-unes n'ont qu'un carpelle, et dans TActée en épi, il devient un fruit charnu.
Le Populage des marais (Caltha) a la fleur (fig. 16i) d'une Anémone, mais les ovules sont nombreux dans BAILLON. — Bot., cl. de 4*. 24
chacun de ses carpelles, et son fruit est un follicule. Ses graines sont arillées (fig. 630, 631). Les Pivoines, à tige parfois ligneuse, ont les fleurs d'une Renoncule, mais avec des carpelles multiovulés de Caltha^ des follicules polyspermes et un réceptacle légèrement concave, qui y rend rinsertion un peu périgynique (fig. 480). Les Hellébores ont des fleurs de Caltha, avec, entre les sépales et les élamines, des cornets nommés nectaires (fig. 390, 775) qui paraissent être des staminodes. Les Ancolies ont des sépales colorés, des pétales éperonnés
Fig. 776. — Nigelle. Fleur.
(fig. 254, 774), beaucoup d'étamines disposées sur dix rayons (û^. 211) et un gynécée de Caltha, souvent à cinq carpelles (fig. 774).
Les Delphinium ou Pieds d'Alouette (fig. 253) peuvent être défiiïis des Ancolies irrégulières. Leur sépale postérieur porte un éperon, et leurs nectaires sont inégaux, les deux d'entre eux qui forment la paire superposée au sépale éperonné étant les plus développés ou même les seuls existant. Il faut rapporter aux Delphinium les Aconits qui paraissent au premier abord s'en distinguer par leur sépale postérieur en casque et non en éperon, et leurs nectaires postérieurs longuement onguiculés; mais il y a des transitions entre Tune et l'autre forme.
Dans tous les genres que nous venons d'énumérer, il y a des plantes ornementales. Presque toutes aussi sont dangereuses. Les Clématites irritent la peau; les Hellébores sont vénéneuses et servent cependant de médica-
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ments; les Aconits sont surtout des poisons violents, notamment l'A. tue-loup, TA. Bish de Flnde et TA. Napel
FiG. 777, 778. — Aconit. Fleur. Diagramme.
(fig. 777, 778) dont la petite racine en forme de navet donne la mort. Ce sont cependant des remèdes puissants.