TIGES SOUTERRAINES
Les tiges souterraines ou Rhizomes ont souvent la forme cylindrique des tiges aériennes ; mais le plus souvent leur couleur est différente : blanche, grise ou brunâtre, plus rarement jaune ou rougeâtre, quelquefois verdâtre ou verte, surtout parfois dans les points où elles se trouvent accidentellement éclairées. On les confond souvent à tort avec les racines. Le rhizome de l'Iris (fig. 46), qui est un des plus connus, a souvent été désigné sous le nom de racine d'Iris. Il porte des feuilles peu développées et grisâtres, mais disposées comme celles des tiges, et l'aisselle de ces feuilles réduites est souvent pourvue d'un bourgeon
1. Les auteurs ne s'entendent pas sur la valeur de ces expressions. Nous supposons ici l'observateur placé dans l'axe de la tige.
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qui peut ou se développer complètement, ou s'arrêter à
FiG. 46. — Iris. Rhizome portant des racines adventives et des branches à feuilles aériennes.
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une époque variable de son évolution. Ces rhizomes se nourrissent à Taide de racines adventives qui se produisent en différents points de leur surface.
Les tubercules sont des rhizomes, ordinairement plus courts, plus trapus, plus charnus. Les plus connus des rhizomes sont ceux des Pommes de terre (fig. 47-49). Celui de la Pomme de terre-Asperge (fig. 49), assez rarement cultivée chez nous, est cylindrique, de la longueur et de la grosseur d'un doigt, ou à peu près. Il porte de distance en distance des écailles saillantes qui représentent autant de feuilles, et, dans Taisselle de ces feuilles modifiées, des bourgeons qui, en s'allongeant, peuvent devenir autant de branches souterraines ou aériennes. Nos Pommes de terre longues, comme les Vitelottes, etc., sont plus courtes et plus grosses ; mais leur organisation est au fond la même. Les dépressions qui répondent à leurs yeux contiennent chacune un bourgeon, et ce bourgeon occupe l'aisselle d'une écaille qui, bientôt desséchée et détachée, laisse sur le tubercule une cicatrice en forme de croissant (fig. 48). Lorsqu'on plante un de ces tubercules ou un de ses morceaux, les bourgeons des yeux se développent en branches. Les unes sont aériennes et portent des feuilles, puis des fleurs et des fruits; on les appelle inexactement des tiges. Les autres demeurent souterra"ines et constituent des cordons dont les feuilles demeurent à l'état d'écaillés blanchâtres. Là où ces cordons se renflent, il se constitue une Pomme de terre. De la forme allongée des tubercules dont nous venons de parler, on passe graduellement, suivant les variétés observées, à la forme ovoïde et même presque sphérique.
Les bulbe*^ sont des rhizomes dont la forme est généralement celle d'un gros bourgeon, et dans lesquels l'axe est ordinairement enveloppé par les feuilles modifiées dont le nombre est très variable, mais dont la longueur et la largeur deviennent bien plus considérables. Il y â des Iris dont le rhizome se raccourcit en forme de poire étroite et dont les écailles emboîtées forment toute la portion extérieure. Dans les Colchiques et les Safrans (fig. 50,
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PiG. Al y 48, 49. — Portion souterraine 4*un pied de Pomme de terre, montrant la façon dont les rameaux souterrains se renflent en tubercules. En bas, un de ces tubercules isolés. A droite, un tubercule de la Pomme de terre-Asperge.
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Âî , COURS ÉLÉMLNTAIRE DE BOTANIQUE.
51), l'axe des bulbes se renfle beaucoup et ne porte qu'un petit nombre de tuniques, bientôt brunies et desséchées, mais qui les enveloppaient d'abord tolalemenl ; c'est ce qu'on appelle des bulbes solides ou pleins. Ailleurs, comme dans les Lis (fig.52, 53), les Jacinthes (ûg. 25, 26),
FiG 50, 51. — Safran. Bulbe plein, entier et coupé en long.
les Frilillaires, les écailles sont bien plus nombreuses et plus développées, mais la tige qui les porte demeure relativement peu volumineuse ; on la nomme alors le plateau. A sa base se développent des racines adventives à chaque période de végétation (p. 19). Tantôt, comme dans le Lis, les écailles représentent chacune une feuille en-
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tière ; elles s'imbriquent étroitement entre elles; le bulbe est dit écailleux. Tantôt, au contraire, comme dans la Jacinthe, TOignon de cuisine, les écailles larges et amincies, s*enveloppant exactement les unes les autres, répondent seulement à la base d'une feuille dont la portion
FiG. 52, 53. — Lis. Balbe écailleux, entier et coupé en long.
supérieure était aérienne et verte ; le bulbe se nomme alors tunique. Les bulbes des Tulipes sont comme intermédiaires aux types précédents : le plateau n'y est pas volumineux ; les écailles n'y sont pas nombreuses ; les intérieures sont épaisses, charnues, blanches; les extérieures, amincies, desséchées, brunâtres. Dans Taisselle des écailles, quelles qu'elles soient/d'un bulbe, il peut y avoir
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un bourgeon bien développé, soit en une branche aérienne, portant feuilles et fleurs, soit en un petit bulbe souterrain, axillaire; c'est ce qu'on nomme un caïea, L'Ail cultivé a des caïeux volumineux, qu'on nomme vulgairement et mal à propos des gousses.
Avec des exemples convenablement choisis, on passe donc insensiblement du rhizome au bulbe et au tubercule ; ce sont autant de variétés de tiges souterraines.
Nœuds et Entre-nœuds. — Dans une plante telle qu'un arbre de nos pays, les tiges ou les branches se renflent au point où s'attachent les feuilles. Avec des feuilles alternes, les rendements sont solitaires à leur niveau ; avec des feuilles opposées, ils sont placés deux en face Tun de Tautre. Ces renflements répondent aux nœuds des axes. La portion sur laquelle s'insère la feuille se nomme coussinet, et assez souvent la base de la feuille s'y rattache par une articulation ; c'est là même qu'elle s'en sépare d'ordinaire à la fin de la saison.
L'intervalle d'un nœud à un autre, normalement dépourvu de feuilles, est un entre-nœud. Quand les axes sont^ creux ou fistuleux dans la longueur des entre-nœuds, leur* cavité disparaît d'ordinaire au niveau des nœuds. Ceux-ci sont pleins et souvent même pourvus d'une cloison transversale très résistante, comme il arrive surtout dans le chaume Aes Graminées (fig. 42).