CARACTÈRES ESSENTIELS DES BRANCHES ET RAMEAUX
Les branches et rameaux ont le plus souvent la forme de la tige, c'est-à-dire qu'ils sont comme elle cylindroconiques, allongés. Ils en ont souvent aussi la consistance. Toutefois, avec une tige dure et ligneuse, beaucoup de
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plantes ont des rameaux verts et herbacés, et qui peuvent même périr chez nous chaque hiver, tandis que la tige plus résistante persiste et pousse de nouveaux rameaux herbacés à la saison de végétation suivante.
Mais les branches d'une plante peuvent être aplaties et quelquefois même au point de simuler la lame d'une feuille. On les nomme alors Cladodes. Cenn-ci s'observent fréquemment, par exemple, dans les Fragons, les Xylophylla. Assez souvent même les plantes à cladodes présentent dans leurs axes une alternance de foinne telle que leur tige cylindrique, par exemple, supporte des branches aplaties en cladodes. Comme d'autre part il y a des feuilles complètement cylindriques, et non aplaties, telles que celles de certains Joncs, Aulx, etc., on voit qu'un axe peut avoir la forme d'une feuille, et réciproquement, une feuille la forme d'un axe.
Comment donc peut-on distinguer facilement une branche d'une feuille? A l'aide de cette notion : que les axes portent des appendices foliaires, plus ou moins modifiés, mais disposés sur l'axe avec une régularité parfaite et de nous connue (p. 96), et que leur aisselle renferme des bourgeons à feuilles ou à fleurs, ou bien des rameaux qui ont succédé aux premiers.
Ainsi, dans le Fragon-Petit-Houx (fig. 59), les cladodes ne peuvent pas, malgré leur forme aplatie et leur sommet atténué en pointe piquante, être pris pour des feuilles , parce qu'ils sont placés dans l'aisselle d'une feuille, petite, il est vrai, et en forme d'écaillé ; et aussi parce que, à un certain moment de l'année, on voit sur le milieu d'une des faces de ces cladodes, un petit groupe de fleurs ou de fruits. Porter de tels organes et occuper lui-même l'aisselle d'un appendice, c'est le propre d'un axe; le cladode est donc un axe déformé.
Il est vrai que dans le cas d'entraînement d'un groupe' de fleurs sur la feuille, comme dans les Helwingia, etc. (p. 141), celte feuille pourrait être prise pour un cladode. Mais elle est elle-même portée par le rameau ; elle n'occupe pas l'aisselle d'une feuille, et dans le Fragon-Pelit-
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Houx, par exemple, le groupe floral est lui-même axillaire
FiG. 59. — Fragon-Petit'Houx. Rameaux foliiformes ou]cladodes(R), portant les inflorescences à Taisselle d'une écaille et occupant eux-mêmes Taisselle d'une feuille réduite à l'état d'écaillé (E).
par rapport à une petite écaille que porte au-dessous de lui le cladode; ce qui est encore le propre d'un axe.
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Dans les Xylophylla (fig. 60), le cladode qui simule une feuille, est né dans Taisselle d'un appendice, et de plus il porte lui-même, à chacune des dents de ses bords, une • petite feuille, et des fleurs ou des fruits dans Taisselle de celle-ci ; c*est là encore le caractère d'un rameau, d'un organe axile.
L'opinion des personnes qui ont considéré comme les feuilles de l'Asperge les nombreux petits organes linéaires et verts dont est chargée la cime de l'Asperge montée, ne saurait être conservée, attendu que les filaments dont il vient d'être question supportent souvent des fleurs ou des fruits, et qu'ils sont nés à l'aisselle d'une petite écaille blanchâtre, peu visible, qui est la véritable feuille.
C'est pour la même raison qu'on ne peut confondre une tige avec un rhizome, quoique leurs caractères extérieurs de forme, de couleur, de consistance et le milieu qu'ils habitent, soient souvent les mêmes.
Mais le rhizome, étant une tige, FiG. 60. — Xylophylla. Ra- porte des écailles qui représen-
meau aplati ou ciadode,dont ^^^^ i^g feuilles, et des bourgeons
les dents marginales por- , ,,. nj n .^
tent des feuilles réduites et ^^"^ 1 aiSSelle de celles-Cl ; tandés fleurs dans leur aisselle, dis qu'une racine peut bien accidentellement porter des bourgeons adventifs, et, par suite, indirectement, des feuilles quand ces bourgeons se développent en branches; mais ces bourgeons, placés sur la racine en un lieu indéterminé, n'y occupent pas l'aisselle d'un appendice, ne sont
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pas disposés avec la régularité qui apparlient aux feuilles ou à leur* bourgeon axillairé; et si .la racine porte des feuilles, ce sont celles du bourgeon adventif, de sorte qu'elles sont séparées de la racine par Taxe même de ce bourgeon, au lieu d*étre portées directement par elle, comme le fait aurait lieu pour une tige.