CHAPITRE II
AZOTE. — AIR ATMOSPHÉRIQUE AZOTE Az= 14.
L’azote fut confondu avec l’acide carbonique jusqu’en 177:2, où Rutherford le distingua nettement de ce gaz.
T8. l*réparation de l’azote. — 1” Parle phosphore. — On 1 extrait ordinairement de l’air. Ce fluide, comme nous le verrons bientôt, est un mélange formé presque exclusivement d’azote et d’oxygène. Il suflit donc d’absorber l’oxygène de l’air pour obtenir l’azole. On emploie souvent le moyen suivant. On met deux ou trois grammes de phosphore dans un tôt en terre supporté par un flotteur de fig, 10. liège que l’on place sur une cuve à
eau {fig. 10). On enflamme le phosphore et on le recouvre avec une grande cloche pleine d’air. La combuslion esl vive, et la cloche se remplil d’épaisses vapeurs d’acide pbos-
. \A\. I. CHAP. II. AZOTIi:.
phoriqiie qui se dissolvent peu à peu dans l’eau. Au bout de quelques instants, le phosphore s’éteint et l’eau monte dans la cloche. Au commencement de l’expérience il s’échappe souvent des bulles gazeuses qui renverseraient la cloche si on ne la maintenait solidement avec la main. Ce fait provient de la dilatation éprouvée par l’air au contact du phosphore incandescent, qui l’emporte d’abord sur la diminution de volume résultant de l’absorption de l’oxygène. On fait ensuite passer le gaz dans des éprouvettes, où l’on constatera ses propriétés.
Ce mode de préparation ne donne pas l’azote bien pur. 11 contient encore nn peu d’oxygène que le phosphore n’a pas absorbé, et la petite quantité d’acide carbonique qui est toujours contenue dans l’air. On peut enlever cet oxygène en introduisant dans chaque éprouvette un bâton de phosphore qui absorbe lentement l’oxygène à froid, mais d’une manière complète. L’expérience dure plusieurs heures; on sait qu’elle est terminée quand les bâtons de phosphore cessent d’être lumineux. On enlève l’acide carbonique en introduisant dans une éprouvette qui contient encore un peu d’eau un petit fragment de potasse. On ferme ensuite l’éprouvette avec la main, et l’on agite pour mettre l’acide carbonique en contact intime avec la dissolution qui doit l’absorber.
Pa?' le cuivre. — On prépare plus facilement l’azote pur de la manière suivante. On fait passer de l’air, préalablement dépouillé de son acide
Fig. II.
(carbonique, sni- du cuivia^ chaulfé lomeiit l’oxygène de l’air.
an
muge,
li absorbe alors ti’ès-laci-
CHIMIIî: inorgamoup:: .
Un grand llacon à deux tubulures contient de l’air. L’une des tubulures, est traversée par un large tube terminé à sa partie supérieure par un entonnoir. Si l’on fait écouler de l’eau par ce tube, elle remplira la partie inférieure du flacon et chassera l’air, qui s’échappe par le tube adapté à la seconde tubulure (fig. 11). Cet air traverse d’abord un tube à boules de Liebig, contenant une dissolution concentrée de potasse qui absorbera l’acide carbonique. 11 pénètre ensuite dans le tube de verre chauffé qui contient la tournure de cuivre; il y perd son oxygène, qui s’unit au cuivre, etl’azote se rend, par un tube abducteur qui termine l’appareil, dans une cuve à eau où on le recueille.
Le tube de verre doit être peu fusible, et il est bon de l’entourer d’une feuille de clinquant afin d’éviter sa déformation.
On peut encore préparer l’azote par d’autres procédés et notamment par la décomposition de l’azotite d’ammoniaque sous l’influence de la chaleur, ou par la décomposition de l’ammoniaque par le chlore; ces réactions seront indiquées à propos de l’acide azoteux et du chlore.
4-9. Propriétés physiques. — L’azote est un gaz iiicolore, inodore et insipide. Sa densité est 0,9714- : \ litre d’azote pèse donc 1,293 X 0,971-4 = 1,257 à la température deO“ et sous la pression de 760. Il est très-peu soluble dans l’eau. Un litre d’azote se dissout dans 40 litres d’eau. Il est permanent comme l’oxygène.
50. Propriétés chimiques. — L’azote est impropre à la respiration : les animaux meurent asphyxiés quand on les met sous une cloche conte-nant deTazote. Il éteint les corps en combustion, mais ne s’enflamme pas. Il ne trouble pas l’eau de chaux, comme le fait l’acide carbonique, avec lequel on l’avait confondu avant Rutherford.
Pendant longtemps on a cru que l’azote ne pouvait se combiner directement avec aucun autre corps ; mais M. H. Sainte-Claire Deville a fait voir récemment que ce gaz était absorbé par le bore légèrement chauffé; , la combinaison est même accompagnée d’un vif dégagement de chaleur et de lumière. Mais c’est Ih une exception et l’on peut dire, en général, . que les affinités de l’azote sont très-faibles; aussi le reconnaît-on d’habi-tude à ce qu’il ne possède aucune des propriétés chimiques qui caracté-risent si nettement les autres corps.
L’azotejoue néanmoins un rôle très-important dans la nature; il entre' dans la composition de l'air, les tissus des animaux en contiennent de* notables quantités. Il forme indirectement, avec la plupart des corps, des? combinaisons que nous devrons étudier avec le plus grand soin.
UV. I. CH A P. 11. Al U.