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AIR

ol. L’air au milieu duquel nous vivons est un gaz sans saveur, sans odeur, et qui, vu sous une grande épaisseur, possède une couleur bleue assez prononcée. On rapporte le poids spécifique des autres gaz h celui de l’air, qui a été pris pour unité; 1 litre d’air pèse 1,293 à 0° et sous 760 : la formule générale qui donne le poids d’un litre d’air à et sous la pression H, est

dans laquelle a, coefficient de dilatation de l’air, est, 0,00367.

La véritable composition de l’air n’est connue que depuis Lavoisier et Sclieele. Avant eux on savait, d’après les expériences de Jean Rey (1630) sur la calcination de Lélain, et celles de Bayen (1774) sur la calcination du m'ercure, que certains métaux chauffés au contact de l’air se transforment, en augmentant de poids, en des matières qu’on désignait alors sous le nom de chaux, et que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’oxydes métalliques. Mais on ne savait pas si l’air était absorbable en totalité ou en partie ; ce fut là le point de départ des recherches de Lavoisier. Il vit bientôt que l’air était composé de deux principes, l’oxygène et l’azote.

52. E^xpérieiice tie liavoisier. — Lavoisier prit 1111 ballon de verre à long col, dans lequel il introduisit du mercure (120 gr.). Le col fut doublement recourbé, de telle façon que, le ballon placé sur un fourneau, la partie horizontale du tube courbé reposât sur le fond de la cuveàmercure, tandis que l’extrémité ouverte s’élevait notablement au-dessus du niveau de ce liquide {fig. 12).

Il mit alors une cloche graduée sur

le mercure, de manière à emprisonner l’air du ballon, et pour que cette cloche pût tenir seule, et afin de pouvoir noter le volume de l’air emprisonne et sa pression, il aspira avec une pipette une porlion de l’air de

CHIMIli INOHGAINIUUI^.

la cloche, ce qui permit au mercure de s’élever d’une certaine hauteur au-dessus de son niveau de la cuve. Le volume de l’air et sa pression étant connus, il chaiifla le mercure un peu au-dessous de son point d’ébullition, pendant 42 ou 15 jours environ. Le premier jour, le mercure s’altéra peu ; mais, les jours suivants, il vit nager à sa surface des pellicules rouges, dont le nombre et l’étendue augraejutèrent jusqu’au septième ou huitième jour. 11 continua l’opération plusieurs jours encore après que leur formation parut s'être arrêtée et mit fin à l’expérience.

L’appareil refroidi, le mercure s’éleva dans la cloche bien au-dessus de son niveau primitif. Le volume de l’air s’etait en efiet réduit de oO pouces cubiques environ à 4-2 ou 43 pouces. Le gaz restant présentait toutes les propriétés que nous avons attribuées à l’azote.

La substance rouge bien rassemblée, Lavoisier la chauffa dans une petite cornue de verre munie d’un tube abducteur se rendant sous une éprouvette; il vit alors cette poudre rouge se transformer totalement en mercure, en même temps qu’il s’en dégageait un gaz dont le volume représentait très-exactement les 7 ou 8 pouces cubes absorbés, mais différant de l’air par l’énergie de ses propriétés. Ce gaz était l’oxygène, récemment découvert par Priestley et par Scheele.

11 vérifia de plus que les deux gaz obtenus dans son expérience, mélangés, reproduisaient Vair ordinaire avec toutes ses propriétés.

L’air contient donc deux éléments : l’un, l’oxygène, qui lui donne la propriété d’entretenir la combustion et la vie des animaux ; 1 autre, l’azote, qui tempère, sans modifier le résultat des combinaisons, 1 action trop énergique de l’oxygène. Si l’on place, en effet, dans une atmosphère d’oxygène un animal à respiration active, il meurt bientôt décoré par une fièvre ’ardente. Les combustions ordinaires, que nous dirigeons au gré de nos désirs et d’après nos besoins, seraient au contraire impossibles à régler, si elles s’opéraient au contact d’une atmosphère illimitée d’oxygène, et deviendraient pour nous la source des dangers les plus giands.

53. Expérience «le Sciieele. — Vers la même époque Scheele démontrait que l’air diminuait de volume au contact des sultures alcalins, mais en laissant toujours un volume fixe d’un résidu gazeux, dans lequel la vie et la combustion étaient impossibles. Ce gaz avait toutes les propriétés de l’azote, et sa proportion dans l’air était, d’après l’illustre Suédois, un ■peu moindre que les 4/.5 du volume priinitit. Cette expérience, facile à interpréter quand on connaît la propriété que les sulfures alcalins ont d’absorber l’oxygène, n’est pas aussi propre que celle de Lavoisier à établir la composition de l’air d’une façon incontestable, puisqu’elle ne permet pas de régénérer la portion de l’air absorbée par le sulfure; mais elle conduit, comme méthode d’analyse, à des résultats plus précis. Le mercure u’absorbe que très-difficilement l’oxygène raréfié, taudis que les

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