‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 135 sur 537 · LIV. I. CMAP. \V|. CüMHUSTlOA · texte numérisé non relu

LIV. I. CMAP. \V|. CüMHUSTlOA

ries clans celte circonstance, mais on peut concevoir qu’il se forme d’abord de l’oxyde de carbone, et que celui-ci se transforme ensuite en acide carbonique ; la somme des quantités de chaleur dégagées dans ce cas est toujours égale à 8 000 calories. On déduit de cette supposition très-probable la chaleur dégagée par la transformation du carbone en oxyde de carbone ; elle est de 2 400 calories.

11 est facile de voir que les nombres inscrits dans le tableau précédent ne peuvent immédiatement conduire à aucune loi simple, comme on Tavait cru autrefois, puisque ces nombres ne sont pas l’expression de quantités de chaleur dégagées dans des circonstances identiques au point de vue physique. Dans l’expérience de la combustion de l’hydrogène, l’eau formée est d’abord à l’état de vapeur, mais elle se condense dans le calorimètre et y dégage, en changeant d’état, une quantité notable de chaleur; dans la combustion de l’oxyde de carbone, l’acide carbonique sort à l’état gazeux et par conséquent sans changer d’état dans l’appareil. Les nombres 34 500 et 2 400 ne sont donc pas immédiatement comparables, mais leur valeur pratique n’en est pas moins considérable.

432. De la température de combustion. — On désigne SOUS C6 nom la température que prendraient les corps formés pendant la combustion, si toute la chaleur qui y est dégagée était employée à les échauffer.

Si l’on part de cette définition pour calculer la température de combustion de l’oxyde de carbone, on fera le raisonnement suivant :

14 grammes d’oxyde de carbone, en se transformant en 22 grammes d’acide carbonique, développent 14x2400 calories; d’un autre côté, 22 grammes d’acide carbonique absorbent, d’après les expériences récentes de M. Régnault, pour s’élever d’un degré, 22x0,2164 calories (0,2164 étant la chaleur spécifique de l’acide carbonique); par conséquent, si toute la chaleur dégagée dans la combustion est employée à échauffer l’acide carbonique, la température de ce gaz serait donnée par la formule :

Si l’oxyde de carbone brûle dans l’air, la température de combustion sera notablement moins élevée, car la chaleur dégagée pendant la combustion sera non-seulement employée à échauffer l’acide carbonique qui en résulte, mais en outre l’azote de l’air qui a fourni l’oxygène nécessaire. On sait que dans l’air 8 grammes d’oxygène accompagnent 26^^7 d’azote ; on sait de plus que la chaleur spécifique de l’azote est 0,224; la température de combustion sera donc donnée par la forrnnle :

3 000 environ.

Mais clans le cas où la combustion produit de l’eau, il laut modiliei légèrement la marche du calcul ; prenons pour exemple la combustion de l’hydrogène dans l’oxygène, i gramme d’hydrogène en brûlant développe 34 300 calories et produit 0 grammes d’eau ramenée à la température de 0°. Voyons à quelle température ces 34 500 calories pouii aient porter les 9 grammes d’eau. Il faudra d’abord donner 100 calories h chaque gramme d’eau pour élever sa température à 100°, puis 540 pour le transformer en vapeurs sans changer sa température ; à partir de ce point, chaque élévation de température de 1° nécessitera une absorption de chaleur égale h 0“\475, ce nombre représentant, d’après M. Régnault, la chaleur spéciüciue de la vapeur d’eau. C’est ce qu exprime 1 équation

34500 = 9 X C'tO + 9 X 0,475 (T — lOÜ),

dans laquelle T représente la température de combustion comptée à partir de 0°; d’où l’on tire :

T = 0800“ environ.

Un raisonnement analogue nous montrerait que la température de combustion de l’hydrogène dans l’air est d’environ 2000°.

Les nombres qui expriment les températures de combustion de l’hydrogène et de l’oxyde de carbone dans l’air ou dans l’oxygène, mettent •bien en évidence la nécessité où l’on est d’employer l’oxygène pour obtenir des températures élevées. On voit aussi que l’oxyde de carbone, sous le même volume que l’hydrogène, produit, en brûlant dans l’oxygène, une température tout aussi élevée que l’hydrogène, malgré la différence des nombres de calories dégagées dans la combustion de ces corps (430).

433. De la lumière qui accompagiie la combustiou. — Un corps solide qui brûle devient incandescent dès que sa température est suffisamment élevée. Vers400°, un corps solidedevient rouge obscur ; à 1000°, il est déjà blanc, c’est-à-dire fortement lumineux. Les gaz sont toujours peu brillants, même à une température très-élevée, à moins qu’ils ne contiennent des particules solides portées à l’incandescence. Telle est la flamme du gaz oxygène et hydrogène, qu’on peut rendre presque aussi brillante que la lumière du soleil en y introduisant une petite pointe de chaux (lumière (le Drmnniund). M. Rirdiholf a donné la véritable explication de ces difl'érences. Les gaz absorbent peu la lumière à toutes les températures; ils sont par là même peu éclairants, parce que le pouvoir érnissif des corps pour la lumière est proportionnel à leur pouvoir absorbant. Un corps opaque qui absorbe facilement la lumière doit donc, a une même température, en éimiire beaueoup plus qu’un gaz et, parlant, devenir plus biillant.

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