LIV. I. CHAI». XVI. CüMHUSTlüN
434. iiiflaiiiiuntioii. — Un corps ne peut commencer ;'i brûler que s’il est porté î\ une température convenable; le phosphore et le polassiurn s’oxydent à la température ordinaire; le charbon brûle seulement à la température du ronge. Pour que la combustion puisse continuer, il tant que la chaleur dégagée par l’oxydation des particules, des corps qui brûlent développe assez de chaleur pour porter les parlicules voisines à la te m pé rature d ’in fl am m a ti o n .
Si l’on prend du charbon en poudre, l’inllammation, une fois produite, se communique au reste de la masse, parce que la chaleur dégagée par la combustion des parties qui brûlent est à peu près uniquement employée à échauffer les particules voisines. Il n’en est plus de môme dans les charbons compactes et bons conducteurs : une portion de cette chaleur étant employée à échauffer toute la masse par conductibilité, il peul arriver que les particules voisines de celles qui brûlent ne soient pas suffisamment échauflèes pour brûler à leur tour.
C’est le cas du coke, et surtout du charbon de cornue, qui s’éteignent dans l’air, mais qui peuvent brûler, quand ils sont bien enflammés, dans des fourneaux où l’air se renouvelle rapidement. Il en est de même pour le fer enflammé; il continue au contraire à brûler dans l’oxygène, parce que la chaleur dégagée est presque tout entière employée à échauffer le métal ; sa grande conduclibilité n’empêche pas l’inflammation de se propager; mais dans l’air celte même quanlité de chaleur serait partagée entre l’azote et le fer.
Le fer très-divisé, les sulfures alcalins divisés sont au contraire facilement combustibles dans l’air; ils peuvent même s’y enflammer spontanément par suite de la chaleur dégagée par la condensation des gaz dans l’intérieur de leurs pores.
L’inflammation des mélanges gazeux présente quelques particularités dignes d’intérêt. Nous avons déjà dit (21) que le mélange d’hydrogène et d’oxygène qui donne naissance à l’eau s’enflamme à la température de 300®. La chaleur dégagée par la couche qui brûle permet à la combustion de se propager avec rapidité dans tout le reste du mélange. Mais, si à un volume de mélange d’hydrogène et d’oxygène on ajoute 11 volumes d’oxygène ou 4 d’hydrogène ou 3 d’acide carbonique, le mélange n’est plus inflammable. Gela lient à ce que la chaleur dégagée par la combustion de la couche du mélange en contact avec la bougie, partagée entre le produit de la combustion et le gaz en excès, n’est plus suffisante [)oiir porter la ct)uche voisine à sa lempérature d’inllammation.
Le mélange d’oxygène el de protocarbure d’hydrogène s’enflamme à une température peu éh'vée; mais, si l’on retnplace l'oxygène par de l’air, lacombuslion , dans les circonstances les [)lus favorables, ne se produil même pas à la tenqjéralure du rouge. On pcid en effet inlrodnire dans
CHIMIK INOROANIQUK.
de tels mélanges un charbon rougi (sans ilamme), un 1er rouge, sans en déterminer l’explosion; mais la haute température d une Ilamme détermine la combinaison dans la couche qu’elle touche, et si 1 air n est pas en trop grand excès, cette combustion se propage dans tout le reste de la masse. Le tableau suivant résume les expériences de Davy sur ce sujet.
tir.
2 Le mélange brûle sans détonation.
(î S’enflamme avec légère détonation.
7 Détonation plus forte.
8 — croissante.
9 à 10 — décroissante.
15 Ne s’enflamme plus; la flamme de la bougie s’élargit.
^ 80 — l’élargissement s’amoindrit de
plus en plus.
Le mélange qui détone avec le plus de violence (1 volume pour 8 volumes d’air) ne contient pas tout à fait la proportion d oxygène nécessaire à la combustion complète; il faudrait prendre en effet 10 volumes d’air pour 1 volume d’hydrogène carboné; mais il faut remarquer qu’en augmentant la proportion d’oxygène, on augmente considérablement la proportion d’azote, ce qui diminue la combustibilité du mélange et peut le rendre moins détonant.
On voit donc qu’un aérage actif des mines de houille, en augmentant la proportion d’air contenu dans les mélanges gazeux, peut neutraliser complètement les funestes effets du feu grisou (419).
Il est à remarquer que l’étincelle électrique ne peut déterminer la combustion des mélanges que la chaleur n’enflamme plus, mais il est toujours possible de déterminer la combinaison en faisant passer le mélange sur de la mousse de platine chauffée. Dans ce cas, la moindre trace d’oxygène dans l’hydrogène, mélangé ou non d’autres gaz, est accusée par la production d’une quantité correspondante d’eau.
435. i^anipe sans flamme. — Il arrive même qu’un fil de platine mis au rouge en contact de mélanges explosifs se maintient à cette température élevée, par suite d’une combustion qui s’effectue dans les pores de ce métcil, sans cependant enflammer le mélange, si celui-ci n’est que difficilement combustible. On fait d’habitude cette expérience, connue sous le nom d'expérience de la lampe sans flamme^ de la manière suivante : On met un peu d’éther dans un verre à pied que l’on ferme imparfaitement au moyen d’une carte portant en son centre un fil de platine enroulé en spirale ifq. itl)- On commence d’abord par rougir le fil è l’aide d’une lampe
Gaz hydrogène carboné.