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I. CH AP. XVI

TOILES METAI.UOUES.

à alcool, et ou le plonge rapidement dans le mélange inllammable d’air et de vapeur d’éther, où il redevient rapidement rouge. H reste Irès-longlenips à cet état sans que l’on ait à craindre l’inllammation de l’éther. On peut aussi mettre une spirale de platine au-dessus de la mèche d’une petite lampe alimentée par un mélange d’éther et d’alcool. La mèche doit à peine sortir, afin qu’on puisse très -facilement l’éteindre en soufflant dessus. On l’enflamme d’abord, et quand le platine est rouge, 011 l’éteint. La volatilisation du liquide aspiré par la mèche suffit pour fournir au platine les principes comburants qui brûlent dans ses pores. On peut aussi chauffer la spirale de platine avec le dard , du chalumeau (440), afin de la rougir plus vite et d’accélérer l’expérience.

Davv, à qui nous devons cette découverte, a constaté que dans un mélange d’air et d^hydrogène carboné, contenant 1/3 de ce dernier gaz, le platine conservait indéfiniment son état d’incandescence sans enflammei le mélange. Si le mélange est plus riche en air, le platine peut en déterminer l’explosion. La spirale de platine se refroidirait rapidement, si le mélange contenait plus du tiers de son volume d’hydrogène carboné.

4-36. Moyens il’éteiudre les corps enflammés. — Toiles métalliques. — Il est évident que toutes les causes qui amèneront le corps à une température inférieure à celle de son inflammation, auront pour effet d é-

Fig. 111.

teindre le corps.

Pour les corps difficilement combustibles, le manque d’air ou la raréfaction de l’oxygène détermineront l’extinction du corps. Ainsi le charbon s’éteint dans une atmosphère partiellement dépouillée d’oxygène dans laquelle les animaux peuvent encore respirer. Un bâton de phosphore plongé dans cette atmosphère continue à y brûler tant qu’il y reste une trace d’oxygène.

L’insufflation de l’air froid sur une flamme a parfois le môme effet ; c’est ainsi qu’on éteint une bougie en soufflant dessus. Mais un des moyens les plus efficaces d’éteindre les flammes consiste dans l’emploi des toiles métalliques. Si l’on coupe avec une toile métallique la flamme d une bougie, on voit sortir à travers les mailles de la toile une fumée, qu on peut enflammer au-dessus de la toile au moyen d’une flamme. On piouve ainsi que les gaz n’ont perdu aucune de leurs propriétés chimiques au contact du métal ; celui-ci a eu seulement pour effet de les refioidir. Aussi une toile métallique arrête d’autant mieux la flamme qu elle esta maille plus serrée et d’uue substance plus conductrice. Cette ini])Oi tauti

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découverle est due à Gavy, qui Ta utilisée dans la construction de la lampe de sûreté, destinée à prévenir les accidents causés par le feu grisou.

437. liampe de sûreté. — Elle se compose essentiellement d’une lampe à huile, entourée d’un cylindre en toile métallique à maille serrée, séparant complètement la flamme de l’atmosphère extérieure. Si un mineur muni de cette lampe se trouve tout à coup au milieu d’un mélange détonant, et qu’il y ait explosion dans l’intérieur de la lampe, cette explosion ne pourra se propager au dehors, parce que la flamme, devant traverser la toile métallique, sera nécessairement éteinte. Ordinairement la flamme de la mèche s’éteint par suite de l’explosion ; pour que le mineur ne soit pas dans l’ohscurité complète, Dayy a eu l’ingénieuse idée de suspendre dans la flamme une spirale de platine qui y est portée au rouge. Quand la flamme s’éteint par suite d’explosion, le platine, se trouvant au contact d’un mélange détonant, demeure incandescent, et fournit au mineur une lueur qui lui permet encore de se guider.

L’appareil de Davy présentait le grave inconvénient de donner peu de lumière ; on emploie aujourd’hui la lampe de M. Combes, qui n’a pas ce défaut, tout en conservant les avantages de la lampe primitive.

La mèche de la lampe à huile est entourée d’un cylindre de cristal épais surmonté d’une cheminée en cuivre destinée à activer le tirage et entouré d’une toile métallique à petites mailles. A la partie inférieure se trouvent deux ouvertures munies de toiles métalliques qui permettent à l’air de pénétrer dans la lampe. Enfin une spirale de platine est ordinairement suspendue au-dessus de la mèche, et se trouve portée au rouge par la flamme {fuj. il!2).

Les explosions du feu grisou sont encore malheureusement fréquentes, parce que les ouvriers mineurs commettent souvent l’imprudence d’enlever l’enveloppe qui doit les garantir. On a compté 77 explosions dans la seule année 1854, et le nombre paraît devoir s’accroître avec le nombre des exploitations houillères. On comprend alors toute l’importance d’une ventilation active dans l’intérieur des galeries, quoique ce moyen soit insulfisant quand le feu grisou se dégage soudainement du soi en grande quantité, et vient au contact d’une lampe dépourvue de toile métallique.

438. la flamme. — L:i flamme est toujours le résultat de la com-

JBIII

Fig. 112.

Liv. I. c:UAP. XVI. UE LA ELAMME.

hiislion d’iinc malière gazeuse. Le fer brûle sans flamme; le phosphore et le zinc, qui sont volatils, les gaz combustibles, brûlent tous avee flamme plus ou moins brillante.

Quand des corps simples ou indécomposables brûlent, la flamme qu’ils produisent cstpartout homogène; il n’en est plus ordinairement de môme, si les corps sont composés et facilement décomposables. L’intensité de la flamme et sa couleur varient en ses divers points, suivant la nature des substances qui s’y développent. La flamme de la bougie nous. ^ servira d’exemple (/û/. H 3).

On reconnaît facilement qu’elle se compose de trois couches concentriques. La couche extérieures est mince, peu colorée, légèrement jaune vers le 'haut et bleue en bas; elle est trèschaude, un ül de platine excessivement fin peut y être fondu.

La couche intermédiaire b est brillante; c’est de cette couche qu’émane la lumière, mais sa température est moins élevée. A l’intérieur o, tout autour et au-dessus de la mèche, se trouve l’espace obscur où la température est très-peu élevée. On met en évidence l’existence de ces trois couches, soit en coupant horizontalement la flamme par le milieu, au moyen d’une toile , ,3

métallique, ce qui permet de les distinguer en regardant pardessus, soit en tenant au travers de la flamme un fil de platine assez mince ; on remarque alors que c’est dans la partie extérieure de la flamme qu il rougit à blanc, tandis que dans la partie centrale il rougit à peine. Encore ce dernier effet n’est-il dû qu’à la conductibilité du métal. On peut en effet introduire de la poudre contenue dans une petite cuiller d’ivoire dans la partie interne de la flamme sans l’enflammer; on a même pu y maintenir un peu d’argent, fulminant, pendant quelques secondes, sans en déterminer l’explosion.

L’explication de ces divers phénomènes est très-simple. La mèche qui plonge dans la cire fondue fait monter ce liquide vers sa partie supérieure dans les intervalles capillaires que laissent entre elles les libres de colon. La cire, étant composée de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, est décomposée par la chaleur de la flamme; il se produit une huile empyreuinalique, divers carbures d’hydrogène et de l’oxyde de carbone, qui brûlent à leur tour pour donner de la flamme. Dans son contour extérieur, la flamme étant en contact avec de l’air en excès, la combustion est complété et la température très-élevée ; mais, comme les seuls produits qui peuvent y exister sont de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau, la flamnae est peu brillante. Dans la partie intermédiaire, les gaz ne brûlent qu’mcomplétement, parce que l’air n’y pénètre qu’après avoir traversé la pieinieu couche; aussi est-ce l'hydrogène (}ui brûle le premier; une ^

carbone se trouve ainsi mise eu liberlé; ce corps solide [uulé i ni( a

CHIMIE INOHGANKJUE.

descence donne à la llamme l’éclat qu’elle possède. L’intervalle obscur est, pour ainsi dire, le réservoir de gaz résultant de la distillation de la cire amenée par la mèche. La partie inférieure de la couche extérieure i est bleuâtre, parce qu’il y brûle de l’oxyde de carbone et du carbure d’hydrogène, qui sont les premiers produits résultant de l’action d’une faible chaleur sur le liquide contenu dans la mèche.

La flamme de la bougie donne peu de clarté, à cause de sa faible surface éclairante ; on en obtient beaucoup plus avec la lampe à huile à double courant d’air.

439. Lampe à double courant. — La mèche de ces lampes, en coton tressé, est annulaire et baigne dans un réservoir où l’on fait arriver constamment un excès d’huile, qui s’écoule en partie par le bord supérieur du réservoir (lampe Carcel, lampe à régulateur). Si l’on enflamme cette mèche, on obtiendra une flamme annulaire dont les contours intérieur et extérieur seront en contact avec l’air; le gaz combustible se dégageant en abondance, la flamme prendra beaucoup de développement, donnera beaucoup de fumee et sera peu éclairante; mais, si l’on entoure cette flamme d’une cheminée en verre qu’on peut baisser ou élever à volonté,

afin de régler le tirage, la combustion deviendra plus complète, et il sera possible d’obtenir une lumière vive, sans dépôt sensible de charbon. On se fera une idée exacte de la constitution de cette flamme en la supposant formée par la réunion d’un certain nombre de bougies, dont les mèches placées au contact formeraient un anneau d’une faible épaisseur relativement à son diamètre. La coupe verticale de cette flamme doit donc représenter celle de deux bougies placées aux extrémités du diamètre par lequel on ferait cette coupe ; c’est ce que représente la figure 1Ï4. Le tirage produit par la cheminée diminue seulement l’épaisseur des couches sans rien changer à leur disposition. On voit facilement qu’un courant d’air trop actif aurait pour effet de brûler les gaz t'iy. 114. presque au sortir de la mèche; le cône intérieur pourrait être brillant, mais il aurait peu d’étendue, et, par conséquent, l éclat total se trouverait diminué. Cet éclat sera le plus grand possible quand, la combustion étant d’ailleurs complète, le cône intérieur brillant aura son maximum d’étendue.

La combustion des flammes du gaz de l’éclairage ne diffère pas de celle que nous venons d’indiquer. Si le gaz s’échappe par une seule ouverture, la flamme est assimilable à celle de la bougie ; si le bec de gaz est cylindrique et entouré d’une cheminée en verre, sa llamme est assi-

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