CHAPITRE XVll
SULELIRE DE CARBONE. CYANOGÈNE. PRINGIPAEX COMPOSÉS
DU CYANOGÈNE.
SULFURE DE CARBONE, CS^ = ;js.
Ml. Préparation. — Oii chaufle, dans un fourneau à réverbère, uni tube de porcelaine légèrement incliné, rempli de braise de boulanger fortement calcinée (fig. 117). Le tube est muni d’une allonge recourbée
Fig . 117.
qui va plonger dans le fond d’un vase rempli d’eau et portant un tube de dégagement ; l’autre extrémité du tube est fermée par un bouchon de liège. Quand le charbon est porté au rouge, on introduit de temps en temps quelques morceaux de soufre en bâtons et on bouche l’appareil. Le soufre fond, coule vers la partie incandescente du tube et se réduit en vapeurs qui se combinenl au chaiLon. Le sulfure de carbone formé va se condenser (Ml grande partie dans l’eau du (lacaui refroidi ; uni' petite p(u*-
UV. I. CIIAl*. XVII. SUU^'UUE DE CAUliOiNE.
lion SC dcgagc en vapein s avec des gaz acide sulfhydrique, oxyde de carbone el hydrogène carboné on libre. Le soufre échappé à la combinaison se condense dans rallonge. On explique la production des divers gaz qui accompagnent le sulfure de carbone de la manière suivante : le charbon contient "toujours de l’hydrogène (395), de là le carbone d’hydrogène et l’hydrogène sulfuré produits 5 quant à 1 oxyde de carbone, il piovient, ainsi que l’hydrogène libre, de l’eau du bouchon, qui se trouve décomposée par le charbon en excès (398).
Le sulfure de carbone, plus dense que 1 eau, se sépare facilement de l’eau. Il suffit de le mettre dans un entonnoir effilé que l’on bouche avec le doigt ; il se rassemble à la partie inférieure. Quand il est devenu transparent, on débouche un peu le bec de l’entonnoir et on le recueille dans un flacon. On bouche de nouveau le bec des que 1 eau s en approche. En ajoutant au sulfure quelques fragments de chlorure de calcium, on lui enlève le peu d’eau qu’il peut encore contenir; il ne reste plus qu’à le distiller. Cette dernière opération a pour but de séparer le sulfure du soufre qu’il dissout. On devra distiller au bain-marie, dans un appareil composé d’une cornue, d’une allonge et d’un ballon tubule, muni d un tube qui conduira les vapeurs loin du fourneau qui sert à chaufter 1 eau. La vapeui de sulfure de carbone est en effet très-inflammable, et elle foi me en se
mélangeant à l’air un gaz très-explosif.
On trouve aujourd’hui le sulfure de carbone dans le commerce, il contient toujours un peu d’eau et de soufre; on le desseche et on le distille comme il a été dit.
442. Propriétés physiques. — G est uii liquide iiicolore, d une odeui pénétrante et fétide, d’une saveur âcre et brûlante. Il réfracte fortement la lumière. Sa densité est 1,263 ; il bout à 45°, sa densité de vapeurs est 2,043. La chaleur ne le décompose pas. Si l’on évapore rapidement le sulfure de carbone sous le récipient delà machine pneumalique, il produit un froid de — 60°, plus que suffisant pour congeler le mercure. 11 dissout facilement le soufre, le sélénium, le phosphore, les corps gras, etc. 11 est soluble dans l’alcool et dans l’éther.
443. Propriétés chimiques — Action de l'oxyg^ène. — H est tacilement combustible; les produits qui résultent de son union avec 1 oxygène sont de l’acide sulfureux et de l’acide carbonique :