Composition. — Le sulfure de carbone contient
Carbone o i ... i Carbone 15.7
O .. . ' ou en centièmes : ' ,
Soutre 32 Soufre 84,3
1 volume de cette vapeur de sulfure de carbone contient 1 volume dtr vapeur de soufre et 1/2 volume de vapeur de carbone. On voit en elfet :
que le poids de 1 volume de vapeur de soufre 2,220
ajouté au poids de 1/2 volume de vapeur de carbone 0,414
donne 2,634
Ce qui diltère peu de 2,645, nombre donné par l’expérience.
Berzeliiis et Marcet ont déterminé la composition du sulfure de car bone par le procédé suivant. On adapte à un petit tube de porcelaine.*, contenant de l’oxyde de fer et chauffé dans un fourneau, une petite cor-'nue dans laquelle on introduit le sulfure de carbone à analyser. L’autree extrémité du tube de porcelaine est munie d’un tube abducteur, dont l’extrémité se rend sous le mercure, et qui porte dans son milieu unu rentlemenl que l’on entoure d’un mélange de glace et de sel marin. Lft* tube de porcelaine étant incandescent, on chauffe très-doucement \m cornue, le sulfure distille lentement et sa vapeur traverse l’oxyde, oùi elle est décomposée, en donnant du sulfure métallique, de l’acide sulfureux et de l’acide carbonique. Ces deux gaz sont recueillis dans une; cloche. En conduisant bien ropération, il ne se condense aucune trace de sulfure de carbone dans le renllement du tube de verre, ce e][ui prouve (jue la décomposition est totale.
I^es gaz sont séparés l’un de l’aulre pai* le borax, ([ui absorbe le gaz
\A\. I. CHAI*. XVII. SUCKllHC \)\L CAHHOXI-:. :^oi
suUureux el qui est sans action sur l’acide carbonique, et par leur volume ou juge de la quantité de soufre et de carbone qu’ils contiennent. Retirant ensuite la matière du tube, on la dissout dans l’eau régale, pour transformer le soufre absorbé en acide sulfurique que Ton dose à l’étal de sulfate de baryte. Le poids du soufre contenu dans ce sulfate est ajouté
il celui de l’acide sulfureux recueilli.
447. Usages du sulfure de carbone. ~ On l’emploie principalement dans la volcanisation du caoutchouc ; il sert à dissoudre le soufre que l’on incorpore au caoutchouc pour lui communiquer 1 élasticité permanente qu’il possède quand il a subi celte préparation.
On produit le sulfure de carbone en grand dans l’appareil représenté ci-dessous (fig. 118). V est un vase en fonte, surmonlé d’un tube T, par
FiV/. IIS.
lequel on introduit le charbon; ce tube porte une tubulure latérale t qui conduit la vapeur dans les appareils de condensation. Le vase X porte a sa partie inférieure un ajutage incliné qu’on peut fermer par une poite à charnière. C’est par lii qu’on introduit le soufre quand la cornue est
chaude. ^ • u '
L’appareil de condensation se compose d’un vase intermédiaire , ou se condensera le soufre en excès, et d’un réfrigérant composé de tiois
CHIMIb: INO I{(îAiMOUL:.
vases cylindriques superposés, entourés d’eau froide. L’intérieur porte un tube vertical descendant par lequel on peut faire écouler le sulfure de carbone liquide, à un moment donné. Lorsqu’on vide l’appareil de sulfure de carbone, on évite la rentrée de l’air dans le condensateur, et les explosions qui pourraient en résulter à cause du voisinage du fourneau, en bouchant l’extrémité de la tubulure ^ avec un tampon de linge que l’on introduit par une porte à charnière G.
Avec une cornue en fonte, de 2 mètres de hauteur et d’une section elliptique de 1 mètre sur 40 centimètres, on prépare journellement !200 litres de sulfure de carbone L
CYANOGÈNE ;azoture de carbone], C^Az = 2(î.
La découverte du cyanogène est due à Gay-Lussac (1814) ; elle a exercé une grande influence sur les progrès de la chimie, en montrant que des corps composés peuvent jouer, dans leurs combinaisons, le rôle chimique attribué jusque-là aux corps simples ou radicaux. Nous avons déjà dit aussi que la connaissance de la composition de l’acide cyanhydrique avait fixé les idées des chimistes sur la véritable constitution des hydracides (297). On a donné à ce corps le nom de cyanogène (xuavoç, bleu), parce qu’il existe dans le bleu de Prusse, où il est combiné au fer.
448. Préparation. — On introduit dans une petite cornue de verre 20 à 30 grammes de cyanure de mercure, bien desséché {fig, H9) ; on
Fi(j. lU).
chaulle sur quelques charbons incaiulescents ; le cyanure se décompose' en mercure qui ruisselle entre les parois de la cornue, et en cyanoij,’èiu‘ que l’on recueille sur !e mercure. 1! se produit en même temps une matiei’(‘ noi re, paraissan t a\oi r la composi t ion élu (’yanoge)iu', et ajipelée^' pcmi cette raison paracifaaoghmu qui reste comme' résidu élans la cornue.
< Ges ik'tails suiit ompninlés :ui Ti aitr'i/e diimir nuUutrieUv do M. Cayea, (. !, !*• 1^*-
uv. 1. CHAP. XV 11. CYANOdl^Nb:. ,)03
449. B'ropriétés piiysiqwcî*. — C’est un gaz dou6 d’ime odeiu* excessivement vive et pénétrante, rappelant celle du kirsch ; sa densité est 1,806.
Il se liquélie sous une pression de 3 à 4 atmosphères à la température
fie ou bien à la pression ordinaire, à l’aide du froid produit par
l’évaporation rapide de l’acide sulfureux liquide; il suflit alors de souiller sur le cyanogène liquide, pour le voir se solidifier sous 1 influence du froid produit par sa propre évaporation. On peut chaufler ce gaz à une haute température sans le décomposer. Une série d’étincelles le décomposent incomplètement; d’après Davy, le volume reste le même, et il se dépose du charbon sur les parois du vase. L eau en dissout quatre fois son volume, mais la dissolution s’altère rapidement; l’alcool en dissout une quantité bien plus considérable.
450. Propriétés chimiques. — Le cyanogène est combustible ; il brûle dans l’air, avec une belle flaLurne pourpre, en se transformant en azote et en acide carbonique. 11 ne se combine directement avec aucun métalloïde, mais il forme avec l’hydrogène, l’oxygène, le soufre, le chlore, le brome et l’iode, d’une manière indirecte, des composés bien définis. Il s’unit directement avec quelques métaux, comme le potassium, et indirectement avec tous. Ses propriétés chimiques, et surtout la composition de l’acide qu’il donne en s'unissant à l’hydrogène, le rapprochent du chlore, du brome et de l’iode.
Nous avons dit que sa dissolution aqueuse s’altérait rapidement et devenait brune. Parmi les produits qui prennent naissance dans l’action réciproque de l’eau et du cyanogène, on trouve l’oxalate d’ammoniaque, qui présente, avec le cyanogène, le rapport remarquable de composition déjà signalé entre le protoxyde d’azote et l’azotate d’ammoniaque (113). On a en effet :
C^Az -H 4HO = AzH3 H0,C^03.
Aussi obtient-on du cyanogène quand on distille de l’oxalate d’ammoniaque avec de l’acide phosphorique anhydre.
Cette tendance du cyanogène à se combiner avec 4 équivalents d’eau se retrouve dans la plupart de ses composés, et permet d’expliquer la facilité avec laquelle ces corps sc transforment en sels ammoniacaux.
Le cyanogène s’unit à l’acide sulfhydrique en deux proportions, et donne naissance aux composés :
(>A7>IUS‘'S 2C^Aa -h dis,
OAz 2G2Az -h 4 US.
On obtient le [uemier l’acide sulfhydrique en pr
en faisant réagii' le (^yanogèiie éseuce d’un peu if’eau, dans un
en excès et e,i-aud flacon
riHIMIE INOHEANIQUE.
dont les parois se tapissent bientôt de longues aiguilles jaunes. Le second s obtient en laisant arriver les deux gaz dans l’alcool, l’acide sulfhydrique étant en excès; il se dépose bientôt des cristaux orangés.
4ol. Composition. — La composition du cyanogène peut se déduire de l’analyse eudiométrique.
On introduit dans l’eudiomètre à mercure 100 volumes de cyanogène et 300 volumes d’oxygène. Après le passage de l’étincelle, on trouve que le volume n’a pas varié, mais les 400 volumes contenus dans l’eudiomètre sont formés de 200 volumes d’acide carbonique, de 100 volumes d’azote et de 100 volumes d’oxygène, mis en excès. On le démontre en introduisant dans le mélange une dissolution de potasse qui absorbe l’acide carbonique, puis un bâton de phosphore pour enlever l’oxygène; il reste enfin 100 volumes d’azote. Gomme on sait que 200 volumes d’acide carbonique contiennent 100 volumes de vapeur de carbone, il en résulte que 100 volumes de cyanogène contiennent
100 volumes d’azote et 100 volumes de vapeur de carbone.
La considération des densités permet de vérifier cette composition ; si
à la densité de l’azote 0,9714
on ajoute celle de la vapeur de carbone ... 0,8284
on obtient j ^7995
nombre qui diffère très-peu de 1,806, trouvé expérimentalement.
On peut représenter la composition du cyanogène par la formule G^Az qui correspond à 2 volumes, puisque 2 volumes de ce gaz contiennent 2 volumes d’azote (Az) et 2 volumes de vapeur de carbone (G^). On la re- • présente également par le symbole simple Gy afin d’exprimer qu’il se comporte comme un radical. Il est bien entendu que Gy équivaut à G-Az — 26.
452. Circonstances dans lesquelles le cyanog’ène se produit. — Le cyanogène se produit toutes les fois que du charbon et de l’azote, libres ou naissants, se trouvent en présence d’une base ou de carbonates alcalins. — Exemples :
I On calcine des matières animales azotées (sang, corne, chair musculaire, etc.) avec du carbonate de potasse pour produire des cvanures alcalins. Ici le charbon el, l’azote sont à l’état naissant.
2“ On fait passer un courant d’azote ou d’air atmosphérique sur un mélange decarhonale de baryte et de charbon; à une température peu élevée, il se produit du cyanure de barium.
3" Nous rappellerons que l’ammoniaque passant sur le charbon chauffé au rouge donne naissance à du cyanhydrate d’ammoniaque (399).
UV. I. cil A P. XVI I. A Cl DK C YAN 11 Y DIUQU C.
ACIDK CYANHYDRIQUE, CCVzH ou C\2H =27.
L’acide cyanhydrique a clé découverl par Scheele; on lui adonné d’abord le nom iVacide pj'ussigue, parce qu’il avait été extrait du bleu de Prusse (cyanure de fer).
453. e*‘réi>aratioii. — On introduit dans une cornue 30 grammes de cyanure de mercure pulvérisé et 20 grammes d’acide chlorhydrique concentré du commerce ; on chauffe légèrement avec un fourneau à main; il se dégage {ftg. 120) de l’acide cyanhydrique qui entraîne avec lui un peu
Fig. 120.
d’acide chlorhydrique et de vapeur d’eau. Pour le purifier, on fait passer la vapeur qui se dégage de la cornue à travers un tube horizontal, contenant dans la première moitié du mai bre concassé, et dans la seconde du chlorure de calcium fondu. Le marbre ou carbonate de chaux retient l’acide chlorhydrique en dégageant de l’acide carbonique, et la vapeur d’eau est absorbée par le chlorure de calcium. L’acide cyanhydrique se nmd par un lube abducteur dans un tube en U refroidi par un mélange réfi igérant de glace et de sel, où il se condense à l’état liquide ou môme solide. Pour que cet acide ne se liquéfie pas dans le tube horizontal, on mettra celui-ci sur une petite grille sui- laquelle on placera quelques charbons à une certaine distance du tube. Il est prudent d’opérer en plein air, car les vapeurs d’acide cyanhydrique consliluent un poison foudroyant.
454. l*ropriétéH — C’est un liquide incolore li es-\olatiI, d’une odeur d’amandes amères; sa densilé esl 0,7058 à 7® et 0,607
:506 CIIIMIK INOÜGANIQUE.
à + 18°; il entre en ébullition à ^20°, 5 et se solidifie à — 15°; sa densité de vapeur est 0,967 ; extrêmement vénéneux, il est d’aulant plus à redouter qu’il agit avec une rapidité qui ne permet guère d’en combattre l’effet. Le meilleur contre-poison est l’ammoniaque étendue ; on a rappelé ainsi à la vie des animaux qui paraissaient déjà morts. L’acide cyanhydrique anhydre ne se conserve pas, môme dans le vide barométrique ; il se décompose parfois au bout d’une heure, mais plus ordinairement après quelques jours, parce qu’il contient souvent un peu d’acide formique qui lui donne, comme tous les oxacides, quelque stabilité. Il se transforme peu à peu en une matière noire mal connue ; il est soluble dans l’eau en toute proportion.
455. Propriétés chimiques. — Action des métalloïdes. — L’acide cyanhydrique est inflammable; il brûle avec une flamme rouge pourpre, en se transformant en eau et en un mélange gazeux de 2 volumes d’acide carbonique et de 1 d’azote :
C^AzH -f- 50 = HO -h 2C02 -h Az.
Le chlore et le brome le décomposent en produisant du chlorure de cyanogène et de l’acide chlorhydrique ou bromhydrique.
Les autres métalloïdes sont sans action ou donnent avec lui des produits peu connus.
456. Action des métaux. — Les metaux alcalins chauffes au contact de la vapeur d’acide cyanhydrique donnent naissance à un cyanure avec dégagement d’hydrogène. On fait ordinairement l’expérience avec le potassium; le volume de l’hydrogène dégagé est la moitié de celui de l’acide cyanhydrique employé.
457. Action fies acides. — Les acidcs puissants décomposent 1 acide cyanhydrique en produisant du formiate d’ammoniaque, ou plutôt en produisant un sel ammoniacal et de l’acide formique, qu’on peut recueillir en distillant le produit.
On opère ordinairement en mélangeant de l’acide chlorhydrique fumant avec de l’acide cyanhydrique; la matière s’échauffe, et par refroidissement il se dépose des cristaux de chlorhydrate d’ammoniaque; la liqueur lient en dissolution l’acide formique (C-H^O^).
Dans cette réaction, l’acide cyanhydrique s’est assimilé les éléments de 4 équivalents d’eau, comme l’indique la formule :
C^AzH + 4110 = q- AzH3.
L’acide cyanhydrique possède donc, comme le cyanogène, la tendance à se combiner avec 4 équivalents d’eau; aussi Irouve-t-on toujours un peu de formiate d’ammoniaque dans les produits de l’altération spon-