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LIV. II. CIIAP. 11. OXYDF.S MÉTALUQUFS

pour fondre l’oxyde de fer formé; celui-ci tombe alors en gouttes incandescentes, en mettant à nu la surface du métal.

L’antimoine fondu, projeté dans l’air, y brûle aussi avec beaucoup de vivacité, parce que l’oxyde qui résulte de sa combustion est volatil. Celte observation s’applique également au molybdène et à l’osmium convenablement chauffés. Enfin, si le métal est volatil, il brûlera nécessairement avec flamme, s’il est porté à une température suffisante ; c’est le cas du zinc. La flamme ici est très-brillante, parce que l’oxyde de zinc, résultat de la combustion, est un produit fixe, dont les particules sont portées à ^incandescence par la chaleur de la flamme.

512. Action tie l’oxygène humide. — L’oxygcne humide parait sans action sur la plupart des métaux ordinaires ; mais il agit sur les métaux alcalins et alcalino-terreux, parce que ces corps ont la propriété de décomposer beau aux températures ordinaires. Il n’en est plus de môme en présence des acides même très-faibles ou très-dilués ; dans ce cas, le métal s’oxyde d’autant plus facilement, que l’oxyde qui tend à se former a plus d’affinité pour l’acide. Nous verrons, par la suite, plusieurs applications de cette propriété, notamment dans la préparation de la céruse

! et de l’acétate de cuivre.

513. Action de l’air humitie. — L’air humide agit, comme 1 oxygéné humide en présence des acides faibles, à cause de l’acide carbonique

I qu’il contient. Le cuivre, le zinc, s’y recouvrent à la longue d’une couche d'hydrocarbonate de cuivre et de zinc ; le fer s’y transforme peu à peu en rouille ou sesquioxyde de fer hydraté.

I 31-4. Production de la rouille. — On explique ordinairement ce der-

I nier phénomène de la manière suivante : L’oxygène, dissous dans l’eau

I en présence de l’acide carbonique, s’unit au fer et tend à former du

carbonate de protoxyde de fer ; mais ce corps se transforme, au contact de l’oxygène de l’air, en sesquioxyde de fer hydraté, en dégageant son acide carbonique ; de sorte qu’on n’obtient en définitive que ce dernier composé.

i Pour montrer l’influence de l’acide carbonique dans l’oxydation du

fer, on recouvre ce métal d’un lait de chaux, ou on le plonge dans une dissolution alcaline, le métal se conserve alors sans altération, môme dans une eau aérée, parce que l’acide carbonique est absorbé par 1 alcali, à mesure qu’il se dissout dans le liquide. On sait, en effet, que les ustensiles en fer des savonniers, recouverts d’une couche de malièie alcaline, ne se rouillent jamais.

On constate que la première tache de rouille met un temps très-long à se former, mais, une fois l’oxydation commencée, elle se propage a\ec rapidité, et le fer finit par s’oxyder en totalité ; c’est qu’il s établit, enlie la tache de rouille et le fer qui l’avoisine, un couple voltaïque dans leqnc

CHIiVlŒ INOUGAMQÜE.

kl rouille joue le rôle de pôle positif, et le métal celui de pôle négatif; l’eau est alors décomposée ; son oxygène se porte sur le fer, avec lequel il se combine, et l’hydrogcne se dégage et répand l’odeur infecte qu’il possède, quand on le prépare au moyen de la limaille de fer et de l’acide sulfurique étendu. Ordinairement, l’hydrogène est en trop petite quan-lité pour qu’on puisse constater sa présence ; mais, si l’on humecte d’eau une quantité un peu considérable de limaille de fer, on pourra, au bout de quelque temps, une fois l’oxydation commencée, sentir l’odeur de l’hydrogène, et môme recueillir ce gaz, si l’on introduit le mélange danS' un flacon muni d’un tube abducteur. Une portion de cet hydrogène ài l’état naissant se combine avec l’azote de l’air ^ et donne naissance ài l’ammoniaque, dont on peut constater la présence dans presque toutesles taches de rouille.

Enfin, le fer se transforme complètement en rouille, parce que ce produit est poreux et laisse circuler dans ses pores l’air humide qui a tou-jours le contact du fer métallique. Il n’en est pas de même du zinc ; l’hydrocarbonate formé à la surface du métal constitue une couche imperméable à l’air et le préserve de toute oxydation ultérieure.

515. Altération du cuîyre dans l’eau fie mer. — Le cuivre s’altère rapidement dans l’eau de mer ordinaire, parce qu’elle est aérée ; tandisqu’il n’éprouve aucun changement dans l’eau de mer privée d’air par l’ébullition ou par le contact du vide. Dans le premier cas, il se forme d’abord un hydrocarbonate de cuivre, qui réagit sur les substances contenues dans l’eau de mer, et notamment sur les chlorures de sodium et de magnésium. C’est de cette action que naissent le carbonate de soude que l’on trouve dans la dissolution, l’hydrocarbonate de magnésie et le sous-chlorure de cuivre vert, qui se précipitent au fond du vase où l’on fait l’expérience.

516. Moyens «le préserver les métaux «le l’oxy«lation. — Ooubla§^e «les navires. — Le cuivre dont on recouvre les navires doit donc s’altérer rapidement ; il est de la plus haute importance de chercher les moyens de le préserver de l’action corrosive de l’eau de mer. C’est ce qu’a fait H. Davy. Si l’on met en présence du cuivre un autre métal qui puisse former avec lui, dans l’eau de la mer, une pile dont le cuivre est

1 Les vapeurs nitreuses contenues dans l’atmosphère doivent nécessairement avoir une certaine influence sur les phénomènes de l’oxydation des métaux. M. Cloez a trouvé de l’azotate de cuivre dans les produits de l’altération des bronzes à l’air ; d’après ce savant, la présence de ces vapeurs, en quantité variable dans l’atmosphère, permettrait d’expliquer l)Ourquoi la proportion d’ammoniaque contenue dans la rouille est aussi essentiellement variable. Celle qui se produit dans un air dépouillé de vapeurs acides en contiendrait moins que le produit formé dans un air humide chargé de vapeurs nitreuses, réductibles par l’hydrogène naissant en ammoniaque.

UV. II. CllAP. II. OXYDES MÉTALLIQUES.

le pôle positif, ce métal ne s’altérera plus, parce que l’oxygène se porte sur l’autre métal, qui subit seul une altération plus ou moins profonde. Le zinc, le fer, la fonte de fer remplissent cette condition. Il suffit d’appliquer sur une feuille de cuivre une lame de fer ou de zinc, d’une surface supérieure à i/150 de celle du cuivre, pour que ce métal soit absolument préservé, quelle que soit d’ailleurs la portion de la surface recouverte ; avec des quantités plus petites de métal protecteur, le cuivre s’altère, mais d’autant moins qu’on se rapproche davantage de la proportion indiquée ci-dessus. On a néanmoins renoncé à l’emploi des métaux protecteurs pour le doublage des navires, parce que le courant électrique qui se produit dans l’eciu de mer détermine sur la surfaee du cuivre la production de dépôts de carbonates de chaux et de magnésie, sur lesquels se fixent des multitudes de coquilles. La marche du navire se trouve considérablement ralentie par suite du frottement plus considérable qu’elles lui font éprouver contre le liquide. On se sert aujourd’hui de plaques d’un bronze contenant 96 pour dOO de cuivre et 4 pour lUO d’étain, que l’eau de mer altère fort peu d’ordinaire; mais les observations de H. Davy nous donnent une méthode générale de préservation des métaux.

517. GaiTanisation du fer. — Si l’on recouvre le fer d’une couche de .zinc très-mince, ce métal deviendra le pôle négatif du couple formé par

les deux métaux, et le fer ne subira aucune altération, tandis que le zinc s’oxydera; seulement, ce phénomène sera de courte durée, parce que l’hydrocarbonate de zinc produit formera, comme nous l’avons dit, une pellicule imperméable qui protégera le reste (51-i).

518. Peinture ou Terni§§ag'e des métaux» — 11 CSt bien évident qu’une couche imperméable d’une substance autre que le carbonate de zinp produirait le même effet ; aussi préserve-t-on les armes d’acier de la rouille en les recouvrant d’une légère couche de suif ; les ferrements des maisons et les grilles de fer des monuments en déposant sur leur surface une couche de peinture à l’huile. On recouvre souvent d’une couche de vernis les pièces en cuivre des instruments de physique pour les préserver de toute altération.

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