ACTION DU SOUFRE SUR LES MÉTAUX. SULFURES MÉTALLIQUES
0-42. Action du soufre sur les métaux. — Le SOufre SCC n agit SUT aucun métal à la température ordinaire, mais il se combine avec le plus grand nombre à une température plus ou moins élevée, en dégageant
souvent beaucoup de chaleur et de lumière.
Nous rappellerons Faction énergique qui se produit lorsqu’on chauffe un mélange de soufre et de tournure de cuivre. Nous nous sommes servi de cet exemple pour mettre en évidence le dégagement de chaleur qui accompagne la manifestation de l’affinité chimique (16).
Le soufre et le mercure réagissent violemment 1 un sur 1 autre à une température peu élevée; il importe même de ne faire cette expérience que sur une petite quantité de matière; car il peut arriver qu elle soit accompagnée d’une explosion résultant de la vaporisation instantanée du sulfure de mercure formé.
Les métaux sur lesquels le soufre a peu d’action sont peu nombreux . ce sont le zinc, l’aluminium et le glucinium, l’or, le platine et les métaux
I voisins (rhodium, iridium, ruthénium).
Il est remarquable de voir le zinc résister à l’action directe du soufre.
! les sulfures sont en effet les analogues des oxydes ; on aurait donc pu ( penser que le zinc, si facilement oxydable, se sulfurerait avec la môme facilité. Mais l’expérience ne laisse aucun doute à cet égard ; on peut distiller du soufre dans une cornue en présence du zinc, sans que ce métal soit altéré.
54-3. Action da soufre en présence de Peau. — Si l’on opère en présence de l’eau, la réaction du soufre sur le métal peut avoir lieu môme à froid. On mélange 2 parties de limaille de fer et 1 partie de fleur de soufre avec un peu d’eau tiède, de manière à former une pâte consistante, que l’on introduit dans une fiole munie d’un tube abducteui , au bout de quelques instants, on voit le mélange s’échauffer et noircii , des toi rents de vapeur d’eau se dégagent du tube, et il ne reste plus, à la fin de la réaction, que du sulfure de fer hydraté. Lémeri, à qui 1 on doit cette expérience, la faisait en enfouissant le mélange humide, de soulie et ^ fer, sous une couche de terre peu épaisse, que la vapeur d eau, par sa force expansive, soulevait au moment de la réaction; il cro^/ait repio
CHIMIE INORGANIQUE
ainsi le phénomène naturel des volcans : de là le nom de volcan de Lémeri que porte encore aujourd’hui celte expérience.
Le cuivre, dans les mêmes circonstances, s’altère également avec beaucoup de rapidité.
54,4. B»ropriétés physiques. — Les sulfures Ont Ordinairement l’éclat métallique (galène, PbS) ; ils sont opaques, excepté le sulfure de zinc (blende) et le sulfure de mercure (cinabre), qui sont transparents. Ils conduisent, pour la plupart, assez mal la chaleur et l’électricité ; on peut cependant employer le sulfure d’argent pour métalliser les surfaces des fleurs ou des fruits que l’on veut recouvrir de cuivre ou d’argent par galvanoplastie Le bisulfure d’étain ou or mussif a été utilisé pendant très-longtemps pour recouvrir les frottoirs des machines électriques.
Les sulfures sont cassants ; leurs couleurs sont très- variées, et, pour un même sulfure, elles dépendent souvent du mode de préparation. Ainsi, le sulfure de mercure obtenu par précipitation est noir; par voie sèche, il est d’un brun rouge. On ne devra donc pas s’étonner de voir la couleur des sulfures naturels différer notablement parfois de la couleur des sulfures artificiels de même composition. Ainsi le sulfure naturel d’antimoine est noir, le sulfure obtenu par la réaction de l’acide sulfhydrique sur les sels d’antimoine est jaune orangé. Le sulfure de zinc est blanc, le sulfure de manganèse a la couleur de la chair, le bisulfure d’étain, les sulfures d’arsenic, le sulfure de cadmium sont jaunes ; la nuance de ce dernier est très-belle, aussi l’emploie-t-on dans la peinture sous le nom ^0 jaune ne cadmium; le protosulfure d’étain est brun-marron caractéristique ; le sulfure de mercure naturel ou obtenu par voie sèche donne une poudre d’une belle nuance rouge ; les sulfures de cuivre, de plomb, le sulfure de mercure, obtenus par précipitation, sont noirs 2.
Les sulfures sont généralement inodores, le sulfhydrate d’ammoniaque, qui est très-volatil, possède une odeur forte et caractéristique; les sulfures alcalins et alcalino-terreux, facilement décomposables par l’acide carbonique de l’air, dégagent toujours un peu d’acide sulfhydrique, ce qui leur donne une légère odeur d’œufs pourris. Ils sont insolubles dans l’eau, excepté les sulfures de potassium, de sodium, de calcium, de barium, de strontium et de magnésium.
545. Action de la chaleur. — La chaleur volatilise un grand nombre de sullures sans les décomposer ; tels sont les sulfures d’arsenic et de mercure, qui sont réduits en vapeurs bien au-dessous du rouge, les sullures de cadmium, le protosulfure d’étain, qui se volai ilisent au
1 On trempe la fleur dans une solution de collodion contenant de l’azotate d’argent; on 1 expose ensuite à l’action de vapeurs de sulfhydrate d’ammoniaque.
2 II est important de connaître les couleurs des sullures, elles fournissent un caractère important pour l’analyse des sels métalliques.