‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 169 sur 537 · LIV. II. CHAP. 11. OXYDliS M ÉT AL LIQDPS · texte numérisé non relu

LIV. II. CHAP. 11. OXYDliS M ÉT AL LIQDPS

celui de base. Ce dernier appartient toujours à la classe des bases salifiables.

L’oxyde rouge de manganèse, l’oxyde magnétique de fer, le rubis spinelle, le minium, appartiennent à cette classe.

Le rubis spinelle a pour formule Mg0,A1203; il ne peut évidemment y avoir de dout*e sur sa composition, puisque la magnésie et l’alumine sont les seuls oxydes du magnésium et de l’aluminium. L’oxyde magnétique de fer, dont la composition est représentée par la formule FeW, devra alors être envisagé comme résultant de l’union du sesquioxyde de fer avec le protoxyde, et l’on devra écrire sa formule FeO,Fe-0'-^ ; l’isomorphisme complet de l’alumine et du sesquioxyde de fei, d une part, du protoxyde de fer et de la magnésie de l’autre, l’identité des formes cristallines du rubis spinelle et du fer magnétique, rendent cette interprétation incontestable.

Des raisons du meme genre ont fait attribuer à 1 oxyde rouge de manganèse (Mn^O*) la formule Mn0,Mn•■20^ au minium (Pb^O^) la formule

2Pb0,Pb02.

539. Préparation des oxydes. — On peut préparer les oxydes par un grand nombre de procédés; nous nous bornerons à énoncer les plus généraux ou ceux qui se présentent le plus naturellement à l’esprit.

1° OxydatioYi du wstol au contact de l aiv. — Ce procédé si direct d obtenir les oxydes ne s’emploie néanmoins que pour quelques métaux. On prépare ainsi l’oxyde noir de cuivre, utilisé dans l’analyse organique, et

les oxydes de plomb (massicot, minium).

2° Calcination des sels. — Ordinairement, on prépare les oxydes par la calcination de leurs sels; on peut employer dans ce but les carbonates, les sulfates et les azotates, décomposables par la chaleur. Les carbonates donneront en général un oxyde léger, mais qui peut retenir un peu du carbonate alcalin employé à précipiter le carbonate métallique ; les sulfates ont l'inconvénient de donner des oxydes qui retiennent généralement un peu de soufre; les azotates donnent un oxyde dense, compacte et parfaitement pur, si le sel a été bien préparé. On emploiera donc de préférence les azotates pour la préparation des oxydes, d’autant plus que ce procédé s’applique à tous les o.xydes, les alcalis exceptés.

30 précipitation. — Si l’on veut préparer un oxyde insoluble dans l’eau, du sesquioxyde de fer, par exemple, il suffira de verser dans une dissolution d’un sel de cet oxyde une dissolution d’ammoniaque, le pié cipité, convenablement lavé, donnera du sesquioxyde de fer hydraté. On le calcinerait, si on voulait l’avoir anhydre. C’est un procédé d une gralic e généralité, et que l’on peut appliquer à la préparation d’un grand* nom le

de bases métalliques ou terreuses. . ,

540. État naturel. — On trouve un grand nombre d’oxydes ciista ises

CHIMIE INORGANIQUE

dans la nature; nous nous contenterons d’indiquer ici les principaux, en renvoyant le lecteur, pour plus de détails, aux traités de minéralogie; ce sont les oxydes de fer (fer oligiste, Fe^O^, le fer aimant, Fe^O'^, la limonite ou sesquioxyde de fer hydraté); les oxydes de manganèse (pyrolusite ou bioxyde de manganèse, MnO‘-^), l’acerdèse (sesquioxyde hydraté, etc.) ; le corindon ou alumine cristallisée, AFO^, la cassitérite 6u bioxyde d’étain, SnO^.

541. Reproduction artificielle des oxydes cristallisés. — On est

parvenu à reproduire la plupart des oxydes naturels, avec leur forme cristalline, en employant divers procédés.

1“ Action de la vapeur d'eau sur les chlorures. — Gay-Lussac, en décomposant le chlorure de fer par la vapeur d’eau, a obtenu le fer oligiste, Fe^O^. Ce procédé a été généralisé par divers expérimentateurs; il a permis d’obtenir l’oxyde rouge de manganèse (Mn^O*), l’oxyde d’étain (Sn02).

2" Méthode d'Ehelmen. — Nous avons déjà vu (8) qu’elle consiste à dissoudre les oxydes simples ou composés qu’on veut obtenir en cristaux, dans de l’acide borique fondu contenu dans un vase de platine ; en faisant évaporer cet acide dans un four à porcelaine, on obtient l’alumine cristallisée (corindon), le rubis spinelle (AlW,MgO), le cymopbane (AF0,G10), etc.

Ce procédé peut également s’appliquer avec succès à la reproduction des silicates et de toute combinaison de matières fixes.

3° Méthode de MM. H. Sainte-Claire Deville et Caron. — En chauffant des fluorures métalliques dans un creuset de charbon à la partie supérieure duquel se trouve une petite capsule de platine contenant de l’acide borique, on reproduit un certain nombre d’oxydes cristallisés. A une température élevée, les vapeurs d’acide borique et de fluorure réagissent et donnent du fluorure de bore volatil et de l’oxyde bien cristallisé. On a reproduit de cette manière les corindons diversement colorés, la glucine, etc.

Cette méthode remarquable peut également s’appliquer à la reproduction des silicates, en remplaçant l’acide borique par l’acide silicique.

A côté de ces méthodes, il en est de plus particulières qui permettent également d’obtenir des oxydes cristallisés. Ainsi, M. Gaudin a obtenu du corindon en cristaux assez volumineux, en calcinant fortement un mélange d’alun et de charbon. J’ai fait voir que la décomposition des sulfates, retardée par la presence des sulfates alcalins, donnait des oxydes cristallisés (glucine, magnésie, oxyde rouge de manganèse, oxyde de nickel), et que la calcination des phosphates d’alumine, de fer et d’urane, en présence du sulfate de soude en excès, donne également le corindon, APO'^ le fer aimant, Fe=^Û^, et l’oxyde d’urane, cristallisés.

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