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LIV. II. CHAP. V. GÉNÉRALITÉS SLR LLS SELS. 3G

d’une pareille courbe. Si l’on voulait obtenir le coefficient de solubilit(S à la température de .25° par exemple, on voit qu’il suffirait d’élever une perpendiculaire au point 25 delà ligne OX, et le nombre, entier ou fractionnaire, de divisions comprises depuis l’origine de cette perpendiculaire jusqu’à sa rencontre avec la courbe, donnerait ce coefficient.

La solubilité d’un nombre assez considérable de sels augmente à peu près proportionnellement à la température ; de sorte que leur courbe de solubilité diffère peu d’une ligne droite. C’est le cas du chlorure de sodium, du sulfate de potasse,

du chlorure de potassium , du chlorure de barium. On voit, à 1 inspection de ces courbes (pi. IV), que la solubilité du sel marin augmente peu avec la température, les autres sels sont notablement plus solubles à chaud qu’à froid. Les courbes de solubilité de l’azotate de baryte, du chlorate de potasse et de l’azotate de potasse ont leur convexité tournée vers la ligne OX ; on voit ainsi que leur solubilité, surtout celle de 1 azotate de potasse, augmente rapidement avec la température.

La courbe de solubilité du sulfate de soude présente une forme singulière ; elle s’élève rapidement jusqu’à 33° environ, et, à partir de ce point, elle s’abaisse vers la ligne sur laquelle on compte les températures, en lui tournant toujours sa convexité. Il y a donc une brusque discontinuité dans la valeur du coefficient de solubilité, qui annonce un changement profond dans la constitution du sel, à cette température.

On trouve en effet que le sulfate de soude, qui cristallise de sa dissolution à moins de 33°, contient toujours 10 équivalents d’eau (NaO,SO-^-l-'10HO) . au-dessus de 33°, il se dépose à l’état anhydre ; le sel change donc de composition à cette température, et il n’est pas étonnant, qu’il change de solubilité. Si donc on voulait représenter le phénomène réel par des courbes, il faudrait construire une courbe entre 0° et 33° avec les quantités de sulfate de soude hydraté (NaO,SQ3 lOHO) dissoutes, et ne se servir de la courbe primitive, construite avec les quantités e se an dre, qu’à partir de 33°. Nous verrons bientôt l’importance pra ique

ces courbes (596).

CHIMIE INORGANIQUE

578. Solubilité lies corps dans l*eau cliarg’ée de sels. — Quand deux sels de môme base se trouvent dans une dissolution, la présence de l’un d’eux dans l’eau diminue la solubilité de l’autre. Ainsi, l’eau chargée de chlorure de potassium dissout moins d’azotate de potasse que l’eau pure ; le contraire a souvent lieu, si les sels diffèrent par les bases et les acides. L’eau contenant du sel marin dissout, aux températures ordinaires, plus d’azotate de potasse que l’eau pure. On admet que dans ce cas il y a double décomposition entre les deux sels (597), et qu’il se produit de l’azotate de soude et du chlorure de potassium plus solubles que les sels primitifs.

579. Du froid produit par la dissolution. — Lorsqu’un sel (ou une substance quelconque) se dissout dans l’eau, il y a tantôt abaissement, tantôt élévation de température. Si le sel est hydraté, il se dissout dans l’eau en produisant du froid, parce que, en passant à l’état liquide, il a dû absorber de la chaleur; c’est le cas du chlorure de calcium hydraté, CaCl + 6H0.

Les sels qui cristallisent sans s’hydrater sont dans le même cas. Mais si le sel est anhydre et qu’il ait de l’affinité pour l’eau, la dissolution peut être accompagnée d’un dégagement de chaleur. C’est ce qui arrive avec le chlorure de calcium anhydre, parce que la quantité de chaleur dégagée dans l’union de ce sel avec 6 équivalents d’eau est plus considérable que celle qu’absorbe le produit hydraté en se dissolvant dans l’eau; mais il est bien clair que l’inverse pourrait avoir lieu pour une autre substance.

En mettant certainssels en contact avec la glace, on détermine la fusion de ce corps, et l’on produit un abaissement de température bien plus rapide et plus considérable qu’avec l’eau ordinaire, parce qu’à l’effet frigorifique produit par la simple dissolution s’ajoute naturellement celui qui résulte du changement d’état de la glace. On obtient ainsi des mélanges réfrigérants. Voici ceux qu’on emploie le plus souvent ;

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