LIV. II. CllAP. V. GÉNÉRALITÉS SLR LES SELS
vcur; la saveur des sels solubles dépend de la nalure de leur base. Ainsi :
Les sels de gliicine sont
— d’alumine
— de magnésie. . .
— de chaux
— de strontiane. .
— de baryte
— de soude
— de plomb
— de nickel . . . . .
sucrés,
astringents,
amers,
piquants,
salés,
sucrés, puis âpres et styptiques.
Les autres sels ont une saveur très-désagréable, à laquelle on a donné le nom de saveur métallique.
ACTION DE l’eau SUR LES SELS.
L’aclion exercée sur les sels par les agents impondérables ou pondérables est très-souvent liée à la manière dont ces corps se comportent vis-à-vis de l’eau; il est donc convenable d’étudier tout d’abord cette action avec quelques détails.
576. ÏJe la dissolution des sels dans l’eau. — L’eau disSOUt un grand nombre de sels, mais elle est absolument sans action surd autres Lois* qu’un sel est soluble dans l’eau, la quantité de matière dissoute dans un même poids d’eau varie avec la température; généralement, elle augmente quand la température s’élève; mais quelques substances, comme le sel marin, ne sont pas plus solubles à chaud qu’à froid; il en est même qui sont moins solubles dans l’eau chaude que dans l’eau froide. Il est très-utile de connaître le degré de solubilité des divers sels à diverses températures ; on fonde en effet sur cette propriété divers moyens de les préparer ou de les purifier, pour les besoins des laboratoires ou de 1 industrie. Voici les méthodes qu’on emploie pour cette détermination : elles s’appliquent d’ailleurs à toutes les substances solubles. On met de l’eau en contact avec un grand excès du sel et on maintient le tout pen-
1 Ampère a fait la remarque suivante sur la solubilité des sels à acides non métalliques.
; Les acides que l’on peut former directement donnent des sels insolubles ; ceux qu’on pro-
' duit indirectemeiiL donnent des sels solubles. Il faut remarquer toutefois que les sels de
potasse, de soude et d’ammoniaque sont presque toujours solubles, quel que soit leur acide oxygéné. D’après cette règle, tous les carbonates, phosphates, sulfites, arsénites des bases autres que les alcalis, sont insolubles, tandis que les azotates, chlorates, sulfates sont solubles ; cela est vrai, il n’y a d’exceptés que les sulfates de baryte et de plomb qui son insolubles. Notons encore que les arséniates ne sont pas plus solubles que les phosp la es, quoique l’acide arsénique ne soit pas formé directement. Malgré ces quelques excep ions, faciles à retenir, l’importance mnémonique de cette règle est indiscutable.
dant quelque temps (une heure au plus) à la température à laquelle on veut déterminer la solubilité. Le liquide se sature de sel, c’est-à-dire dissout tout ce qu’il peut contenir à cette température. On décante et on en verse une certaine quantité dans une capsule de platine tarée, et on l’évapore doucement sur un bain de sable jusqu’à siccité On pèse alors la capsule; soit P l’augmentation de son poids après l’introduction de la dissolution; soit l’augmentation après la dessiccation; P — p représentera le poids de l’eau évaporée. On sait donc qu’à celte température, un poids P — P dissout p de sel ; on en déduit facilement la quantité que dissoudrait un litre. Cette quantité est prise pour coefficient de solubilité de la substance.
Il arrive parfois que la substance dissoute dans l’eau ne peut èlre évaporée: tel est le chlorure de magnésium qui se décompose partiellement, par l’évaporation, en acide chlorhydrique et magnésie. On précipite alors le chlore par l’azotate d’argent, et du poids du chlorure d’argent formé, on déduit hicilement celui du chlorure de magnésium dissous. Ce procédé chimique est très-souvent employé, môme dans le cas des sels indécomposables par l’eau, dans le cas des sulfates, par exemple, qu’on précipite à Pétat de sulfate de baryte absolument insoluble, dont le poids permet de calculer celui du sulfate dissous.
577. Courbes de solubilité. — Admettons que l’on ait déterminé la solubilité d’un sel, à diverses températures, et qu’on ait trouvé les résultats suivants :
Température.
Sel anhydre dissous par 100 parties d’eau.
On pourra, au moyen de ces quelques observations, représenter la relation qui existe entre les températures et les quantités de matière dissoutes, par une courbe construite de la manière suivante. Sur une ligne- OX, on prend des longueurs égales entre elles, et l’on convient que chacune d’elles représente un degré de température (/?^. 1^25). Aux points 0, 10,20, 30, 4-0, on élève des perpendiculaires respectivement proportionnelles aux nombres 4, 7, 12, 19, 32, et l’on joint les extrémités de ces perpendiculaires par un trait continu qui donne la courbe cherchée. L’usage d’un papier quadrillé rend extrêmement facile la construction
* Pour éviter la perte de poids causée par les projections, on recouvre la capsule d’un entonnoir renversé, qui arrête la matière projetée. On la fait retomber dans la capsule en versant un peu d’eau sur les parois de rentonnoir.