LIV. II. CIIAP. V. GÉNÉRALITÉS SUR LES SELS. 3GV
Les sels dcliquesccnls sont donc des malières avides d’ean, propres par conséquent à dessécher l’almosphère; on s’explique par celte propriété l’usage que font les chimistes du chlorure de calcium pour dessécher les gaz. Les sels efflorescents, au contraire, ont pour l’eau une affinité extrêmement faible; aussi, lorsqu’ils sont placés dans une atmosphère indéfinie non saturée de vapeurs, l’eau qu’ils contiennent s’évapore peu à peu, en totalité ouenpartie. Mais il est bien évident que, dans une atmosphère limitée, constamment saturée d’humidité, ils n’éprouveraient aucune altération.
583. Eau fie constitution. —■ On peut facilement, à 1 aide de la chaleur, enlever aux sels l’eau d’interposition ou d’hydratation qu’ils contiennent ; leurs propriétés chimiques n’en sont nullement modifiées ; quand on les dissout de nouveau, ils reprennent leur eau d’hydratation, s’ils étaient hydratés ; mais l’eau peut exister dans les sels a un autre état et jouer un rôle essentiel dans leur composition. Nous avons déjà insisté sur ce fait, dans l’histoire de l’acide phosphorique (163); nous le rappellerons néanmoins ici, à raison de son importance.
Le phosphate de soude du commerce, 2NaO,HO,PhO^-}-24HO, contient 25 équivalents d’eau; on peut, en le desséchant au-dessous de 300", lui en enlever 24, sans altérer ses propriétés. Mais si on lui enlève au rouge le dernier équivalent, retenu par une affinité bien supérieure, il change de nature. On le démontre en le dissolvant dans l’eau: il ne reprend plus ses 25 équivalents d’eau; mais, en évaporant la liqueur, on obtient un nouveau sel :
2NaO,PhOS-p lOHO,
qui ne donne plus avec les .sels d’argent de précipité jaune de phosphate trihasique (3AgO,PhO^), mais un précipité blanc de phosphate bibasiqne (2AgO,PhO^).