ACTION DES AGENTS IMPONDÉRABLES
584. Action fie la chaleur. — La chaleur, en agissant sur les sels anhydres qui contiennent un peu d’eau d’interposition, détermine leur décrépilation. Cet effet est dû à la tension considérable que prend la vapeur d’eau, quand on la chauffe dans un espace fermé de toutes parts; à une température un peu élevée, elle devient capable de vaincre brusquement la cohésion dès molécules du solide, qui se trouve brisé et dont les fragments sont lancés de tous côtés. On fait l’expérience en projetant du sel marin en cristaux, aussi gros que possible, sur des charbons ardents; le sel décrépite avec violence.
Si l’on chauffe un sel hydraté, déposé de sa dissolution a une température très-basse, à une température où ce sel cristallise avec une quan
CHIMIE INORGANIQUE
lité d’eau moindre que celle qu’il possède, il y a désliydralalion partielle ; le sel ne conserve que la quantité d’eau qu’il eût prise dans son dissolvant à cette température. Ainsi, le sulfate de manganèse MnO,SO^-l-'^tl^) oblenu au-dessous de 6°, chauffé entre 20° et 30°, perd 3 équivalents d’eau, parce que le sulfate, déposé dans l’eau à cette température, a pour formule MnO,SO^-i-^HO.
Mais si l’on chauffe vivement un sel hydralé, on détermine sa fusion à une température peu élevée, parce que l’eau combinée qui se dégage, devient alors capable de dissoudre la matière anhydre ; on dit alors que le sel éprouve la fusion aqueuse. Si l’on continue à chauffer, l’eau s’évapore, le sel devient anhydre efpeut fondre de nouveau, si la chaleur ne le décompose pas ; cette fusion est appelée fusion ignée. Ainsi, le borate de soude éprouve la fusion aqueuse au-dessous de 100°, la fusion ignée au rouge ; le chlorate de potasse n’éprouve que la fusion ignée; le sulfate de fer cristallisé, la fusion aqueuse seulement.
La chaleur décompose un grand nombre de sels, en donnant des produits qui ne peuvent être indiqués que dans l’histoire particulière des genres principaux; nous dirons seulement que les sels à acide volatil et à base fixe tendent à se décomposer en ces deux éléments. (Exemple : carbonates.) H en est de même des sels à acide fixe et à base volatile. Tel est le phosphate d’ammoniaque du commerce, qui perd au rouge l’ammoniaque et l’eau basique qu’il contient (163).
585. Action de la lumière. — La lumière agit sur quelques sels de métaux précieux pour les réduire. Nous avons déjà indiqué cette action au paragraphe 20.
586. Action de Péiectricité. — Le courant de la pile décompose tous les sels métalliques en dissolution. En général, l’acide et l’oxygène de l’oxyde se portent au pôle positif de la pile, le métal, au pôle négatif. On le démontre en plongeant deux lames de platine, mises en communication avec les pôles d’une pile, dans une dissolution de sulfate de zinc; on voit alors la lame négative de platine se recouvrir de zinc, tandis que l’oxygène et l’acide se portent sur l’autre lame.
Si l’on remplace la dissolution de sulfate de zinc par une dissolution de sulfate de soude, colorée avec du sirop de violettes, il se dégage de l’hydrogène au pôle négatif et de l’oxygène au p(^le positif; on voit en même temps le liquide verdir autour du pôle négatif et rougir autour du pôle positif, ce qui démontre la présence d’une base au pôle négatif et celle d’un acide au pôle positif {pg. 125). 11 semble donc que l’acide et la base du sel aient été séparés par le courant en même temps que les éléments de l’eau, mais ce n’est qu’une apparence; la soude existant au pôle négatif provient d’une action secondaire. Sous l’influence du courant électrique, le sulfate de soude s’est réellement décomposé en acide et