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LIV. II. CHAP. V. GENERALITES SUR LES SELS

négatif, en admellanl môme que la précipitation fûtcommencée, le cuivre précipité devrait se redissoudre. Ce que nous disons de ces deux métaux peut se répéter pour tous les couples métalliques qu’on peut imaginer.

Il résulte encore de ces considérations que le sens des phénomènes peut môme ôtre modifié parla nature de l’acide; on comprend, en effet, que deux métaux voisins par l’ensemble de leurs propriétés constituent un couple dont l’élément négatif variera avec la nature de cet acide. C’est ce qui explique pourquoi le plomb ne précipite le cuivre que de ses dissolutions dans l’acide acétique.

Quant à la cause qui détermine la précipitation, elle est assez peu connue. Beaucoup de chimistes pensent que le métal précipitant commence par déplacer le métal dissous, s’il est plus oxydable que lui (ou plus chlorurable, si l’on opère avec des chlorures en dissolution), et que l’action se continue, si la condition que nous venons d’indiquer relativement à l’état électrique est satisfaite. Mais on peut tout aussi bien l’expliquer par l’hétérogénéité du métal précipitant, car, dans la pratique, il est impossible d’obtenir un métal absolument pur. Il se produira donc dans la liqueur un courant électrique très-faible qui commencera la précipitation, mais sans pouvoir la continuer, si le métal précipité est électro-négatif par rapport au précipitant.

La précipitation des métaux ne s’opère bien que dans des dissolutions peu étendues, et souvent, pour qu’elle soit rapide, il est nécessaire que les liqueurs soient légèrement acides. Enfin le nouveau sel doit être soluble, sans cela le métal dissous se trouve recouvert du produit insoluble formé, et l’action s’arrête.

Quand le métal précipité se dépose en poudre ou en cristaux, l’action continue d’une manière régulière; mais si le dépôt métallique forme autour du métal précipité une couche continue, le phénomène doit nécessairement s’arrêter; c’est ce qui se produit quand on plonge un morceau de cuivre bien décapé dans une dissolution étendue d’azotate d’argent ; aussi l’argenture obtenue par ce procédé n’est-eJle que superficielle.

Si l’on précipite une dissolution d’argent par le mercure, le métal précipité s’unit au mercure excédant et forme avec lui un amalgame qui cristallise en longues aiguilles ; cette cristallisation constitue Varbre de Diane anciens chimistes. Le plomb est également précipité de ses liqueurs par le zinc, en lamelles cristallines brillantes, de dimensions assez considérables; la réunion de ces lamelles constitue Varbre de Saturne. On obtient un bel arbre de Saturne en opérant de la manière suivante. On plonge, dans un flacon qui contient une dissolution étendue d’acétate de plomb, un morceau de zinc qui supporte plusieurs fils de laiton, disposés de manière à figurer les branches principales d un aibi c dont le zinc serait le tronc. On voit bientôt les fils métalliques se recouviii

CHIMIE INOHGAMQUE.

de lamelles crislallines de plomb, cjui forment les feuilles de cet arbre. L’expérience doit être faite dans une liqueur acidulée avec l’acide acétique; on évite ainsi la production d’un carbonate blanc de plomb insoluble qui se formerait par suite de l’action de l’acide carbonique de l’air sur le sel de plomb, devenu plus basique au contact du zinc transformé, dans la liqueur, en oxyde sous l’influence oxydante de l’air.

Ici l’influence de l’action électrique est évidente, le zinc et le laiton forment un couple voltaïque dans lequel le laiton est l’élément non attaqué ; c’est donc lui qui se recouvre de plomb.

Si le zinc ne peut précipiter les dissolutions salines de fer, de chrome, de glucine et d’alumine, il exerce néanmoins sur elles une action qui mérite d’être connue. Il ramène les sels de sesquioxyde de fer et de chrome à l’état de sels de protoxyde, surtout dans des liqueurs acides; il transforme les sels d’alumine et de glucine en sels basiques avec dégagement d’hydrogène.

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