‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 208 sur 537 · LIV. 11. CllAP. Vil. C ARBONAÏIlS · texte numérisé non relu

LIV. 11. CllAP. Vil. C ARBONAÏIlS

bonale de slronüane ne se décompose qu’à la tempéraUire du rouge blanc; les autres se décomposent pour la plupart au-dessous du rouge. Ordinairement, l’acide carbonique se dégage, et l’oxyde reste comme résidu de la décomposition ; mais le carbonate de fer et le carbonate de manganèse donnent un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone, parce que les protoxydes de fer et de manganèse, matières avides d’oxygène, décomposent sous 1 influence de la cbaleur une pâitie de 1 acide carbonique pour se transformer en oxydes salins .

4 (Fe0,€02) = Fe30'^ SCO’- + GO.

6^7. Influence de la Tapeur d’eau. — La décomposition des carbonates est facilitée par la présence de la vapeur d’eau, ou plus généralement par un courant de gaz inerte ; il arrive même que la vapeur d’eau décom-^ pose les carbonates qui résistent à la chaleur ; cela tient à ce que les oxydes de ces sels ont une tendance à s’unir à l’eau pour former des hydrates stables aux températures les plus élevées :

K0,C02 4- HO = KO, HO -h CO^.

628. Action des métalloïdes. Aucun métalloïde n agit à fioid sur un carbonate sec ; àchaud, les métalloïdes qui ontpeud affinité poui 1 oxygène, comme le chlore, se comportent comme ils feraient en présence de hoxyde seul ; mais l’action se complique quand le métalloïde est combustible, parce qu’il peut agir sur l’acide et sur l’oxyde ; elle peut néanmoins se prévoir dans tous les cas.

629. Action de l’oxygène. — L’oxygène n agit guère que sur les caibonates de protoxyde de fer et de chrome hydratés et sur le carbonate de sous-oxyde de cuivre ; il transforme les premiers en sesquioxydes de fer et de chrome, en dégageant de l’acide carbonique ; le carbonate de sous-oxyde de cuivre passe a 1 état de carbonate bibasique de cui^le.

630. Action .le l’hydrogène. — Sil’onfait passer un courant d’hydrogène sur les carbonates de potasse, de soude' et de baryte, il se dégage de boxyde de carbone; l’oxyde reste à l’état d’hydrate, parce ce corps est indécomposable par la cbaleur :

Le carbonate de strontiane et de chaux donne de l’oxyde de carbone, de la vapeur d’eau et de la strontiane ou de la chaux. On sait en eflet que les hydrates de ces oxydes sont facilement décomposés par la cbaleur.

' Avec les carbonates métalliques, il se produit de l’oxyde de carbone c de la vapeur d’eau ; le métal est mis en liberté. On ne trouve d exception que dans le cas où le carbonate est décornposable a une tempcia

CHIMIE INORGANIQUE

trop basse pour que l’hydrogène puisse réagir sur l’acide carbonique (carbonate d’argent), ou dans Je cas du carbonate de manganèse, parce que le protoxyde de manganèse n’est pas réductible par l’hydrogène.

631. Action du carbone. — 11 décompose tous les carbonates à chaud. Avec le carbonate de baryte, il donne, au bon rouge, un dégagement d’oxydé de carbone, et la baryte, indécomposable parle charbon, reste dans la cornue où l’on a effectué l’opération :

Ba0,C02 + C = BaO + 2C0.

Les carbonates de strontiane, de chaux, de magnésie, donnent des réactions analogues.

Avec le carbonate de potasse ou de soude, la décomposition s’effectue à une température plus élevée ; il se dégage encore de l’oxyde de carbone, mais l’oxyde est lui-même réduit, et le métal en vapeur se dégage en même temps que du gaz oxyde de carbone :

C’est ainsi que l’on prépare actuellement le sodium, en chauffant un mélange de carbonate de soude et de charbon dans des vases en fer.

Les carbonates de manganèse, de fer, etc., se comportent de la même manière, mais leur décomposition s’effectue à une température beaucoup moins élevée.

Enfin, si le carbonate est très-facile à décomposer par la chaleur (carbonate d argent), le carbone est sans action sur l’acide carbonique ; mais il réduit l’oxyde à une basse température, en produisant de l’acide carbonique qui s’ajoute à celui du sel :

2(AgO,CO’9 + C == Ag + 3CO^

632. Action du bore, du silicium et du phospbore. — Cette action est peu connue ; voici ce qu’on peut dire sur ce sujet.

Le bore, le silicium et le phosphore, en s’oxydant, tendent à produire des acides fixes (acide borique, acide silicique, acide phosphorique) ; on ne doit donc pas s étonner de voir qu’ils produisent du borate, du phosphate et des silicates de potasse en agissant sur le carbonate de potasse et mettant en liberté le carbone de l’acide carbonique.

Les caibonates de soude et de baryte donneraient des réactions analogues. La foi mule suivante rend compte de la réaction produite par le silicium :

2Si + 3(MO,COq = 3M0,2Si03 + -jC.

633. Action des acides. — Les acides décomposent les carbonates avec effervescence; c’est sur ce fait qu’est fondée la préparation de

Page 1