AZOTATES
Les azotates sont solides; tous sont solubles dans l’eau, excepté quelques azotates basiques.
G49. Action du feu. — 1” Azotates alcalins. — Les azotates de potasse et de soude fondent d’abord sous l’influence de la chaleur; mais, au rouge, ils se décomposent en oxygène qui se dégage avec quelques vapeurs nitreuses, et en azolite à reaction alcaline, qui reste dans le creuset où s’effectue l’opération :
Na0,Az05 — Na0,Az03 + O^.
L’azotite de soude se décompose à son tour à une température plus élevée en donnant de la soude anhydre et les produits de décomposition de l’acide azoteux (azote, oxygène, acide hypoazotique) ; mais cette réaction ne peut être utilisée pour la préparation des alcalis anhydres, parce qu’on ne trouve point de vase où l’on puisse l’effectuer. Les creusets en terresont vitrifiés et fondus par les alcalis ; les creusets métalliques sont fortement oxydés et perforés; ils sont fondus, s ils sont en métaux inoxydables, mais facilement fusibles, comme 1 argent etl or.
La présence du bioxyde de manganèse rend cependant cette décomposition possible dans un creuset de terre, mais alors la soude anhydre est mélangée au bioxyde de manganèse, qui n’a éprouvé aucune altération et on ne peut la séparer de ce corps qu’en l’hydratant. Lette expérience permet, d’après M. Wohier, d’obtenir facilement une dissolution de
soude pure.
2“ Azotates des divers protoxydes. — L’azotate de baryte et la plupart des azotates métalliques se décomposent par la chaleur, à une température qui ne dépasse pas le rouge. L’oxyde métallique reste, tandis que l’acide azotique se trouve décomposé en oxygène et acide hypoazotique. Les préparations de la baryte et de l’acide hypoazotique (126) sont fondées sur ces faits. Toutefois, si l’oxyde métallique existant dans l’azotate avait de la tendance à se suroxyder, ce phénomène aurait lieu, etl on obtiendrait le plus oxydé des oxydes stables de ce métal à la température de l’expérience. C’est ainsi que l’azotate de protoxyde de manganèse légèrement chauffé se décompose en bioxyde de manganèse et acide hypoazotique :
MnO,AzO^ = MnO- -4- AzO^
3” Azotates des sesquioxydes et des métaux précieux. — Ces azotates sont très-peu stables, et, comme ils sont toujours hydratés, ils se décomposen facilement, ù une température inférieure à 200*", en acide azotique ou i naire et en oxyde métallique. Exemples : azotates d’alumine, de pa af mm.
CIlIMIli INORGANIQUE.
650. Action «les mc'taiioïiies. — L’aclion des azolates sur les autres corps est, d’après ce qui vient d’être dit, nécessairement oxydante ; par conséquent, nous devons nous attendre à voir les métalloïdes réducteurs, tels que le soufre, le carbone et le phosphore, agir vivement sur les azotates, tandis que le chlore, l’oxygène et Tazote seront sans action sur eux. Le chlore ne peut agir que sur l’oxyde qu’ils contiennent. Nous étudierons'ici principalement l’action du soufre et du charbon.
651. Action «lu soufre. — Lesoufre, en présence d’un excès d’azotate de soude, se transforme en sulfate et dégage du bioxyde d’azote :
NaO,AzQ5 -h S = NaO.SQî -f AzO^.
Cette réaction a souvent été utilisée pour la préparation du bioxyde d’azote que l’on doit introduire tlans les chambres de plomb où se for/ne l’acide sulfurique. Mais, si la proportion du soufre est plus considérable, la réduction de l’acide azotique est complète; il se dégage alors de l’azote et de l’acide sulfureux :
Na0,Az05+ 2S = Na0,S03 -f SO^ + Az.
Enfin, si la proportion de soufre augmente encore, il se forme un sulfure métallique avec les azotates métalliques: c’est ce qui se produit, par
exemple, quand on chauffe un mélange de soufre en excès et d’azotate de plomb :
Pb0,Az05 + 4S = PbS + 3SQ2 + Az.
652. Action «lu charbon. — Le chaibon brûle vivement en présence des azotates ; aussi reconnaît-on facilement ces sels à la propriété qu’ils ont de fuser quand on les projette sur quelcjues charbons ardents. Ceuxci, se trouvant au contact d’une matière qui cède de l’oxygène, brûlent avec une vivacité inaccoutumée, en produisant instantanément une grande quantité de gaz : c’est de là que résulte le bruit de fusée qui accompagne ce phénomène. Les produits de la réaction du charbon sur les azotates sont faciles à prévoir; mais, pour préciser, considérons d’abord les mélanges d azotate de potasse et de charbon. Les diverses réactions possibles seront comprises dans les formules suivantes :
(1) 2(KO,AzO^) -j- 5C = 2(K0,C02) -H 3CO^ + 2Az,
(2) K0,Az05 + 4C = KO.CO^ + 3CO -h Az.
La combustion représentée par la formule (1) est complète ; elle produit plus de chaleur que tout autre mélange de charbon et d’azotate; la réaction représentée par la formule (r>) produit, au contraire, la chaleur minimum que peuvent dégnger de semblables mélanges, à cause de la production de l’oxyde de carbone.